• Post last modified:14 avril 2020
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La complaisance est un vaste sujet. Je vais l’aborder à minima en 3 articles. Dans cette première partie nous allons explorer les bases de notre complaisance : Pourquoi et comment notre complaisance se met en place ? Mais aussi le lien entre nos peurs, une nourriture fabuleuse pour notre complaisance, et des comportements comme la (fausse) gentillesse et le refus de tout effort.

Le second article sur la complaisance explorera plus en détail ce que cette complaisance peut, potentiellement nous enseigner et à quoi elle peut nous donner accès.

En faisant des recherches, j’ai été étonnée de constater que la complaisance était synonyme de bienveillance et de gentillesse. Stupeur et jambe de bois ! Je comprends un peu mieux la folie de ce monde… Dans le chamanisme Toltèque, la complaisance est un piège gigantesque que nos cuirasses maîtrisent à merveille. C’est un de nos comportements névrotiques qui nous maintient dans nos conditionnements et nous empêche d’accéder à la liberté.

Alors qui est cette mystérieuse Dame Complaisance ? Comment s’exprime-t-elle dans nos vies ?  Pourquoi pensons nous que l’opposé de la complaisance c’est la dureté, voir la méchanceté ?

Et si c’était un outil fabuleux pour voir ce que nous fuyons? En travaillant sur notre complaisance, nous nous exerçons à plus d’honnêteté et de présence envers nous même et le monde. Elle nous enseigne la modération et l’effort soutenu.

Prenons le temps aujourd’hui de faire le point honnêtement sur nos propres complaisances. C’est parti, on embarque et on laisse le fouet du jugement sur le quai ! Surtout que s’apitoyer sur notre complaisance ne fera que la renforcer, en rire par contre sera bien plus libérateur.

La complaisance : gentillesse ou veulerie?

Tradition oblige ! Allons voir du côté de Monsieur Larousse pour voir comment résonne (raisonne) ce mot en nous et éclairer notre rapport à lui. Je crois que dans ce monde, on a du mal à se mettre d’accord sur ce qu’est la complaisance : alors force ou faiblesse ?

Si je suis ces définitions, la complaisance c’est l’idée de brosser dans le sens du poil que ce soit l’autre ou moi-même. Ok, mais à quel prix ? Sous couvert d’une fausse gentillesse envers soi et envers l’autre, nous nous travestissons derrière de beaux sourires complaisants. Vous trouvez cela vivant vous ? Est cela la vraie gentillesse ?

Les synonymes de complaisance eux sont très paradoxaux

Gentillesse, amabilité, sympathie, politesse mais aussi servilité, veulerie.

Revoyons notre définition de ce mot et comprenons qu’être gentil n’est pas toujours aller dans le sens d’une personne, de soi ou d’une situation. La gentillesse est plutôt une position à l’intérieur de nous, un chemin pour arrêter la lutte et choisir la paix. Et ce, quoi que cela demande. Croyez moi, ce chemin est tout sauf complaisant !

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Photo by Thomas Jarrand

Gentillesse versus brutalité ?

Un des pièges de la complaisance dans lequel nous tombons tous est bien notre définition justement complaisante de la gentillesse.

Je travaille depuis 12 ans dans l’humanitaire et le social. C’est un domaine gigantesque pour travailler sa propre complaisance, son apitoiement et sa suffisance. Quand on commence, on rêve de donner de l’amour, de sauver les autres, de mettre des cœurs dans des vies sombres et difficiles. Complaisance et suffisance extrême ! On veut être le gentil contre les méchants.

Je suis allé en Inde un an après le Tsunami de 2005. Force a été de constater que venir avec de bonnes intentions n’était pas suffisant. Entre les aides totalement inadaptées aux besoins des personnes locales des grandes ONG et l’afflut de personnes voulant “aider” sans coordination, ni compétences, des millions de dollars ont été dépensés dans le vent. Cet article de Grotius International vous en dit un peu plus.

Les antonymes de complaisance :

Brutalité, grossièreté, rudesse, voir carrément malveillance !!

Si nous osons voir la réalité en face, elle nous recadre rapidement. Si nous restons des gentils pious pious pour aider l’autre, nous voyons très vite que nous ne l’aidons pas, bien au contraire. Et, en général, on en prend plein la gueule.

A s’apitoyer et être complaisant avec l’autre, nous le maintenons dans la condition de victime et nous ne l’aidons pas à prendre la responsabilité de sa vie.

La gentillesse c’est parfois de dire à l’autre la vérité, le sortir de sa propre complaisance et lui dire crument de se sortir les doigts du cul. C’est parfois lui dire qu’il nous emmerde, c’est parfois lui mettre une grosse claque. Bref, au premier abord, cela semble méchant, mais c’est bel et bien ce que l’autre avez besoin d’entendre.

La complaisance pour ne pas se traquer

La vraie gentillesse demande de voir froidement une situation et de faire ce qu’il y a à faire en fonction. Notre complaisance nous pousse à faire souvent l’inverse. « Mais je ne peux pas lui dire cela, c’est trop difficile pour moi, c’est dure et il pourrait ne plus m’aimer ». Et oui, si on pousse notre discours intérieur c’est bien là qu’on arrive. Comprenons qu’aider quelqu’un, réellement, c’est d’accepter de faire ce qu’il y a à faire.

Lire aussi :   Canalisation des esprits, les guides nous parlent. Oui mais

Parfois c’est d’accepter d’endosser le mauvais rôle. Accepter d’être celui qui fait mal, accepter d’être le connard de la situation. Et ça, notre auto-contemplation elle l’aime pas du tout. Pourtant, si on est vraiment honnête, c’est bien ce qu’il y a à faire.

Ce sont nos conditionnements et nos routines mentales qui définissent notre morale, notre définition du bien et du mal. La complaisance est là aussi (bordel elle est partout). Ces définitions nous rassurent. Nous ne voulons pas voir que la vie est toujours en mouvement et que face à deux situations semblants identiques, la gentillesse s’exprimera de façon différente.

Lorsque quelqu’un se complaît dans un de ces comportements, parfois être gentil sera de lui gueuler dessus un bon coup pour le choquer, le réveiller et un autre jour ce sera de le serrer fort dans ses bras. Dans le premier cas, l’idée est de sortir la personne de son apitoiement, dans le second ce sera de lui dire qu’elle est aimable.

Dans les 2 cas, c’est aller à contre sens de sa (celle de l’autre et la sienne) propre complaisance. En vrai je suis méga complaisante. Mais j’ai fini par comprendre que le travail commence toujours par soi.

Si on ne peut pas le faire en nous, on ne pourra pas le faire à l’extérieur de nous. Certains jours, ne pas être complaisant sera de nous mettre un coup de pied au cul, et d’autres de nous caresser avec une plume. Pour le faire régulièrement, croyez moi, ce n’est pas une mince affaire!

Tout est dans les détails. Les seules choses que nous devons suivre sont notre présence et notre honnêteté sans faille.

Etre gentil mais tranchant. Etre à la fois la vague et le sabre. Etre à la fois sans pitié et charmant.

Faire au delà de nos propres névroses, voir la situation froidement pour ce qu’elle est et agir en fonction. C’est ça la gentillesse par excellence. C’est ce que Don juan Matus (cf Castaneda) appelle “le lieu sans pitié”…

En attendant la seconde partie de ce dossier sur LA COMPLAISANCE qui parlera de la relation PEURS / COMPLAISANCE je vous laisse méditer la dessus :

Lire aussi :   Le diable, le créateur et nous

Quand une mère empêche son enfant de jouer avec une casserole pleine et que son enfant pleure est-elle méchante ou prend-elle soin de son enfant ?

Quand un ami vous empêche de rentrer chez vous saoul en voiture et que vous lui en voulez parce que votre conjoint va faire la tronche, est-il méchant ou prend il soin de vous ?

Les exemples sont à l’infini et le masque de notre (fausse) gentillesse est un des plus répandu dans le milieu associatif, chez les “soignants” et autres “guides spirituels” mais pas également dans les familles, entres ami.e.s et surtout envers nous même.

Laurence

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Laurence

Enseignante de Yoga, praticienne en soins énergétiques. j'apprend à chaque pas comment devenir le Canard Blanc ou le Cygne Noir... en somme "j'aide la science et c'est ma Joie..." Bon en même temps si la science a rien à me demander ça m'arrange je donne un cours de Yoga à 15 heures !
La complaisance, une vrai fausse gentillesse – partie 1
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