Cette semaine ce n’est pas un extrait de livre qui donne le ton, mais une chanson qui tourne en boucle dans ma tête depuis quelques jours, Vivre Libre ou Mourir, des Bérurier Noir. Je l’ai écouté, fort, très fort, en chantant à tue tête. J’ai regardé des extraits du live de Viva Bertaga. Et je me suis sentie tellement triste. Une tristesse profonde, car tout ça ne sert à rien, au final. Rien n’a bougé, rien n’a changé, c’est même pire.

Vivre libre ou mourir… SOS !

Video filmée en 1989, pendant les concerts d’adieu à l’Olympia, comme Brel. Je vois une bande de petits agités avec une énergie de vie incroyable se donner à fond sur scène. Ce qui se dégage, une énergie brute, une putain d’envie de vivre ! Derrière l’apparente colère, il y a juste l’envie de vivre, je dirais même la rage de vivre.

Et la tristesse aussi, de voir #LesGens tellement cons, tellement stupides, tellement aveugles. #LesGens qui cherchent partout la solution alors qu’elle est juste là : vous êtes vivant. Y a pas plus à dire, y a pas plus à faire que de vivre et de savourer.

Et ces petits agités, qui chantent, qui dansent, qui vivent ! Et ils entraînent avec eux plein de gens, qui crient à tue tête Vivre libre ou mourir ! qui crient Porcherie ! en 1989 la jeunesse emmerde le front national, en 1989 on se dit que plus jamais 20%, en 1989 on clame solidarité.

La rage qui vit ! Podcast

Conseil de lecture & d’écoute : Allez faire un tour sur le site FOLKLORE DE LA ZONE MONDIALE … et vous savez quoi y a même de la musique achetable ! Oui je sais c’est so XX éme siècle !

1989 – 2019, 30 ans de zombification ?

Le front national a changé de nom, les nationalismes et extrémismes de tout poil ont le vent en poupe. On se retranche dans nos particularités, on devient des spécialistes de l’instantané, des défenseurs du cas particulier car au final, ce qui compte, c’est chacun pour sa gueule, c’est surtout ne pas perdre. Ne pas perdre de temps, ne pas perdre d’argent, ni de followers.

Les prisons débordent, elles ont envahi nos têtes. On se claquemure dans notre morale, notre éducation et notre histoire. On a l’impression qu’on ne pourra jamais changer, c’est tellement dur, et puis c’est comme ça, on n’y peut rien.

On fait des efforts minables en se croyant surhumains car aujourd’hui, on a osé dire non quand le boulanger nous a proposé un chausson aux pommes en plus de la chocolatine. Et au moment de choisir son tshirt, après avoir respiré fort pendant 5 bonnes minutes, on a décidé tout seul comme des grands, sans demander à l’autre si ça allait ou pas.

On est tellement rebelles ! On se donne tellement les moyens !

En 1989, sur la scène de l’Olympia, les Beru chantait ça :

Partout ce chant de révolte
Faites le résonner !
Allez ! Il faut qu’on entende, jusqu’à Fleury Mérogis,
Vivre libre ou mourir !
Jusqu’à Fresnes, et toutes les putains de centrale
Ouvrez la cage, ouvrez la cage, prenez la rage !


LAAAAAAAA-LA-LA-LA-LAAAAAAAAAAA 

LAAAAAAAA-LA-LA-LA-LAAAAAAAAAAA 
LAAAAAAAA-LA-LA-LA-LAAAAAAAAAAA 
LAAAAAAAA-LA-LA-LA-LAAAAAAAAAAA 


A l’âge de douze ans 
Ils t’ont qualifié d’enfant délinquant 
Petit meurtrier 
Et à quatorze ans 
De psychopathe grave 
Et d’adolescent irrécupérable 
Et à dix-sept ans 
T’étais alcoolique 
En camp d’redress’ment 
Et les coups de triques 
Et à dix-huit ans 
Tu as fait l’armée 
Chez les délinquants 
Tu as déserté 

LAAAAAAAA-LA-LA-LA-LAAAAAAAAAAA 
LAAAAAAAA-LA-LA-LA-LAAAAAAAAAAA 

Vivre libre ou mourir !


LAAAAAAAA-LA-LA-LA-LAAAAAAAAAAA 
LAAAAAAAA-LA-LA-LA-LAAAAAAAAAAA 

Service militaire 
Camp disciplinaire 
Prison psychiatrique 
Orange Mécanique 
A l’âge de vingt-ans 
T’es devenu violent 
T’as pris le devant 
Il y a eu du sang 
Ils t’ont envoyé 
Au pénitencier 
Au lieu de t’aider
Au lieu d’écouter  
Quand tu sortiras 
Y’auras rien pour toi 

Tu recommenceras 
Car telle est la loi 

LAAAAAAAA-LA-LA-LA-LAAAAAAAAAAA 
LAAAAAAAA-LA-LA-LA-LAAAAAAAAAAA 
LAAAAAAAA-LA-LA-LA-LAAAAAAAAAAA 
LAAAAAAAA-LA-LA-LA-LAAAAAAAAAAA 

Et quel futur ? 
Pour les petits durs 
Et quel futur ? 
Entre quatre murs 
Et quelle société ? 
Pour les enragés 
Et quelle société ? 
Pour les gueules cassées 
Et quelle société ? 
Pour les têtes brûlées 
Pour les agités 

Pour les Pieds Nickelés ? 
Quelle société ? 
Pour les Béruriers 
Pour les défoncés 
Pour les détraqués ?

LAAAAAAAA-LA-LA-LA-LAAAAAAAAAAA 
LAAAAAAAA-LA-LA-LA-LAAAAAAAAAAA 
LAAAAAAAA-LA-LA-LA-LAAAAAAAAAAA 
LAAAAAAAA-LA-LA-LA-LAAAAAAAAAAA 

Et quel futur ? 
Pour les petits durs 
Et quel futur ? 
Entre quatre murs 
Et quelle société ? 
Pour les enragés 
Et quelle société ? 
Pour les gueules cassées 
Et quelle société ? 
Pour les têtes brûlées 
Pour les agités 

Pour les Pieds Nickelés ? 
Quelle société ? 
Pour les Béruriers 
Pour les défoncés 
Pour les détraqués ?

Vivre libre ou mourir – Bérurier Noir

Nous sommes notre propre prison

Nous sommes nos propres juges. Nous nous condamnons. Tout pareil que dans la chanson. Parce qu’à 8, 10, 15 ou 20 ans, on nous a dit qu’on était la salope, le méchant, le gentil, le pas beau, la stupide, peu importe la sentence. Depuis, on l’a fait nôtre, et on passe notre temps entre les quatre murs de notre prison mentale, à nous répéter que nous sommes ci ou ça.

Depuis 1989, la société n’a pas gagné en liberté ni en égalité. Le mot fraternité a disparu. Mais la société, c’est nous. Où en sommes nous, vraiment, à l’intérieur de nous ? Qui vit libre, qui se donne les moyens de vivre libre ?

Qui arrête de maintenir la tension et le jugement ? Qui arrête de continuer à mettre toute son énergie à se détester ?

Honnêtement, pas grand monde. Pour être tout à fait sincère, j’ai 39 ans. Allez, on enlève la petite enfance, les 5 premières années. Donc ça fait 34 ans. Sur 34 ans de vie, j’ai dû être vraiment libre de la définition que j’ai de moi au moins deux mois ! Et encore, ça c’est parce que depuis une semaine je cravache comme une folle !

Sans déconner, c’est pas lamentable ?

Chanter à tue tête pour tuer le juge

Aujourd’hui je suis fatiguée. Fatiguée de m’empêcher, fatiguée de me détester, fatiguée d’être à la fois juge, condamné, geôlier. Je veux vivre, vivre libre, car je meurs de m’enfermer.

Alors la seule chose à faire, c’est arrêter. Arrêter la contrition, l’empêchement de penser, de rêver, d’imaginer. Arrêter d’espérer tout en s’apitoyant.

Juste vivre, et quand le juge à l’intérieur revient, lui faire face et chanter à tue tête : Laaaaa lalalala laaaaa laaaaaa la la la laaaaaaa

NDLR : les béruriers vont mourir lalalalala !

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Vivre libre ou mourir – Bérurier Noir – VIVEZ !
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