Je suis LIBRE, non pas grâce à des efforts et ou a du travail mais parce que c’est ma nature. La Liberté est un cadeau est pourtant elle se construit. La Liberté ne s’achète pas, ne se négocie pas, ne se définit pas. Elle est ou elle n’est pas, on l’accepte ou pas. Tout le travail est là en vérité : laisser grandir en nous cette idée folle de pouvoir être libre dans notre prison. Le seul vrai travail chamanique, spirituel, existentiel est là. Accepter que la Liberté ne peut être que totale et que pour autant elle ne peut jamais être pleine et entière.

Cet article n’a pas encore, sic, subi la normalisation orthographique. Mille pardon aux grammairiens sensibles

Ma liberté longtemps je t’ai gardé…

Liberté j’écris ton nom. Liberté je cris ton nom. La Liberté a du mal à se définir. Elle n’aime pas les entraves et si elle tolère l’évocation elle supporte bien mal les définitions. Ma liberté est en apparence plus proche de celle d’un Moustaki que de celle d’un Florent Pagny. La Liberté ne revendique rien, ne cherche pas à s’imposer à autrui. Elle ne manifeste pas, ne s’associe pas. la liberté n’aime pas les rassemblement et encore moins les églises qu’elles soient syndicalistes, ecclésiastiques ou scientifiques. Vos tiques la gratte la ou vous ne voulez pas vous démanger.

La Liberté est ce qu’elle est. Parfaite avec ses défauts. Totalement contradictoire dans sa cohérence. Universellement individuelle. La Liberté est ou n’est pas.

La liberté ne cherche pas à s’imposer, elle n’est pas croyance mais expérience. La Liberté ne cherche pas à vous entraver, jamais, par contre elle a un prix : celui de ne jamais pouvoir se reposer, de ne jamais être rassasié sans pour autant avoir l’estomac troué. La Liberté ne peut pas s’encadrer, ni se limiter pour répondre à des besoins de sécurité.

Car c’est bien cela que vous faites quand vous exprimez ce que vous nommez liberté et qui n’est que votre besoin, légitime, d’être rassuré. Vous ne demandez pas plus de Liberté, elle est ou elle n’est pas, mais juste pus de sécurité. Vous manifestez, pieds et poings liés votre volonté de réponses absolues, ou vos quêtes de certitude.

Chaque fois que vous êtes satisfait d’être filmé, enregistré, compté, censuré ou analysé sous couvert de normalité et de renforcé la sécurité vous tuez, doucement, l’idée même de la Liberté.

Chaque petite goutte de certitude tue l’idée la Liberté.

Il semble qu’une majorité préfère vivre longtemps couché que courir nu dans la pampa même si ce n’est que le temps d’un papillon. Il semble que les conventions obsèques et la forme du cercueil soient devenu plus important que la vie qui disparait. Le travail n’est plus une fin en soi mais un moyen pour obtenir autre chose, pour acheter autre chose : un gros jouet, une grosse voiture, une grosse bonne femme, un gros cercueil, un gros …

La LIBERTE plein est entière est une idée ! Vous êtes une idée ? Non ! Alors abandonnez tout espoir d’un jour pouvoir la toucher du doigts. La seule chose que vous pouvez trouver c’est le sentiment de liberté et ça … ça ne sera jamais marchandable !

La Liberté n’est pas dans votre portefeuille !

Paroles d’homme gras et fortuné ? Oui si vous voulez mais pas vraiment. Propos d’homme blanc confortablement assis derrière son ordi ? C’est clair que par rapport à une femme syrienne, indienne ou malienne à Paris je suis très largement privilégié mais en fait … pas vraiment.

Après moult tempête, après 40 passages dans les Hurlants et de nombreux démâtages personne ne peut plus me voler parce que je ne la possède pas ! Mon sentiment de Liberté limite pas à un solde créditeur, une femme lisse et fine, une maison ou un frigo a moitié plein. Personne ne peut me la prendre, la taxer ou la limiter. Elle est mon bien le plus précieux parce que je suis devenu elle. Je suis son fidèle sujet, son vassal reconnaissant. Je suis ce qu’elle est. Libre et fragile. Fugace comme une brise de Mai ou tonitruante comme le mistral d’Automne. Enfin quand il y avait encore du Mistral en Automne…

Fais comme l’oiseau un peu d’amour et d’eau fraîche l’oiseau…

J’ai mis à 40 ans à construire mon havre de Liberté. Dans cet espace infini La Liberté est une impératrice exigeante. Elle ne tolère que très mal la concurrence. Madame la duchesse de la Peur et monsieur de la Colère inutile on le privilège de pouvoir éructer, certainement pas celui d’être aduler. Quand au traitement qui est réservé à la baronne de l’Avidité et Mr de la Mesquinerie. Avilissant n’est pas un terme satisfaisant.

Cette liberté c’est celle d’aimer tout et tous y compris mes prisons. Cette Liberté c’est celle d’imaginer, tous et vraiment TOUT. Preux chevalier pourfendant la médiocrité ou gueux sinistre posant des collets à crétins. S’imaginer barbare éructant ou gentil chien chien à sa mémère. La liberté de pouvoir s’illusionner en sachant que ici ou la bas ne sont que deux illusions. Pas plus valeureux que mécréant, juste encore ailleurs. Un lieu ou le Rien danse avec le tout et attend la fin avec peur, respect et une profonde amitié.

L’Amour, comme la Liberté ne se limite pas et ne se définit pas. Tout au plus il s’évoque. Tout au moins il se vie et sa compréhension de ne peut qu’être individuelle, pragmatique. Je ne vous aime pas parce que x ou y, JE vous aime POINT.

Et ceux qui sont pas content et bien qu’ils aillent se faire escoudre comme on dit chez moi !

Sur ceux soyez heureux, soyez généreux ou alors allez voté pour ceux qui aiment vous empaffer.

Renaud

Liberté, poème de Paul Eluard

Le rendez-vous allemand, 1942

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente

J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

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Liberté, j’écris ton nom – édito
Photo by Johannes Plenio
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