• Post last modified:17 mai 2020
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Pour ce 3° volet autour de la complaisance on va être plus sympa, enfin c’est ce qu’on vous dit pour que vous lisiez l’article. Oups ! J’ai vendu la mèche !.  Notre complaisance nous pouvons soit la subir, s’y vautrer,  la juger, s’y apitoyer, s’en foutre, lutter contre… En gros continuer à pratiquer la logique des “bonnes choses” ou des “mauvaises choses”. Soit on peut l’accepter et s’en servir comme impulsion, comme un outil, un messager fabuleux sur ce que nous avons à faire.

Vue qu’elle est là, et bien bien là même, servons nous de notre complaisance pour travailler nos qualités de guerriers ! Je vous en parlais dans le premier article de la série, celui sur la fausse gentillesse, notre première complaisance est bien de ne pas voir là où nous sommes complaisants.

Être totalement honnêtes avec nous mêmes sur toutes nos complaisances ne se fait pas du jour au lendemain.

Si nous faisons le choix d’aller sur le chemin de voir notre complaisance avec honnêteté, nous aurons l’occasion de développer des outils précieux tels que la présence, l’effort soutenu et la modération.

Amis complaisants, embarquons ensemble sur des facettes plus actives de notre complaisance à travers un chemin parmi d’autres pour ne plus être une personne mais un Humain.

Présence pour enfin Voir notre complaisance totale - part. 3 - Projet la Passerelle
Image par Sasin Tipchai

Voir les facettes de notre complaisance.

Ce n’est jamais très agréable de voir les endroits où on s’abandonne au laisse aller. Nous avons tous une liste des points ou il serait bon, que nous devrions, éventuellement, un jour, si on en a le temps fournir un peu quelques efforts, blablabla…

En général, nous nous complaisons tous dans le sommet de notre iceberg. C’est un peu notre planque, on montre des petits trucs pour masquer la complaisance plus profonde. Ce masque que l’on montre à soi et au monde, il nous permet de rester sur cette première marche et de ne pas aller plus loin. Ces petits travers à moitié avoués mais totalement pardonnés servent même pour nous justifier : “Oh mais ça va mieux qu’avant” ou le fameux “avec tous ce que je fait j’ai plus le temps / énergie / envie ….”

En vrai on accepte volontiers le sommet de l’iceberg de notre complaisance ça nous permet de nous illusionner de passer sous silence l’ampleur du désastre… Pour voir sous le verni c’est souvent plus compliqué.

Donc avant de s’attaquer à travailler sur nos complaisances, vous l’aurez compris, il faut déjà les voir. C’est la première question à se poser, le premier choix à faire. Est ce que je veux réellement VOIR l’ampleur de ma complaisance ou est ce que je veux rester dans le sommet de l’iceberg et continuer à m’illusionner ?

ATTENTION : Il n’y a pas de bon ou de mauvais choix. Il y a simplement à choisir et à accepter le prix à payer de ce choix. Comme d’hab. assumer la responsabilité d’un choix quel qu’il soit.

Si vous faîtes le choix de rester dans votre illusion, dans les masques, le prix à payer c’est d’être toujours la pauvre victime des “méchants” éléments extérieurs.

A titre personnel et en tant que femme dressée par les femmes de ma famille et la culture pour être une parfaite victime je commence à trouver ça un rien pénible. Continuer à valider les “messants” messieurs, la “messante” société, la “messante” vie, si on est lucide deux minutes ça tient pas la route.

La Présence engendre l’honnêteté

Maintenant, imaginons que nous faisons le choix 1, celui de voir et d’affronter notre complaisance. Non pas comme un ennemi mais comme un cheval sauvage sur lequel on doit reprendre le contrôle. C’est bien de poser une intention mais s’il n’y a pas d’actions qui suivent, ça ne sert pas à grand chose. Alors comment faire ?

Comme d’habitude. Le seul véritable outil du guerrier c’est sa Présence ! (1) Il n’y a pas de procédure magique, ni de pilule miracle. Pour faire monter la Présence il faut être présent !

En général nous ne regardons que le sommet de l’iceberg. Nous sommes tous mettre dans l’art de l’excuse et de la négociation avec ce que nous décidons de juger être notre imperfection. Notre complaisance fait tellement partie de nous même et du monde dans lequel nous vivons que si nous ne sommes pas extrêmement présent nous ne pouvons pas la voir.

La présence fait écho au lieu sans pitié. Elle est la part en nous sans jugement, sans apitoiement ou suffisance. Elle va donc amener une vision globale de nous même, donc tout l’iceberg et bien plus encore. Gros avantage de voir notre complaisance au lieu de regarder nos petites imperfections c’est que le sentiment de Présence ne juge pas ! On peut donc ranger les fouets et les crucifix !

Cette absence de jugement sur soi et le monde permet la détente qui elle même permet l’honnêteté. Un cercle vertueux est ainsi en train de se former. Maintenant “il suffit” de tenir la ligne… Tous les jours !

Un premier pas vers l’honnêteté

Peut-être qu’un premier pas serait d’observer et d’écrire NOIR SUR BLANC ce que nous espérons gagner en faisant un de ces deux choix. Que sommes nous VRAIMENT prêt à perdre ? En ce regardant droit dans les yeux s’avouer ce qu’on est prêt à perdre, ce qu’on ne veut surtout pas lâcher, même les petits trucs ridicules. Nos désires, nos espoirs, nos craintes. Suis je prête à lâcher l’apéro du samedi midi ? Vais je enfin trouver l’amuuuuur ? Serais je riche, puissante ou une misérable folle au fond d’une lande lugubre ou d’antiques malédictions planent encore dans les marais qui l’entourent (2) ?

Lire aussi :   La repression, il est temps d'exister

c’est SIMPLE mais c’est pas facile. (Michel T.)

Présence pour enfin Voir notre complaisance totale - part. 3 - Projet la Passerelle

L’effort soutenu: L’action au service de l’intention

C’est la que la pratique rentre en scène et que petit à petit nous creusons un sillon vers plus de présence et d’honnêteté. L’un et l’autre émanent de notre intention, notre volonté à faire ce premier choix. L’action, la Volonté (pas le je veux) vont venir nourrir et vis versa l’intention de départ.

C’est un peu le concept de l’oignon, on enlèvera une couche et puis une autre viendra, et encore et encore. Travailler notre présence et notre honnêteté ne s’arrêtera jamais. L’iceberg est tellement vaste !

La seule chose que je peux nous conseiller c’est de faire un premier pas, puis autre et de continuer ainsi.

Il n’y a pas de garantie, pas de choses à gagner à être plus présent et honnête avec soi et avec le monde. Il n’y a pas de ligne d’arrivée, pas de but atteindre et surtout : CA NE S’ARRÊTE JAMAIS ! Chaque pas entraine le suivant jusqu’au bout, jusqu’au bout.

Qu’est ce que j’appelle l’effort soutenu ? Vous en avez un petit aperçu dans le désagréable article de Renaud sur le sujet.

Alors nous pouvons faire 150 stages pour apprendre à voir nos complaisances, chaque fois nous reviendrons en disant “JE SAIS !” ” J’ai compris !” “Maintenant ça va changer”. Mais si nous ne faisons rien, au quotidien, si nous ne changeons pas notre intention de départ qui est d’abandonner notre apitoiement et être responsable de nos actes ça va juste nous couter une fortune et rien ne va vraiment changer.

Tous dans nos vies a un moment nous VOULONS un changement ! Alors nous prenons des grandes résolutions d’un coup, nous poussons la machine pendant 1 jour, 1 semaine, 1 mois, … et puis pof, on s’arrête d’un coup ou on ramollit le rythme… et on se laisse glisser doucement mais surement vers un laisser aller compensateur.

Mettre nos actions réellement au service de notre intention ?

Comment mettre cet effort soutenu en actes quotidien ? Par des choses toutes simples. Si comme moi vous avez été élevé aux barquettes surgelées et aux boites et bien vous allez faire l’effort de vous faire à manger des produits frais 2 fois par jour 6 jours par semaine. Et si vous n’avez pas, mais alors pas du tout, envie de faire à manger ? Et bien vous ne mangez pas ! Même pas un bout de pain.

Ca semble dur ? Normal ça travaille sur votre complaisance et notre fâcheuse habitude de faire le facile au lieu de faire le simple.

C’est à ce moment là, justement qu’il ne faut pas céder, c’est à ce moment là que vous forger votre intention inflexible et que vous pouvez vraiment voir le dessous de l’iceberg de votre complaisance. A vous de trouver vos pratiques du quotidien.

Et si vous n’y arrivez pas n’oubliez pas que nous sommes là aussi pour ça ! Ne pas demander d’aide, jouer les timides c’est aussi de la complaisance…

Présence pour enfin Voir notre complaisance totale - part. 3 - Projet la Passerelle

La modération : suivre le tempo

La modération est aussi très importante et elle rejoint ce que j’ai décris précédemment : faire ce qu’il y a à faire, ni trop, ni pas assez. C’est pour ça que dans mon exemple ce n’est que 6 jours par semaine. Un “cheat day” par semaine pour ne pas devenir intégriste, ne pas vous durcir et pouvoir tenir le temps qu’il faudra. Vous verrez que rapidement ce “cheat day” sera un jour de plus et que vous ne vous laisserez pas aller.

Selon les natures de nos cuirasses, nous aurons tendance à en faire trop sur certaines choses et pas assez sur d’autres. Nos masques dansent autour de celui du bourrin violent, du délicat éphèbe, du peureux malingre ou juste du feignants crasseux. C’est aussi là que notre complaisance s’exprime, on va sur le comportement le plus facile pour nous et souvent pas le plus juste face à ce qui est en train de se vivre.

La Présence permet de vivre la nuance. Sans présence au tempo en dedans et en dehors de moi, sans observation honnête de mes comportements, je ne peux agir de façon juste par rapport à ce qui est proposé.

C’est encore ma cuirasse qui ré-agira via mes conditionnements. Mes actes ne seront pas en harmonie avec l’instant présent. Dans le premier article, je vous parlais de la fausse gentillesse si chère à notre complaisance. La modération, s’est justement cette vraie gentillesse avec soi ou les autres ou le monde. (Voir l’article sur la tempérance.)

La gentillesse c’est parfois se faire mal, se pousser au cul, et vis versa. La modération rejoint la notion d’effort soutenu, ce n’est pas envoyer du bois pendant 10 jours et puis plus rien pendant 3 mois. Désolée, vous le savez déjà, mais … Ca ne marche pas !

Trouver son rythme, son “régime” de changement

L’exemple des régimes alimentaires est parfait pour illustrer ce propos. Je me prive pendant 1 mois, je mets mon corps en souffrance, plus que ce qu’il peut effectivement tolérer de façon harmonieuse. Et puis dès que le régime est terminé, je me fais une semaine de fiesta alimentaire. C’est rare quand votre corps vous dit merci. En général, vous reprenez plus de kilos que ce que vous avez perdu. Et, là extrême complaisance (3) on recommence encore et encore en se disant qu’au bout d’un moment, ça devrait marcher.

Lire aussi :   Atteindre le lieu sans pitié, Leçon d'implacabilité 2 - podcast

La modération serait de revoir son régime alimentaire global et son hygiène de vie… Et ce … pour la vie !

L’alimentation est un comportement comme un autre. Ne prenez pas cet exemple au pied de la lettre. Grandissez le, adaptez le à vous ! Vouloir suivre le régime d’un autre ne fonctionnera pas sur le long terme. Il n’y a que vous pour apprendre avec votre corps ce qui lui réussit ou pas, ce qui le fait plier ou pas. S’inspirer, échanger, apprendre ensemble, bien sur ! Mais au final, c’est vous qui êtes au quotidien face à votre assiette et dans votre corps.

Trouver votre nouveau confort dans cette modération. Explorez de nouvelle forme du plaisir. On peut même s’autoriser des extras et jouir de “bons petits plats”. Si si on en a le droit !

Intention, Action, Présence, Modération les 4 clefs

Comme que vous le tourniez si vous voulez vraiment sortir de la complaisance (4) et de l’apitoiement sur vous et les autres, si vous avez fait le choix de sortir de la fausse gentillesse pour devenir :

“Implacable mais charmant, rusé mais agréable, patient mais actif, gentil mais fatal”

Le Nagual Julian à Don Juan – La force du Silence p 104

Chaque fois ca sera votre intention inflexible et sa manifestation à travers un effort soutenu qui renforcera votre sentiment de Présence et vous donnera accès a plus d’honnêteté et d’harmonie avec toutes les parties de vous !

La modération nous apprend à faire avec ce que nous sommes et de façon plus large avec ce que la vie nous donne.

Ces 4 piliers que sont une intention inflexible, l’effort soutenu en action, présence et modération nous permettent de glisser de notre complaisance et de nos jugements sur nous et le monde vers de la tolérance et de la bienveillance.

En sortant de la complaisance nous sortons aussi de notre bulle égotique, de notre auto-contemplation pour aller chercher une harmonie entre toutes les vies qui s’entrecroisent dans ce monde.

“Chaque jour sois gentil parce que tous ceux que tu croises livrent une rude bataille.”

Platon

Gentil mais fatal ! Gentil mais pas complaisant ! La complaisance c’est le doux ronron de Netflix, c’est le facile au détriment du simple. Commander mac do plutôt que se faire soi même son burger.

La complaisance c’est la manifestation de notre apitoiement, un guerrier s’il est digne de ce nom ne peut plus s’apitoyer sur son sort ou celui de ses prochains puisqu’il assume la totale responsabilité de sa vie. La complaisance c’est une facette de notre auto-contemplation est un chaman en tant que passerelle entre les mondes ne peut plus s’identifier à son histoire personnelle, il ne peut plus croire à l’histoire qu’il raconte aux autres, il ne peut plus s’abandonner.

Laurence

Liens & autres infos

  1. LA PRESENCE. Il faut juste pratiquer ! Pour pratiquer il faut en avoir une intention ferme et inflexible. A force de pratique, et je découvre moi même à quel point c’est long; à force de s’efforcer TOUS LES JOURS de faire monter la Présence, de ralentir les vibrations en nous et de nous mettre à l’écoute de nous et du monde, la Présence fini par s’installer. Et cette présence va nous donner le détachement nécessaire pour nous voir sans faille et sans jugement
  2. Cette partie de la misérable folle est entièrement écrite par Renaud qui est fan de H.P. Lovecraft
  3. Complaisance mais aussi stupidité ou une bonne dose de masochisme ! Auquel cas plutôt que jouer les victimes de votre corps, assumez vos caprices et réjouissez vous de vous faire mal puisque vous aimez ça. Moi même je ne suis pas contre une petite fessée un peu appuyer d’ailleurs !
  4. Défendre (une personne) c’est sortir de la complaisance – paroles d’avocat

Quelques livres & vidéos

  1. J’ai beaucoup aimé le livre “Les aventures de Socrate” de Dan Millman qui raconte la vie de son mentor. On pourrait croire le héros peu complaisant, mais comme tous il ne déroge pas à la règle. Je vous laisse découvrir.
  2. Vidéo explicative pour faire des centrages, un outil essentiel pour faire monter le sentiment de présence.
  3. Puisqu’on a parlé de régime alimentaire, on vous conseille de lire cet excellent ouvrage: L’ALIMENTATION OU LA 3ÉME MÉDECINE – DR SEIGNALET.

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