Cette semaine, j’ai aimé écouter l’émission Popopop d’Antoine Decaunes qui interview Dominique Farrugia et Chantal Lauby autour de l’aventure, avec un grand A, de « Les Nuls« . Que ce soit Les Nuls, La Cité de la Peur, ou encore Monsieur Decaunes (accompagné de Garcia), ils me ramènent à mes fous rires de jeunesse, à mon énergie adolescente, à mes conneries passées. On aime ou on aime pas, moi ils me font rire ! Leur humour me plaît toujours autant et avec l’âge je les trouve extrêmement touchants.

Dans leurs yeux, dans leurs voix, dans leurs échanges, on retrouve la petite étincelle de l’enfant, le ricanement insouciant, la tendresse de l’amitié, les bonbons qui crépitent sur la langue. Ils m’ont ramenée à la carte de l’innocence et en les écoutant, ils m’ont aussi parlé d’aventure avec un grand A.

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Les nuls, l’histoire de quand nous étions jeunes et cons

Vous vous rappelez votre jeunesse ? Pleine de rêves, d’idées à la con et surtout d’aventures ! Les premières fois, quelles qu’elles soient, gardent une saveur particulière, qu’elles se soient bien ou mal passées. Les années passant, on en rit beaucoup et on comprend de plus en plus le sens du mot aventure.

Ce n’était pas le résultat qui comptait, mais bien toutes les histoires qui nous y menaient. C’est elles qui nous ont fait rire, pleurer, exalter, chanter, danser. En somme, qui nous ont fait nous sentir vivant.

Les (jeunes) cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît !

d’après Michel Audiard, les tontons flingueurs

Du haut de nos jeunes années, on se lance dans plein de choses. Souvent les plus âgés nous disent « fais attention », « moi je ferais pas comme ça », « cette idée est complètement débile », « ce n’est pas sérieux », « c’est dangereux », « blablablabla ». Et nous, comme on est jeune et (pas toujours si) con, on plonge quand même !

Notre soif d’expérimenter, de s’exprimer, est plus forte que la peur et les conseils de prudence. Chacun, à notre échelle, on ose, on fait. On plonge, encore et encore, malgré les claques et les déceptions on change de baignoire mais on continue à plonger.

L’En-vie au pouvoir

C’est ce qu’ont fait Les Nuls en réalisant leur film. Ils n’avaient pas de grands moyens, ils n’étaient pas encore connus du cinéma, mais une personne a bien voulu les aider et ils ont fait leur film, quel que soit le résultat. Ils ont fait leur film parce que simplement ils en avaient envie et qu’ils s’éclataient à le faire.

Alors on n’a pas tous tourné des films nominés aux oscars mais on peut tous trouver dans nos souvenirs ces choses que l’on a fait et qui pour Nous étaient complètement folles. Ces aventures faites de bric et de broc que l’on a vécu et qui nous laisse un arrière goût d’excitation au fond de nos gorges et le sourire sur nos lèvres.

Si on avait su tout ce qui allait arriver, nous ne l’aurions peut-être pas fait. Si nous avions su tous les dangers que nous avons évité, nous ne l’aurions peut-être pas fait. Mais coup de bol, on était jeune et con et on est toujours vivant.

Et là je vais faire une citation qui trône sur facebook ou dans les WC…

“Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait.”

Mark Twain

La cité de la peur de notre quotidien

Mais voilà, les années passent, les fessiers s’affaissent parfois aussi vite que les sourires. L’aventure fait place à la raison, tous nos actes sont mesurés, analysés. La peur est sortie de la pellicule et remplit la cité, remplit nos vies. Oui, les années passent, l’envie s’affaisse et les peurs se redressent. Elles se font une place bien au chaud dans nos petits cerveaux et on devient tout penaud à l’idée de faire une pauvre rando.

Oui, je sais, je noircis le tableau… mais si on compare nos vies avec celles de notre jeunesse, que celui qui n’a pas plus de peur me jette la première pierre ! (Pierre, mais j’étais à deux doigts de m’agacer…)

Curieusement nous avons utilisé des fragments de nos aventures de jeunesse pour bâtir des monuments de peur. Avec l’âge on se rappelle surtout des lendemains difficiles, des moments où nous avons failli mourir. La douleur touchante parce qu’insensée de nos petits coeurs brisés. Le mal qu’on a cru faire, nos erreurs, nos échecs, ce qui n’a pas marché, ce qui nous a fait souffrir. En somme, on se focalise sur les morceaux pas sympas. Ensuite, on assemble tous ces morceaux pour créer de grands murs qui mettent nos vies en répression.

On ne vit pas, on se maintient dans un état où l’on croit qu’on est à peu près en sécurité.

Nos vies balancent entre peur et nostalgie

Et le truc qui est un peu (beaucoup) schizophrène, c’est qu’en parallèle, on est nostalgique de notre jeunesse. Nous nous souvenons avec ferveur et la larme à l’oeil de ce sentiment de liberté qui nous habitait. C’est comme si une partie de notre vie ne nous était plus accessible à cause des rhumatismes, des enfants qu’il faut mener à l’école, du crédit à la consommation fait pour partir en vacances dans une destination pauvre mais paradisiaque parce qu’on s’ennuie toute l’année.

On fait quand même des petites folies ! Le resto du jeudi soir, le voyage en Thaïlande avec 21 zamis, l’achat d’une nouvelle voiture et les boutiques les samedis après-midis juste après les courses de la semaine au super zut. Ouais, je sais, c’est l’éclate !

On s’est convaincu, les années passant, qu’adulte rime avec chiant. Notre vie est devenue une succession de fatalité. On doit y passer, on ne peut plus faire les mêmes choses qu’avant, il faut s’y faire un point c’est tout. Alors… encore une fois… oui… mais non !

L’aventure est un sentiment

En fait nous passons notre temps à comparer ce qui était et ce qui est. Nous nous moquons des aventures des jeunes cons du présent en relatant les aventures des jeunes cons que nous étions ! Tout ça depuis le confort visqueux du canapé en face de la télé.

Si dormir dans un fossé en plein hiver suite à une cuite n’est pas à conseiller à 75 ans (ni même avant), l’aventure, l’en-vie, elle, n’est pas forcément moins présente ! Nous pourrions changer notre regard sur le mot aventure. Nous pourrions en percevoir le fond plutôt que nous en limiter à la forme. Nous pourrions revoir notre définition de l’aventure et comprendre qu’il ne tient qu’à nous de mettre ce sentiment au présent.

Au lieu de construire des murs de peurs et de souvenirs, nous pouvons récupérer cette énergie, cette force qu’on a laissé dans nos souvenirs passés. Tout le long du chemin, nous avons laissé des petits cailloux, tel le petit poucet, pour nous ramener à la naïveté de l’enfant, auquel nous pouvons ajouter la sagesse du temps. Pas mal cette recette, non ?

Vivre sa vie en trottinette

Mon aventure perso, cette semaine, a été de rouler en trottinette électrique. Ouais, je sais, je suis une grande aventurière !! Et pourtant cette petite aventure illustre tout à fait mon propos. Dans ma tête, je me disais que ça pouvait être dangereux, à Marseille en plus !

Tu te rends pas compte, toi qui vis au fin fond de l’agglomération bordelaise, mais Marseille c’est Beyrouth… en pire ! Minimum !

Comme je n’en avais jamais fait et que j’étais seule, j’avais peur d’être totalement ridicule et de me gauffrer au milieu de la chaussée. C’était ça le vrai risque : être ridicule !

Mais je me suis rappelée que plus jeune… j’étais partie vivre en Inde 6 mois toute seule et j’y avais conduit un scooter, un vélo d’une autre époque et, je le redis, en INDE ! Et là ? J’allais remettre à demain le fait de monter sur une trottinette à Marseille ?! Allô Youston ! Il y a un big problème ! J’ai donc fait de la trottinette, j’étais ridicule mais j’avais un méga sourire !

L’Aventure c’est l’aventure … lalala !

Il faut peut-être comprendre qu’en devenant adulte, le sentiment d’aventure est toujours là. C’est simplement la forme de l’Aventure qui change. Mes dernières aventures ont été de ne plus être anonyme dans mon quartier, de porter des lunettes jaunes tous les jours et de mettre des jupes. Ouais, je sais, c’est super foufou, et pourtant, si je récupère cette énergie qui vit encore au passé pour la ramener au présent, et bien, tout ce que vous faites avec courage, quoi que ce soit, est une aventure.

Les Nuls ont très bien illustré mes propos dans leur interview en disant qu’ils n’allaient pas faire une suite à la Cité de la Peur. Pas parce que cela ne marcherait pas ou l’inverse mais simplement parce qu’ils n’en ont pas l’envie. Leur aventure en ce moment est ailleurs. Ils ont eu l’honnêteté de le dire et de se le dire. Rien que ça, c’est une aventure !

Quand je les écoute se vanner et rire à leurs propres blagues… Quand je capte le sentiment qui n’a pas changé en 25 ans, je sens qu’ils ont compris que leur vie totale est Aventure. Qu’on soit jeune ou vieux, à un poste de police ou en fauteuil roulant, l’Aventure existe parce qu’elle est la vie ! Le pas en avant est un déséquilibre, un risque, potentiellement un gauffrage complet. D’ailleurs leur amitié, à elle seule, est une aventure, peut-être même une des plus grandes. Non pas parce qu’ils sont toujours en contact via « les copains d’antan » mais parce qu’ils existent toujours, séparément et ensemble. C’est une aventure parce qu’ils sont toujours « envie » !

Laurence

Conseil vidéo : Une évidence L’Aventure c’est l’aventure de Lelouche

Cet article a 2 commentaires

  1. Ouah ! Excellent ! Merci Laurence ! J’ai pas encore écouté le popopop avec Les Nuls mais le sentiment que tu fais passer, c’est juste du bonheur. Et oui, retrouver le sentiment de l’aventure, quoi qu’on fasse ! Retrouver le gout du risque, la part de nous qui osait ne pas être rassurée car c’était plus important de vivre que de se sentir rassuré.
    Vivons ! Car nous sommes vivant. Jusqu’à maintenant….

    Merci !

  2. Ca fait du bien hein! Quand passer un irm devient aussi une aventure!! On my way ^^

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