Chapitre 1 : Le maître émoi ou le maître est (en) moi ? Voilà une question qu’il est toujours bon de se poser. Qui tire vraiment les ficelles de nos vies ? Vous êtes vraiment sûr que vous contrôlez quelque chose ?

Et puis il serait bon de savoir déjà qui est ce « vous », qui est ce « je » ? Qui tient la barre du navire ? Vos hormones, vos circonvolutions émotionnelles, vos rancoeurs ou amours passés ? 

Alors attention ! Silence ! Rien ne bouge, le maître est là ! Surtout ne pas bouger, ne plus respirer, attention ! Mais non, il n’en a rien à foutre le maître, d’ailleurs regardez dans un miroir, c’est toujours votre propre reflet qui vous enseigne. Le maître est en vous, émoi ? Non c’est toi !

Quel maître en vous tire les ficelles ?

Nous aimons revendiquer, geindre et tempêter. Les humains sont des animaux de meutes et un chef, un maître, c’est très confortable.

S’il nous mène à la victoire (en chantant), il nous incarne parfaitement et on peut bien s’astiquer le manche face à ce héros qui est le reflet valeureux de nous-même, salut Napoléon.

Si par mégarde il nous envoie dans une impasse, c’est un sale arriviste qui aura la tête tranchée, bisous Danton, Robespierre et autres Louis.

Et si par mégarde la victoire promise n’a pas le goût et l’odeur que nous attendions, on le débarque pour mettre un autre maître plus con…plaisant. J’attends encore un vrai virage écologiste depuis 30 ans et promis depuis 20.

Le maître, comme le conjoint ou le parent, est très pratique. Il est responsable de nos mots et de nos succès. Comme ça pas besoin de s’encombrer avec une responsabilité de gloire ou de défaite … c’est sa faute dans tous les cas !

On l’adule, on l’aime et on le vénère tant que ça nous est pratique ou que ça arrange notre gros ego. Par contre quand ça ne convient plus, quand c’est trop dur ou que ça ne va plus dans le sens de notre poil, on peut assez simplement le destituer, lui trancher la tête ou le répudier. Il y aura toujours un mâle/femelle alpha qui viendra prendra sa place et que nous aimerons aduler, baiser jusqu’au prochain épanchement (de synovie) citoyen !

Le maître, un humain qui n’attend rien.

Pourtant le maître n’a rien à gagner, rien à perdre, il attend que le temps passe. Il vous laisse là, jouer, pleurer, vous énerver ou simplement vivre à ses côtés. Vous êtes là, tant mieux, vous êtes absent, tant mieux. Le maître, en vérité, c’est le gars super énervant sur qui on peut compter pour ne pas faire ce qui va arranger nos (con) pulsions.

Le maître est parfaitement imparfait et il le sait !

Souvent on plaque sur le visage du maître une perfection, un idéal, le maître suprême (de poulet), en gros, c’est dieu.

Le pauvre gars, dieu, rendez vous compte, on l’a foutu omniscient, omnipotent, omniprésent… difficile après ça d’accepter nos souffrances, nos mesquineries, nos duperies et autres maladies : Si dieu est tellement au top niveau, comment peut-il admettre ça ?

Ben en fait, dieu, il s’en tamponne un peu le coquillard. Il est simplement là pour enclencher sa création et suivre les péripéties de celle-ci. Il suit l’intention qu’il a lancé mais n’en est, justement, pas le maître ! Il accepte de laisser faire ce qui doit être fait, de laisser la toupie tourner pour en profiter jusqu’à sa chute, qui est incluse dès la naissance de son tourbillon.

Et oui, le maître apprend à chaque seconde de lui-même et de ce qui l’entoure. C’est énervant, hein, de savoir que le maître est imparfait !

Et oui, on ne peut pas compter sur lui, le maître est aussi « humain », aussi nul que nous … mais lui il le sait et il l’assume vraiment ! 

D’ailleurs le maître, dieu, la nature, le sage, ne veut rien, ni de moi, ni de toi, ni de bamby et encore moi de salix alba. Le maître, qu’il s’appelle dieu ou Mr Rou…é (c’était mon prof de français), nous laisse libre de nous casser la figure et de nous relever après en rigolant, ou pas ! Je crois que c’est ça qui nous énerve plus que tout chez lui. Il fait son job en nous laissant libre !

Aider c’est faire rien

Papa, Maman, ou le grand gourou skyppie, eux vont intervenir. Ils vont nous dire où et comment bien jouer, où et comment ne pas tomber.

Nos parents / présidents / savants et autres clergés infantilisant vont nous tenir la main, nous gronder et nous complimenter. Le maître, lui, reste parfaitement non intervenant, allez, jour de folie, il va rire légèrement, mais c’est parce qu’il a su rester foufou…

Comprenez bien ceci : On intervient auprès d’un enfant mais pas auprès d’un adulte qui se prend pour un enfant.

Intervenir dans la vie d’un adulte serait au mieux de la complaisance, au pire, et c’est souvent le pire, ça serait le rabaisser au rang d’enfant un peu attardé qui aurait grandi sans prendre la peine de devenir responsable de ses actes.

Alors est-il souhaitable que le maître intervienne ? Si nous nous considérons encore comme des enfants, oui bien sûr, mais sommes-nous encore des enfants ? 

Révolution ou re évolution ?

Sapiens sapiens a maintenant presque 100.000.000 ans et pourtant, qu’a-t-il réellement appris ? Quelle différence fondamentale y a-t-il entre les despotes byzantins et les tyrans d’aujourd’hui ? Quelle différence fondamentale y a-t-il entre la plèbe romaine et nos foules de supporters ou de manifestants criant « à mort l’arbitre » ? 

Vous avez tranché des têtes pour mettre les mêmes couronnes sur d’autres épaules que vous ferez sauter à nouveau un jour ou l’autre pour les remplacer par d’autres caboches. 
Vous vous êtes inclinés devant une croix avec un gus en string dessus pour maintenant vous incliner devant une croix avec un caducée, oups pardon, le temps de la science est déjà révolu, maintenant c’est celui de l’éloquence, du bien paraître et du billet plus vert. Rassurez-vous, eux aussi ne vont pas durer.
Car telle est la dure réalité de vos maîtres. Encensés le lundi, éventrés le jeudi pour être bouffés le dimanche pendant le repas « dodominical ».

M’enfin il y a quand même des « Mètres », les éveillés !

Ben oui, toi, moi, lui, tous les matins à 7h30 pour ma part, peut-être un peu plus tôt ou un peu plus tard pour toi. Vous nommez maîtres ou éveillés simplement des gens dont l’aura flatte votre orgueil et vous fait vous sentir plus grand, plus beau, plus fort …

Rappelez vous la fameuse maxime de Maître Sylvestre : « (g)Ram Bo est fort » …

Il est parfois utile de suivre l’enseignement d’un individu, ce n’est pas pour autant utile de suivre les dogmes d’une personne.

Le Maître ne vous demandera jamais de le suivre, il l’exigera encore moins. Comme la Terre, il fera ce qu’il a à faire, si vous l’accompagnez tant mieux, si vous ne l’accompagnez pas, tant mieux aussi.

C’est à vous de faire ce choix, c’est votre responsabilité de l’accompagner pour, le jour venu, tracer votre propre chemin et, à votre tour, être accompagné par des gens qui deviendront peut-être des individus.

Les plus malchanceux et/ou feignants d’entre vous seront simplement suivis. C’est du taf d’empêcher les gens de vous aduler.

Va où le vent te mène !

Alors bien sûr vous pouvez continuer à suivre les maîtres émois, ceux qui vont vous dire quoi faire, quoi manger, où travailler, qui aimer, qui haïr, qui est dans « le juste » ou qui est « malfaisant ». Vous en avez le droit ! Régalez vous des comptines dogmatiques et rassurantes que l’enfant seul et apeuré cherche à valider pour avoir l’illusion de la sécurité, ou bien …

Acceptez cette magnifique phrase dont aucune virgule n’est à écarter :

Mis à part que dieu c’est toi, aussi.

Tout y est dit ! Méditez cette phrase une semaine, un mois, une vie si ça vous chante, méditez là jusqu’à comprendre que dieu c’est vous AUSSI. Vous êtes un dieu au même titre que les 7,5 milliards d’autres dieux humains.

Dieu c’est vous AUSSI comme les 21 milliards de divines poules d’élevages, et les un milliard de milliard de divines fourmis… Je vous fais grâce des divinités végétales qui sont, que ça nous plaise ou non, des êtres sensibles…

D’ailleurs si vous prenez la peine d’y réfléchir deux secondes, sans ornières, les vrais maîtres de la planète ce ne sont pas les humains, les rats ou les fox terrier mais bien plus les platanes, les ormes et autres micocouliers … Car sans eux, tout s’arrête… Et tout s’arrête VRAIMENT !
Vous penserez à ça, j’en suis sûr, au printemps prochain quand vous les amputerez d’un bout de leur anatomie à la fois si simple et si raffinée…

VACUITÉ & FATUITÉ

Renaud

On ne pouvait pas se quitter sans un bon vieux Metallica quand même, allez, faisez vous bouger vos têtes et n’oubliez pas :

Marcher dans les pas de la perception d’un autre rend borgne … 

Les vieux membres du SCALP ou autres antifa seront d’accord avec moi pour pas apprécier grandement « le borgne »…

Chapitre 2 du défi

A l’heure où je vous écris, mon maître c’est le café, je m’en remets totalement à lui pour réveiller mes sens, mon cerveau, passer du mode nuit au mode jour ! C’est quand même de la folie de remettre sa vie entre les mains de quelque chose ou de quelqu’un ! Pour surfer sur l’idée de Renaud, on croit vraiment être des petits enfants qui ne savent rien, qui face à la moindre épreuve vont courir sous les jupons de leurs momans.

On l’a bien compris, c’est encore une fois le bon moyen de ne pas prendre la responsabilité de sa vie (j’entends au sens large, c’est-à-dire, notre quotidien, nos joies et nos peines, mais aussi notre environnement et les mondes dans lesquels nous vivons). Et le maître en nous attend, encore et encore, que l’on prenne enfin notre vie à bras le corps, qu’on arrête de regarder dehors pour trouver les réponses qui sont dedans.

On veut tellement être sûr que ce que l’on fait est « bien », que c’est la chose à faire, qu’on déambule dans les rues pour trouver cette main qui viendra tapoter notre épaule et nous dire « oui c’est bien mon petit ». Et si on y réfléchit, un enfant au départ, il s’en fout de savoir si ce qu’il fait c’est bien ou c’est mal, il vit, il fait d’instinct, il se laisse porter par la vie à l’intérieur de lui. Et si en grandissant il commence à chercher l’approbation de ses parents, c’est simplement que depuis sa naissance on lui dit que ça c’est bien et ça c’est mal… quand c’est bien on lui sourit, on lui fait un câlin, on lui donne une récompense, et quand c’est mal on le gronde et on le punit. La peur de se tromper, de décevoir, de ne pas être aimer apparaît et petit à petit il oublie que le seul maître est en lui. Game Over, essaie encore une fois !

Cette semaine, si on allait voir de plus près notre façon de prendre une décision ?

Simplement observer notre manière de décider dans différents pans de notre vie. Exemple, quand je suis au resto, comment je décide de manger tel ou tel plat ? Est-ce que je choisis sans réfléchir, d’instinct, le premier plat qui me saute aux yeux ? Est-ce que j’attends de savoir ce que les autres vont prendre pour que mon choix fasse bien ? « J’ai trop envie d’une bonne choucroute ! Mais bon, ils prennent tous un tartare de saumon ou un gratin de légumes, je vais avoir l’air d’une morfale ». Est-ce que je réfléchis à ce que j’ai mangé aujourd’hui et ma digestion cette nuit ? « Ben oui, ma maman m’a dit que manger trop lourd après 22h c’est mauvais pour la digestion », etc.

Vous comprenez l’idée ? Regardez à qui ou à quoi vous remettez votre vie, vos décisions. A qui ou à quoi pensez-vous quand vous devez décider de quelque chose. « Si je quittes mon boulot, que vont penser mes parents ? Que dirait mon conjoint ? Quelle image je donnerais à mon monde ? » Dans la même idée, quand je ne sais pas quoi faire ou choisir, qui j’appelles ? A qui je demande conseil et pourquoi ? Et sur quoi s’appuie ma décision ? Mon bien-être ? La reconnaissance sociale ? Familiale ? De mes pairs ? L’envie d’être aimé ? L’argent ? La sécurité ? etc, etc… Et autre point important, pouvez-vous prendre une décision seul ? Pouvez-vous vous faire totalement confiance ?

J’ai un peu détaillé pour vous faire comprendre l’idée de fond, de devenir un simple observateur de notre façon de prendre des décisions. Et Attention, Warning ! Si vous jouez vraiment le jeu, vous allez voir à quel point vos décisions sont conditionnées, influencées, à quel point vous remettez entre les mains d’un grand nombre de conneries votre vie. 

Du coup observer c’est bien, mais comme on aime bien que les défis se concrétisent dans l’action, vous pouvez aller plus loin ! Youpi ! On va s’amuser ! 

Et… Action !

Une fois par jour, prenez une décision par vous-même (il y en a beaucoup, comment s’habiller, quoi manger, quel livre acheter, sortir ou se reposer, prendre le vélo ou la voiture, râler ou rigoler, acheter ou pas une maison, appeler ou pas une personne, etc).

Alors comment faire ? Wahou mais c’est qu’on n’a pas l’habitude ! 

Exemple : Je suis devant mon armoire de vêtements. Quels sont les premiers vêtements que j’ai envie de mettre ? Puis, je m’arrête quelques secondes, je ferme les yeux, je reviens à ma respiration et j’observe en dedans ce qu’il se passe. Peut-être qu’une couleur, un sentiment, un son, quelque chose va pointer le bout de son nez… Et ensuite je compare avec les premiers habits que j’avais choisis. Est-ce que mon premier choix était conditionné ? Est-ce que j’ai l’habitude de m’habiller en fonction de ce que les autres vont penser et non selon ce dont mon énergie aujourd’hui a besoin ? Ma première réaction aurait été de m’habiller en gris, et pourtant en dedans la couleur rouge est apparue. Mon conditionnement veut me faire passer inaperçue alors que mon énergie a besoin d’ancrage, de force vitale. 

Et ensuite essayez le pull gris, regardez vous dans un miroir et calez vous sur la sensation. Idem pour le pull rouge. Sentez la différence et portez votre pull rouge all day long. Vous pouvez le faire avec vos habits tous les jours ou le faire pour ce que vous voulez ! Soyez créatifs, ça peut être amusant !

Rappelez vous simplement qu’il n’y a pas de bonnes ou mauvaises décisions, il y a juste des décisions faites par nos « maîtres » ou celle faites par le maître à l’intérieur de nous. A qui voulons-nous faire confiance? A qui donnons-nous le pouvoir ? C’est encore une fois à nous de choisir !

Belle semaine à vous ! Enfin… c’est à vous de décider !

Laurence

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