Morale ou Ethique

Je veux poser le problème de la désobéissance depuis la perspective d’une éthique du politique. Je parle ici d’éthique et pas de morale.

C’est Machiavel qui a défini et structuré le rapport entre morale et politique. Après tout, le scandale que fait éclater Le Prince dans ses derniers chapitres, c’est bien de faire valoir que quiconque entend se maintenir au pouvoir est contraint d’user de méthodes qui font tressaillir et trembler une conscience morale un peu scrupuleuse.

[…]

En parlant d’éthique du politique, je veux prendre un autre angle : celui du sujet politique. Ce que j’appelle ici éthique, c’est la manière dont chacun se rapporte à lui-même, construit à soi un certain « rapport » depuis lequel il s’autorise à accomplir telle chose, à faire ceci plutôt que cela. L’éthique du sujet, c’est la manière dont chacun se construit et travaille.

[…]

On voit donc qu’il est possible d’adopter un même comportement (la fidélité conjugale) à partir de styles éthiques différents.

Et bien de la même manière, on peut poser la question : à partir de quel rapport à soi respecte-t-on ou transgresse-t-on la loi publique ?

[…]

Obéir, désobéir, c’est donner forme à sa liberté.

Désobéir, de Frédéric Gros, éd Albin Michel – Flammarion

l’extrait complet est à découvrir en écoutant le podcast

Ecouter le podcast

Et bien voilà un extrait qui me donne hyper envie de lire le livre en entier !

Mais surtout, aujourd’hui ce qui me frappe en lisant cet extrait, c’est qu’on peut sortir de l’éternel déchirement de la morale pour se placer dans l’éthique.

Morale ou Ethique ?

La morale est extérieure à nous. Comme dit Léo Ferré :

N’oubliez jamais que ce qu’il y a d’encombrant dans la Morale, c’est que c’est toujours la Morale des autres.

in Préface, Léo Ferré

Face à la Morale, on ne peut qu’être passif. On met à l’intérieur de soi, comme un fait, une fondation, quelque chose d’extérieur. Alors oui, on se débat, on ne cède pas, on résiste (pour prouver qu’on existe ?) ! Mais on ne change toujours pas la Morale.

Car être immoral, aller contre, c’est toujours faire le jeu de la Morale et lui laisser pleins pouvoirs sur nos vies.

Par contre avec la notion d’éthique, on est actif. C’est le rapport qu’on entretient à soi, ce qu’on s’autorise ou pas. Et ça, on peut agir dessus, on devient actif. Notre éthique n’est pas un fait, elle est basée sur le regard, l’intention qu’on place dans nos actes et nos vies.

Alors plutôt que de se prendre sans cesse la tête contre le mur inamovible de la Morale, tel le poulet dans Vaiana, occupons nous de notre éthique. Occupons nous de ce sur quoi on peut agir. Devenons acteurs de nos vies.

Si mon éthique, c’est d’être Vivant, en permanence, peu m’importe d’aller ou pas dans le sens de la Morale. Elle perd sa prédominance, elle disparaît peu à peu. Car seule compte la Vie en moi que je veux laisser circuler.

Allez, pour la route, un petit Léo Ferré !

Au hasard Balthazar, un nouveau rendez vous sur la passerelle. Chaque semaine, je vous lis un extrait choisi au hasard d’un livre pris au hasard. Il n’y a pas de hasard, tout est magie, tout est enseignement.

Abonnez vous à nos podcast !

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

×

Panier

Panier