Tout ou presque dans notre monde actuel est pré-fabriqué, pré-mâché, pré-paré, pré-pensé, pré-défini pour que nous n’ayons plus à nous demander ce qu’il y a à faire. A toutes nos questions, on trouve des réponses. Qu’elles soient justes ou non, cela n’est pas bien important. Nous mettons au placard notre intuition pour se laisser conditionner tranquillement à la définition pré-vomitive de notre bonheur. Pour la semaine du conditionnement, on met les pieds dans le plat ! Pas de saut pré-ventif, on y va !

ARTé, des docs sur la fabrique du bonheur

A savoir que le préfixe pré- veut dire en avance… On pré-voit l’avenir pour calmer nos peurs… Nous assurer que nous sommes sur le chemin du bonheur… Ha ouais, c’est super excitant comme vie ! Ou pas…

C’est pour cela que j’ai choisi deux vidéos de la même émission que l’on trouve sur Arté, qui proposent, d’une part, de clarifier cette recherche du bonheur pré-supposée. D’autre part, comment nous avons mis notre propre intuition au rebut (c’est carrément devenu un truc mystique) dans les mains d’une société en pré-explosion. Vous verrez, c’est léger, ça se mange sans fin ! Bon appétit ! Burp !

(Tr)oppressé (9/10) – Tout pour être heureux

De Emmanuelle JULIEN, Adrien PAVILLARD et Mériem LAY

On vit quand même dans un monde de grands Fous ! Le monde nous dit que « NOUS DEVONS ETRE HEUREUX » et en plus il nous dit COMMENT. Si encore cela s’arrêtait ici, mais non ! Parce que nous, bande de gros feignants que nous sommes, nous préférons écouter ces pré-définitions, nous en remettre totalement à elles plutôt que de sentir, voir par nous-mêmes. C’est bien à l’image des super-marchés, on préfère bouffer de la merde pré-fabriquée plutôt que cuisiner, essayer des recettes et faire avec ce que la nature nous donne. Réalisons que nous préférons remettre nos vies entre les mains d’une pub qui nous dit que boire du lait, c’est bon pour la santé, plutôt que de sentir ce qu’il se passe dans notre ventre quand nous buvons un verre de lait. Je pense que pour la plupart d’entre nous, c’est pas le grand confort gastrique mais bon, tu comprends, il a dit que c’était bon pour mes os. Haaaaaaaaaaa d’accord !

« Si on a le bonheur comme objectif, on se condamne au malheur. »

C’est bien ce que nous dit le psychanalyste interviewé dans cette vidéo. On cherche quelque chose que l’on nous vend à la télé mais pas que. On cherche un soit disant bonheur inventé par des marques de céréales et gâteaux apéro, on cherche sans cesse à trouver des sensations que l’on a cru rêver, envier, des histoires racontées par les autres, par soi, de pré-possibles, des pré-fantasmes, de pré-tendues conditions du bonheur. Et c’est le jackpot pour ce monde pré-mâché ! Car on est sans cesse en manque de quelque chose, on va vouloir toujours mieux, toujours plus, on va combler ce manque imaginaire créé de toute pièce.

Et bizarrement, on n’est jamais satisfait. Et on devient des poux, chacun à notre échelle, parce que nous oscillons perpétuellement entre insatisfaction totale et l’opposé. On se croit arrivé. Dans la vidéo, la fille qui reçoit une voiture mais qui engueule son père parce qu’elle n’est pas de la bonne couleur en est un bel exemple. Ca c’est la face « insatisfaction ». Le mec bodybuildé qui se congratule est l’autre face, est l’opposé, mais à quoi est-il arrivé ? Et après, tu es sûre de toi ? Tu continues ?

(Tr)oppressé (10/10) – Basique Instinct

De Emmanuelle JULIEN, Adrien PAVILLARD et Mériem LAY

Cette vidéo nous donne à la fois l’explication et la suite logique de la première. On a tellement oublié comment croire en soi, se faire confiance, que nous avons donné tout le pouvoir à l’extérieur pour définir ce qui est bien ou mal de faire. On revient sur la morale, le cadre rassurant, piège à con où nous avons tellement de mal à sortir parce que c’est hyper flippant de ne plus avoir personne qui nous dit « ok, c’est bon, tu peux y aller ». Le conditionnement a la dent dure, il adore mordre dans nos peurs pour se maintenir bien en place. Et nous, on n’aime pas avoir peur, on n’aime pas l’inconfort, on n’aime pas quand il n’y a pas eu de pré-explication à ce qui nous arrive, ni de pré-solution pour en sortir vainqueur.

Ils en parlent dans la vidéo, et Renaud aussi dans son article sur le conditionnement. On en arrive aujourd’hui à ne plus vouloir ressentir l’inconfort. Ben oui, ce n’est pas en accord avec cette bien lisse définition du bonheur que j’ai mangé goulûment à grande lampée. Pour être heureux, tu dois vivre comme ceci et comme cela et tu ressentiras de moins en moins la douleur.

Mais à anesthésier une partie de nous, il y a de fortes chances que nous endormions tout le reste.

Comme nous croyons à certains moment avoir connu le nirvana en mangeant une pizza picard ou simplement en regardant un coucher de soleil, nous devenons des petits gloutons qui veulent encore et encore ressentir ça. Et puis il faut que cela soit facilement accessible, tu comprends, Moi je mérite bien ça (suffisance quand tu nous tiens).

Et là où la cuirasse nous montre qu’elle rattrape tout, c’est que même lorsque nous croyons développer nos consciences par des voies spirituelles, yogiques ou autres, elle rattrape le concept et pré-définit comment nous deviendrons le meilleur dans ces domaines précis. Chacun y mettra ses pré-requis mais ça sera le même problème de fond, on cherchera à cocher des cases pour se définir soit encore insatisfait, soit arrivé. Dans les 2 cas, on reste à côté de soi, de la vie, puisque le cadeau est là, ici et maintenant, agréable ou désagréable. Mais ça, dans nos mondes aux bonheurs pré-fabriqués et à l’intuition rendue légende urbaine, ce n’est pas NORMAL.

Inde, Rishikesh le superU de la spiritualité

L’Inde, le berceau du yoga – Voyage au coeur de la spiritualité – Rishikesh, le supermarché de la spiritualité

De Esther Schweins

Surprise ! Une vidéo de plus ! C’est la première que je voulais partager avec vous mais je ne trouvais pas le liant, le fond de ce qu’elle m’avait fait ressentir. Avec notre sujet, le pont s’est fait tout seul ! Alors en regardant et écoutant ces témoignages sur le yoga en Inde, la spiritualité, le don de soi, on pourrait se dire : Ouaaaaaaah c’est beau ! Et pourtant, ce reportage est d’un extrême vide, il donne très peu de sentiment, à l’image de sa présentatrice qui explore le yoga depuis des années mais dont les lèvres siliconées semblent rester une des ses conditions d’accès au bonheur. OMMM…merde !

C’est à peu près la même énergie qui se dégage du swami, des disciples, des touristes… C’est joli mais cela manque de profondeur. Alors il y aurait plein de choses à dire sur ce reportage, on va rester dans notre sujet car nous trouvons ici une belle illustration de notre quête du bonheur pré-fabriqué au détriment de l’amour en chacun de nous. Tous ces touristes du yoga (j’en fais partie) cherchent quelque chose de plus qu’ils ne trouvent pas chez eux. Et oui, eux ils ont compris qu’il y avait plus ailleurs, et qu’ailleurs ils allaient enfin se trouver eux, combler ce manque, ce vide. Ha ha ha ! Suffisance ! On se croit vraiment au-dessus des autres, on croit vraiment que nous sommes sur un chemin différent, que nous avons compris où trouver les réponses.

Le bonheur des cons que nous sommes.

On cherche toujours la réponse à l’extérieur !!! Même sous ce beau folklore hindou, on croit revenir en soi, on veut devenir le meilleur, mais si on regarde bien ces personnes sur la vidéo, leurs visages souriants en pleine méditation, on voit tellement la suffisance !! Ils ne sont pas en eux, ils sont en plein dans leurs egos ! Oui je ne vais me faire des amis en disant cela mais c’est tellement vrai. C’est encore une fois une définition pré-définie de l’accès au bonheur, c’est encore une fois un produit de consommation ! J’espérais que cela ressortirait plus dans l’article au vu de son titre, « le supermarché de la spiritualité », mais non. Ce n’était qu’une pub fade sur un ashram indien. Déception !

Car honnêtement, la majorité des personnes qui vont là-bas ne comprennent pas grand chose aux rituels ancestraux auxquels ils se livrent. Mais comme ils avaient pré-défini que c’était là qu’ils auraient enfin accès à quelque chose de plus grand, et bien Magie ! Cela arrive ! Demandez leur ce qu’ils sont maintenant… ça va être chiant à mourir…

Pour conclure tout ça, sachez que je ne juge en rien tous ces comportements car je les vis moi-même.

Renaud l’a dit, éradiquer nos conditionnements c’est un peu mission impossible. Par contre, cela ne nous empêche pas de les voir et de bosser, vivre à partir de là. La piste est peut-être de comprendre que le sentiment du bonheur, il est en nous depuis toujours, il nous attend, il est là et nous tend les bras. C’est juste qu’il n’est pas de la bonne couleur et que nous faisons un caprice car le bonheur ce n’est pas d’être arrivé (ça c’est la mort), le bonheur c’est le chemin et la confiance qu’on s’accorde ou pas à vivre le long de celui-ci. Le bonheur c’est d’être vivant avec tout ce que cela implique.

Laurence

Ps: Revoyez Wall-e, un bon exemple du bonheur pré-fabriqué (flippant) ou comment un robot a mieux compris que des humains le bonheur d’être en vie 😉

via GIPHY

Cet article a 4 commentaires

  1. allez un petit « cadeau » musical qui fait du bruit
    https://youtu.be/IOAyC6PvVmg
    Et ceux qui voit pas l’amour derrière peuvent s’offrir un week-end de 100 ans à Rishikesh ça servira à rien mais au moins le PIB de l’Inde augmentera .

  2. Yes! Merci pour ce partage musicale! C’est en effet plus vivant que la dame qui ramasse ses déchets avec un gamin qui tient un parapluie au dessus de sa tête 😉

  3. Alors déjà merci pour tout vos articles et pour ces trois émissions très bien faite je trouve . Par contre qu’elle surprise ! Votre ton est plein d’amertume, de rancoeur et, comme vous dites, de suffisance je trouve. Je suis votre blog et je lis vos articles depuis un petit moment, je reste silencieux mais j’apprécie énormément votre style et vos informations ! MAIS LA JE NE SUIS PAS CONENTE ! La chaleur sans doute mais vraiment ne vous laissez pas aller à autant de jugement, ou alors exprimez clairement votre manque d’objectivité dans un billet d humeur ce qui sera plus clair et rendra la ecture bien plus agréable
    Merci

  4. Bonjour Celine et merci de votre commentaire. En effet je partage un sentiment tout sauf objectif avec ce que je suis en ce moment. Comme je le dis dans l’article, je dis nous comme je pourrais dire je. Tout ce que j’ai écris je le fais ou l’ai fait, et oui il y a de l’amertume en fond et j’avais besoin de l’exprimer. En ce qui concerne les podcast du mardi, mon intention est de livrer mon sentiment sur un podcast, il sera parfois agréable, d’autres fois moins mais ce que j’essaye de faire à chaque fois c’est d’etre honnête. En espérant que vous serez moins silencieuse quand un article vous plaira ou pas 😉

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Le bonheur pré-fabriqué – ARTé
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