Cela fait quelques mois que je vois passer des articles, émissions, podcast et autres sur la mer méditerranée qui relatent de l’urgence de la SAUVER. Beaucoup disent qu’elle ne passera pas l’été, que nous ne pourrons pas revenir en arrière. Et dans mon petit cerveau je me questionne. Je pars parfois y nager le matin et je l’observe. L’eau est rarement transparente, des déchets y flottent à plus ou moins grande échelle quotidiennement, les cadavres de clopes et de bouteilles des nuits précédentes bordent les rivages. Cette mer que j’aime est une des plus maltraitée au monde, je suis triste, en colère!

Pourtant, je continue à l’observer car elle m’apaise, elle me dit de rester près d’elle quelques instants. Je peux voir les poissons jouer dans ses eaux troubles, je me laisse entrainée dans la danse d’un héron qui plonge sous l’eau, les reflets du soleil sur l’eau m’hypnotisent et au milieu de cette mort imminente je sens encore la vie, la joie. Et à chaque fois, quelque chose se brise en moi face à ce paradoxe que mon cerveau ne comprend pas.

La Mère Méditerranée a beaucoup à nous enseigner de son passé, de son présent et de son futur. A la fois Immense et plurielle, elle est aussi une goutte d’eau simple et unique.

Image parJasmin Sessler de Pixabay

PODCAST – Méditerranée, Une richesse menacée

France Inter – Le temps d’un Bivouac – Daniel Fiévet

Image pargiogio55 de Pixabay 

C’est la Mer-de

Je n’ai pas de solutions miracles, bon nombre de personnes lambdas ou d’experts parlent bien mieux que moi de ces problèmes. J’ai hésité à mettre ce podcast car en ce moment, observer la mer me laisse surtout sans voix et dans une profonde perplexité. A la fin du podcast, le présentateur demande aux experts un message d’espoir. Pour eux il y a de l’espoir dans une meilleure gouvernance et dans la mobilisation citoyenne. Je sais que beaucoup se mobilisent mais la MER MEURT et la différence entre la proportion des personnes mobilisées et ceux qui ne le sont pas est gigantesque.

La mer Méditerranée compte 487 millions d’habitants et 300 millions de touristes (bientôt 500 millions). C’est la 1° destination touristique au monde alors qu’elle ne représente que 1% de la grande bleue. C’est aussi la moins protégée au niveau législatif sur les déversements de déchets non traités, la pêche de masse, la pollution des bateaux de croisière et j’en passe. Elle est plus polluée en plastique que les continents de plastiques aux larges des océans. Bref, elle est sacrément docile la mère Méditerranée!

Image parPDPhotos de Pixabay

La mer Méditerranée: Docile mais pas que

Ce qui m’a frappé dans ce podcast, c’est la façon dont ils parlaient de la mer. Ce n’est peut-être que ma perception mais j’ai eu le sentiment qu’ils parlaient d’une personne, d’une mère, bienveillante et aimante qui se fait maltraitée par ses enfants capricieux. Ca m’a laissé une sensation ambigu. Car la mer, peut être aimante, certes. Mais elle est aussi extrêmement forte et tranchante. Selon les jours où vous lui rendez visite, si vous vous calez sur son énergie, elle pourra vous faire sentir facilement que ce n’est pas le moment de mettre vos pieds dans l’eau. Ce n’est pas la douce maman qui vous fait des gouzis gouzis.

Quand on écoute son histoire dans le podcast, à travers des milliers d’années elle fût à la fois asséchée puis remplie à nouveau, elle a connue la mort et la renaissance plusieurs fois. A chaque renaissance, elle a su créer à partir de ce qui lui était donné son propre éco-système, sa propre vie. Et je la trouve sacrément solide au vue de toutes les merdes qu’on lui injecte par millions de litre en intraveineuse chaque jour. Elle tient encore bon, mais pour combien de temps? Je m’étonne qu’elle ne nous ai pas mis encore dehors mais après réflexion je me dis que si elle venait à mourir, elle saura renaître de ses cendres, nous ne serons juste pas là pour le voir et nous serons passé à côté du cadeau.

Image parsolart de Pixabay

A TA PLACE!

Ce qui continue de m’étonner c’est que malgré la façon plus que médiocre dont nous la traitons, elle continue a dégager une force infinie et de la vie. Elle reste bien plus puissante que nous, même si nous l’usons, voir même que nous la tuons. Elle renaîtra, elle se relèvera, elle vivra. Nous par contre nous serons morts en ayant laissé comme héritage des souvenirs de gros dégueulasses. Je sais que bon nombre d’entre nous agissent, crient leur désespoir face à cette mer et cette planète entière qui se meurt. Mais au fond, c’est l’humanité qui se meurt de sa complaisance et de sa suffisance… la nature, elle reprendra ses droits. Notre désespoir est surtout face à notre propre stupidité et ses conséquences.

Si nous comprenions enfin que cette nature nous donne toutes les clés pour vivre, TOUTES! Si au lieu de lui jeter nos déchets nous prenions le temps de l’écouter, si nous nous remettions à notre juste place d’enfants de la terre qui ont tout à apprendre d’elle. Pour les années qui nous sont encore offertes, même si nous sommes déjà allé trop loin pour revenir en arrière, nous pouvons encore redevenir des humains, avec un petit « h » comme toutes les autres espèces de ce monde. Simplement participer à notre juste place.

Laurence

PS: un film en salle à aller voir je pense – les enfants de la mer.

Image parMaike und Björn Bröskamp de Pixabay

Cet article a 2 commentaires

  1. MARE NOSTRUM disait les romains, qui étaient déjà bien barré. Dans le film Coustaud il y a un moment en dessous de la vérité de laideur. Le moment ou il retourne dans la calanque de son enfance. Ce qui était un eden aquatique est devenu un désert de plastique. J’ai presque 50 ans je l’ai hélas vécu.
    Comme tu dis, la Mer renaitra, vraisemblablement, de nos cendres. En 2010 je lisais une fiction dans libé à ce sujet. 4 auteurs de SF avec des scientifiques imaginaient des scénarios pour sauver la Mer. Dans une de ces nouvelles il était question de faire croire que la mer était dangereuse et hautement toxique pour qu’on n’y aille plus et qu’on n’y peche plus. L’océanographe qui appuyait la fiction disait qu’en moins de 50 ans la mer aurait retrouvé sa vie d’il y a 100 ans… espérons qu’il dise vrai

  2. Oui comme tu dis espérons même si ne nous le saurons jamais… Et encore je parle de cette mer que je vois tous les jours, forcemment ça remue le couteau dans la plaie. Mais je n’ai pas parlé de la plage de mon village en Inde qui j’ai vue totalement disparaître, des maisons sont même tombées dans la mer.. où les fréquents bancs de déchets croisés dans les eaux autour de Bali… Et ce n’est rien, rien … par rapport à tout le reste. Bref youplaboum quoi!
    Merci des commentaires renaud!

Laisser un commentaire

2 × 1 =

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

×

Panier