• Post last modified:9 avril 2020
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On continue, chers amis, sur le chemin qui mène à l’Implacabilité, et l’image est bien choisie car pour l’atteindre, il faut déplacer son point d’assemblage jusqu’au lieu sans pitié. Dans cet extrait de La Force du Silence, Castaneda se remémore la première fois où il a déplacé son point jusqu’au lieu sans pitié, grâce à un plan de traque magnifique mis en place par Don Juan. Voici donc la première leçon d’implacabilité de Don Juan Matus !

Dans ce podcast, vous entendrez parler à de multiples reprises de déplacement du point d’assemblage. Si vous n’y pitez rien, magnez-vous l’oignon et allez vite écouter les podcasts consacrés à cette notion essentielle qu’est le point d’assemblage !

Et comptez pas sur moi pour vous plaindre, on parle d’implacabilité ! Alors fini les gouzi gouzi :

Remontons nos chaussettes, arrêtons nos branlettes, on s’attaque à notre “précieux”, un bien tristement commun à tous les zumains : l’apitoiement !

PODCAST : Atteindre le lieu sans pitié

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Perdre tout espoir pour arrêter de s’apitoyer

Ce passage est quand même énorme, je trouve ! On a là une superbe démonstration de ce qu’on appelle un plan de traque (1). Ce qui est frappant, c’est que ce n’est qu’au moment où Castaneda perd tout espoir que son point son déplace et qu’enfin il atteint le lieu sans pitié.

Contrairement aux idées reçues, l’espoir ne fait pas vivre.

L’espoir permet simplement de s’apitoyer, de regarder sa vie, la situation dans laquelle on est, et de fantasmer à une vie meilleure, à un homme providentiel, à quelque chose d’extérieur qui, enfin va nous rendre heureux, nous qui sommes tellement à plaindre !

L’espoir projette en avant et fait sortir du moment présent. Et surtout, la notion même d’espoir maintient une vision du monde basée sur une dualité bien/mal, juste/faux, bon/méchant. Elle nous fait croire à l’existence de l’injustice et des jours meilleurs. Mais le jour n’est bon que parce qu’on a accepté ce qu’il offrait. Sinon, tous les gens riches seraient heureux, tous les gens en couple aussi, etc…

Regardez autour de vous. Vous croyez que c’est le cas ? Bien sur que non. L’espérance est une superbe illusion qui justifie notre apitoiement sur notre malheureuse et pitoyable existence à un moment précis en comparaison d’un moment idéalisé, fantasmé. C’est sanglant, injuste, dur à vivre ou entendre ?

Mais rappelez vous on parle aujourd’hui d’IMPLACABILITE, on va quand même pas s’apitoyer sur nos faux problèmes, si ?

Promis un jour on prendra le temps de vous faire un bel article sur ESPOIR / REGRET comment ces deux notions font de nous des esclaves.

Espérer n’est jamais une solution

Rappelez vous cette excellente phrase de l’excellent film Deepwater : ESPÉRER N’EST JAMAIS UNE SOLUTION.

C’est au moment où on perd tout espoir que quelque chose change vraiment. Enfin nos profondeurs s’expriment et déplace notre point d’assemblage jusqu’au lieu sans pitié. Enfin on arrête de s’apitoyer sur nous même et les autres.

Ce changement est soudain et radical, car le déplacement du point d’assemblage (2) implique un changement total de perception du monde, de nous, et la définition qu’on a de soi s’écroule comme un château de cartes.

Jusqu’à ce que le point d’assemblage revienne à sa position d’origine. Ben oui, ça se perd pas comme ça, les vieilles habitudes !

L’Implacabilité nous fait-elle perdre notre humanité ?

J’ai eu, il y a peu, un commentaire sur le premier podcast consacré à l’implacabilité, où on me demandait, justement, si l’implacabilité ne faisait pas perdre l’humanité ? Tout dépend de quelle humanité on parle, je dirais. Il faut être clair sur les termes qu’on emploie.

Arrêter de s’apitoyer nous décale de l’alignement d’avec 99.9% de la population car 99.9% de la population mondiale s’apitoie joyeusement, moi y compris !

99.9% crie à l’injustice, espère une vie meilleure et adore pleurer sur son sort à travers ses malheurs et/ou le malheur des autres. C’est notre apitoiement également qui nous pousse à exterminer tout ce qui pourrait mettre en danger la définition qu’on a de nous, du monde, et perturber notre petit confort, qu’il soit matériel ou émotionnel.

D’ailleurs, on voie bien dans ce passage ce qui sous-tend les grands élans de pitié. Derrière son apparente compassion, Castaneda ne pense qu’à sa gueule ! Tout le ramène à SA situation affreuse ! Le voilà coincé avec un vieux sénile qui fait une attaque ! Pauvre de lui, que va-t-il faire ? Le mieux, ça serait quand même de l’abandonner ce vieux, de toute manière il est foutu, alors que lui… Et quand Castaneda se rend compte qu’il ne pense qu’à sa gueule, qu’est-ce qu’il fait ? Oh, ben il en profite pour culpabiliser un petit coup, ce qui lui permet de… s’apitoyer sur son sort ! Ben oui, il l’avait pas fait pendant 5min, au bout d’un moment, ça manque !

Sans blaguer, regardez ce qui ce cache derrière vos élans de pitié et de soi-disant compassion. Vous verrez que c’est juste sur vous que vous vous apitoyez. Soit en vous imaginant dans la situation, soit en trouvant le moyen de ramener ça directement à vous et votre petit confort.

Alors oui, dans ce sens, l’implacabilité nous fait perdre notre humanité. Mais perso, cette humanité-là, je la trouve assez puante. C’est cette “humanité” qui créé les camps de concentration, la peine de mort, les ratonnades, l’homophobie, l’eugénisme, la liste est longue, je vous laisse compléter.

Alors maintenant avez vous toujours autant envie d’être zumains ? Tenez-vous tant que ça à vous définir par votre apitoiement ?

Voilà, c’est terminé pour aujourd’hui, la suite (et elle sera succulente, je vous assure) dans 15 jours !

Charlie

Note et infos

  1. Petite précision sur la traque ça mange pas de pain. Don Juan, pour mettre en place ce plan de traque, se traque d’abord lui-même. On ne traque pas les autres. Par contre, en se traquant, on permet aux autres de se traquer aussi.
    C’est en déplaçant son propre point d’assemblage, en faisant preuve d’une absolue implacabilité, que Don Juan offre à Castaneda les conditions qui lui permettent d’atteindre le lieu sans pitié.
  2. Les neufs façons de déplacer son point d’assemblage selon TAISHA ABELAR

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Charlie

Pourfendeuse de prétentions et d'idées reçues la miss montre à qui peut le voir que profane et sacré ne sont jamais loin l'un de l'autre. Clown philosophe et sainte catin du WWW - Elle incarne le trouble du moine et il aime ça !
Atteindre le lieu sans pitié, Leçon d’implacabilité 2 – podcast
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