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Eléa et Païkan arrivèrent au bord du lac. Ils se laissèrent glisser à bas de leurs chevaux. Ceux-ci regagnèrent la forêt au galop, en se poursuivant comme des écoliers. Il y avait peu de monde sur la plage. Une énorme tortue exténuée, fêlée, usée sur tous les bords, traînait sa lourde masse dans le sable, un enfant nu assis sur le dos.

Au loin, sur l’autre rive, que la guerre avait ravagée, s’ouvrait le grand orifice de la Bouche. On voyait s’en élever ou y descendre des gerbes de bulles de toutes couleurs. C’étaient les engins de déplacement à courte ou longue distance qui sortaient de Gonda 7 par les cheminées de départ, ou y retournaient. Quelques-uns passaient à basse altitude au dessus du lac, avec un bruit de soie caressée.

Eléa et Païkan se dirigeaient vers les ascenseurs qui perçaient le sable, à l’extrémité de la plage, comme les pointes d’un carré d’asperges géantes.

– Attention ! dit une voix énorme.

Elle venait, semblait-il, en même temps de la forêt, du lac et du ciel.

– Attention, écoutez ! Tous les vivants de Gondawa recevront à partir de demain, par la voie du courrier, l’arme G et la Graine Noire. Des séances d’entraînement à l’arme G auront lieu dans tous les centres de loisirs de la Surface et des Profondeurs. Les vivants qui n’y assisteront pas verront leur compte débité d’un centième par jour à partir du onzième jour de convocation. Ecoutez, c’est terminé.

– Ils sont fous, dit Eléa.

L’arme G, c’était pour tuer, la Graine, c’était pour mourir.

La nuit des temps, de René Barjavel

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De quel monde rêvons nous ?

Deux mondes possibles. Celui d’une nature joyeuse, où malgré les fissures, malgré les blessures, la Vie continue car elle trouve toujours le chemin.

Ou celui des ravages, de la guerre, là où rien ne repousse, là où les seules options sont de détruire, tuer ou être tué.

De quel monde rêvons-nous ? Quel monde voulons-nous laisser à nos petits-enfants ? Car dans 50 ans, au rythme où vont les choses, à quoi ressemblera demain ?

La Terre, comme la grosse tortue usée de tous bords, nous porte sur son dos. Malgré notre folie, elle continue à nous nourrir, nous aimer.

Nous sommes des locataires sans loyer. Pire, nous sommes des locataires qui exigeons de la Terre qu’elle nous donne sans cesse, jusqu’à épuisement, pour satisfaire nos besoins illusoires. Plus de pétrole, plus de tungstène, plus de bois, d’or, d’argent et de charbon, plus, plus, plus ! 

Nous voulons croître, nous voulons contrôler et dominer le monde, le plier à notre image. Mais à quoi serviront nos monceaux de biens quand tout sera mort ?

De quel monde rêvons-nous ? Quel monde voulons-nous laisser derrière nous ? A nos petits-enfants ?

Chacun, au quotidien, nous créons le monde de demain. Chacun, au quotidien, nous choisissons vers quel monde on va.

Alors, vous choisissez quoi ?

Au hasard Balthazar, un nouveau rendez vous sur la passerelle. Chaque semaine, je vous lis un extrait choisi au hasard d’un livre pris au hasard. Il n’y a pas de hasard, tout est magie, tout est enseignement.

On se quitte en musique avec un morceau que j’adore !

avatar charlie

Comme quoi derrière un profil très NSFW (not safe for work en gros + 18 ans) peut se cacher quelques neurones et un grand coeur peut se dissimuler derrière un « gros » cul !
Et si on s’amusait à être tout ?

Quel monde voulons nous, pour la nuit des temps…
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