Le temps du Pèlerin, une notion de géographie & autres réflexions

Tic tac, tic tac, aujourd’hui je vais vous parler du temps dans la vie d’un Pèlerin. Le temps qui passe et nous ramène presque inlassablement dans les même situations jusqu’à ce qu’on comprenne, jusqu’à ce qu’on l’évite sans léviter. Le temps qu’il fait, celui qu’on se fait, le temps du mourons et du gris dans nos coeurs. En gros je vais digresser sans rien dégraisser sur la notion de temps. Chronos mon ami prend garde à toi car me voilà !

Blague à part je mets un bon morceau d’électro klezmer (MEZERG je vous recommande) et je laisse la transe scribouillarde s’emparer de moi. Aujourd’hui on va prendre le temps d’accepter le Temps, d’accepter la contrainte temporelle liée à notre incarnation dans ce continuum espace/temps, tout en essayant de trouver des outils pour nous affranchir du temps social, cette invention de l’humain moderne.

Alors oui du coup comme je suis un fil, une musique, un beat, ça risque d’être décousu et farfouilleux mais vous recollerez les morceaux, après tout, le principe ici n’est pas de vous livrer un truc tout fini, mais des bouts de pensée, des chemins et des pistes pour vous avancer sur Votre chemin. Comme quoi, on est encore dans de la localisation et de la géographie.

Le temps n’est qu’une notion géographique

Comme souvent en énergétique ou dans les voies spiritualistes, la géographie et la physique viennent nous rappeler que rien ne sert de monter dans les hautes sphères, il suffit de suivre ses pieds ! En gros revenons à du pragmatisme. Sur la notion de temps c’est facile, c’est la durée que vous allez mettre pour aller d’un point A à un point B. La notion de temps sans la notion d’espace à franchir n’a pas de sens.

Si votre espace fait 1 et que votre Être fait 1 vous ne vous posez même pas la question du temps à y rester ou à y aller puisque vous y êtes déjà et vous ne pouvez n’y aller ni venir ailleurs que dans cet espace puisqu’il est total, entier et unique. En gros pour votre dieu, l’Aigle, le grand esprit, wakan-takan ou ma défunte grand-mère que j’adorais, le temps ils en ont une vision clairement différente de la notre.

La seule chose qui fait que nous nous préoccupons du temps vient du fait que si nous acceptons l’existence d’un Espace/Vie matérialisé cohérent de taille 1, nous, notre être accessible, notre conscience et notre énergie, est loin, très loin, de faire 1. Disons 1/12milliardième pour être généreux (et encore là on parle que des vibrations accessibles à la conscience et pas de la partie structurante de l’Ensemble).

En gros soit vous vous considérez comme des dieux et vous êtes une entité de taille 1 dans 12 milliards d’espace 1 à exploré. Soit, version un peu plus humble, vous êtes 1/12milliardième de cet espace 1 Dans tous les cas il va falloir …. marcher !

Appliquer à la voie ou à la quête du Pèlerin ça veut dire que les états de conscience, l’évolution, sont des positions spécifiques de votre conscience, ou mieux si vous avez le concept, des endroits géographiquement différents pour la localisation de votre point d’assemblage.

La piste de temps et le déplacement du point d’assemblage

En résumé pour aller de la position A de votre point d’assemblage à la position Z de ce même point d’assemblage et bien il y a une distance GEOGRAPHIQUE, ce sont deux lieux bien différents et le chemin de A vers Z et inversement, va demander … DU TEMPS ! (et aussi du « carburant »)

On va dire que la position A du point d’assemblage c’est le moment de la prise de conscience qu’il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark. La position Z étant l’espace géographique et énergétique où votre point d’assemblage atteint la zone de « libération » du sentiment de merdoyage. Les positions B, C, D, E …etc étant des jalons au milieu.

Vous remarquerez au passage que contrairement à l’enfant ou l’adulte illettré, nous oublions très souvent la lettre précédente (les étapes antérieures) et croyons aussi souvent qu’on en est à X ou Y alors que si on est sur du Q ou à P c’est déjà énorme.

Mais vous aurez aussi remarqué que comme tout primo apprenant, le chemin de l’apprentissage (y compris de l’apprentissage de l’enseignement) n’est pas linéaire ! Et c’est justement souvent à ce niveau que l’orgueil, plus que le bas, blesse et coince.

Quand vous vivez une expérience et un état de conscience différent que celui qu’on vous a inculqué vous avez un micro déplacement de votre point d’assemblage. Ce micro déplacement vous fait oublier les expériences, apprentissages et l’assemblage de la perception du monde où on vous a appris qu’était la norme.

L’astuce est de conserver tout ou partie de votre conscience quand votre point d’assemblage se déplace et change de position pour vous rappeler les expériences passées / futures. Le passé comme le futur n’étant que des temps présent qui sont localisés à d’autres emplacements que celui habituel.

Exemple de déplacement et de fixation du point d’assemblage sur la piste de temps

Pour reprendre l’exemple de l’aleph-beth, on vous a inculqué que vous deviez vivre et interagir autour de la lettre E. Vous prenez un psychotrope, vous vivez une expérience intense: Deuil, accident, joie intense, peur intense, ou bizarrerie énergétique; votre point d’assemblage se déloge de la lettre E est arrive à la lettre K assemblant un autre vous-même, une autre manière de percevoir le monde autour de vous et votre manière de réagir.

Votre normalité a changé, vous avez changé, votre point d’assemblage amalgame d’autres filaments lumineux. Très souvent le jeune padawan veut rester sur cette nouvelle position qu’il juge « mieux », plus convenable, plus honorable. Se faisant, il essaie de fixer son énergie dans un moment de sa vie.

Par exemple, on est le 11 Novembre 2022 et vous venez d’apprendre que vous étiez gravement malade, vous choisissez de vous faire opérer.

Vous vous confronterez sans doute à la peur de l’opération, au sentiment d’injustice et à d’autres émotions. Pour gérer ces émotions et l’avenir vous avez besoin de toute votre énergie, de toute votre attention.

A ce moment là, comme par enchantement, un « vieux poux », un « parasite », « une ombre sur le chemin » (cf le voyage à Ixtlan) de votre vie d’avant cette information, ce déplacement du point d’assemblage, surgit. Comme tout fantôme qui se respecte, il vous demande de l’attention (de l’énergie). Méfiez vous, certains sont très fourbes et vous demandent de l’énergie en vous faisant croire qu’ils s’occupent de vous.

Mais voilà, suite à ce déplacement du point d’assemblage (suite à l’information choc) vous n’avez pas le temps ni la capacité de le gérer ou de lui filer les miettes énergétiques que votre JE social à l’habitude de lui donner. Le gentil vous disparait et vous, vous commencez à lui hurler dessus et à le virer, non pas par méchanceté gratuite, mais pour préserver votre énergie qui va vous être indispensable pour gérer « l’affrontement » à venir.

Réaction 1 : « Oh mon dieu je suis mauvais.e, je dois aller m’excuser …. blablabla… » Au final, vous revenez à votre ancienne position, celle qui a contribué à vous mettre dans cette situation de crise. Soyons honnête c’est 99 fois sur 100 cette réaction qui gagne.

Réaction 2, celle du Pèlerin, « putain c’est cool ça, plus besoin de faire des courbettes et de faire des bisous à « tata monique qui pique même quand on la nique ». Et là le drame intervient, vous voulez rester comme ça ! (et oui les je veux…)

Mais voilà, l’opération se passe, la pression de la mort s’atténue, la force roulante arrête de s’écraser sur le point médian de votre corps. Les routines ordinaires reviennent et surtout votre point d’assemblage commence à se déloger de la lettre K et glisse vers une autre position, peut-être la lettre E à nouveau, peut-être une autre.

Rappelez-vous ce n’est pas le Sorcier / Pèlerin qui décide de là où le point d’assemblage va se positionner.

Mais voilà, votre JE veut continuer à assembler, voir & percevoir le monde comme à l’emplacement de la lettre K. Alors vous rigidifiez, vous cristallisez de l’énergie dans ce but. Le hic c’est que du coup, vous figez votre conscience à un point précis de votre ligne de temps, de votre chemin de vie. Le moment de la lettre K, le 11 novembre 2022 et ses environs.

Du coup, vous perdez de l’énergie, vous sortez de l’harmonie, vous arrêtez votre énergie et votre conscience sur le chemin de votre Aleph-Beth (alpha-bet en hébreu). Que serez vous le 12 Juillet 2045 ? Vous ne le saurez jamais puisque votre conscience est restée bloquée au K du 11 novembre 2022.

Ne vous trompez pas, votre corps, votre mental, votre JE va continuer à avancer, plus difficilement mais il va continuer d’avancer. Par contre, une partie de votre Double et de votre énergie vont être figés dans un espace temps perdu.

Vous comprenez peut être mieux l’intérêt de la récapitulation. En gros aller récupérer ce que vous avez figé, revenir CONCRETEMENT dans les sensations de ce 11 novembre 2022, dans l’état vibratoire de la lettre K et de ramener les bouts perdus à votre conscience du 12 juillet 2045.

Le temps se place donc sur un chemin, celui où, comme Hansel et Gretel, vous égrenez des bouts de votre énergie, pour retrouver le chemin. Un chemin temporel, un lieu géographique de la carte de vos souvenir.

ASTUCE : laissez votre point d’assemblage se déplacer mais par contre gardez à la conscience comment et quel monde vous avez assemblé. Ce monde, cette position du point d’assemblage; a été assemblé sous la contrainte, sous l’impulsion de la mort imminente ou d’un choc émotionnel.

Maintenant à vous, via la discipline, les routines du Guerrier, votre volonté inflexible et votre impeccabilité de retrouver cette position spécifique. A vous, via les mêmes méthodes de creuser, affirmer, jalonner ce chemin reliant votre incarnation de Juillet 2045 et l’incarnation de Novembre 2022 pour pouvoir retrouver SI BESOIN la position du monde de la lettre K

Accepter le temps nécessaire au chemin

Quand au chapitre précédent je dis « vous aurez aussi remarqué que comme tout primo apprenant le chemin de l’apprentissage n’est pas linéaire » n’est que partiellement juste. De ce que j’observe, vous l’avez en effet tous remarqué à travers vos expériences personnelles, mais vous l’avez aussi quasiment tous oublié, ou alors vous avez oublié d’en tenir compte quand vous jugez une tache importante voir sacrée.

Et s’il y a bien un truc qui l’est pas, sacré, c’est cette foutue de voie de mes glaouis.

Le premier piège magnifique dans lequel est mis tout individu dressé et éduqué dans un système compétitif : il faut réussir ! Pour les plus dociles on va même dire « il faut réussir coûte que coûte ».

Le second piège est le dressage et l’éducation dans la croyance d’une linéarité. D’ailleurs on se persuade via notre éducation/dressage que le temps est linéaire.

Pourtant, on a tous fait l’expérience de ces soirées magiques où le temps défile à perdre haleine et où l’apéro s’entre choque avec le dijo (digestif) avant d’embrasser le café de 6h du matin. Le temps a accéléré genre TGV sous amphétamine. On a aussi tous fait l’expérience de cet être aimé hospitalisé, absent ou simplement en train de se faire culbuter par un autre et qui a oublié d’envoyer un texto. Le temps alors passe très très lentement.

La notion de temps, notre perception, n’est donc pas du tout linéaire. Le temps est courbe n’en déplaise à nos toquantes et aux messieurs de la norme et du temps passé à rabâcher.

Le temps, sa valeur, sa consistance fluctue en fonction de votre véhicule. Pour aller de Marseille à Saint Jean de Luz il me faut 7 heures en fourgon mais en vrai 24 parce que je m’arrête chez Giraud à Narbonne me délecter d’un plat fabuleux. Le temps est courbe je vous assure. Pour le même trajet fait en avion il me faut 2h10min + 2 heures à Marignane + 2 heures à Biarritz + 40 min pour aller à Donibane soit 6h40min minimum. En train, pour le même trajet, c’est 12 heures à la louche.

Pourquoi je vous dis ça ? Le rapport avec la voie ?

Ben même si toi et moi on part en même temps et du même endroit – la crasse abjecte dans laquelle on a été élevé/cultivé – et qu’on veut déplacer notre point d’assemblage, conscience, Êtreeeeee dans le lieu de la connaissance silencieuse voir de la tierce attention, en fonction de notre véhicule, de la route, du chemin et des options prises, on mettra un temps différent !

Pas la peine de pleurer, de vous rouler par terre ou de redoubler d’effort, votre compétence, votre volonté, votre détermination ou votre patrimoine génétique n’a presque aucune influence là-dessus. C’est une partie très emmerdante pour notre cerveau et notre volonté de contrôler, mais nous avons tous un tempo et une octave. On peut vouloir jouer plus vite ou changer de hauteur, ça peut passer un certain temps, mais à la fin l’inévitable se produit : le couac !

Et sur la voie, ça s’appelle un gourou, un adepte, un enseignant, un disciplus simplex éternel et nous sommes très nombreux dans ce cas de figure. Nous sommes allés au bout de nous-même et nous finissons par servir et faire ce qui doit être. La suite sera une récompense donnée mais sûrement pas une victoire de notre part.

Accepter le temps nécessaire pour nos splendides échecs

Est ce un souci ? Pas vraiment ! Et si l’essentiel n’était pas d’arriver à Donibane, même si quand même c’est plus sympa, mais que l’état dans lequel on arrive et les moyens pour y arriver avaient eux aussi une importance ?

Et si d’ailleurs l’important n’était pas tellement le temps mis à arriver à destination mais la manière d’y arriver ? Et si le chemin, les process, les convolutions et les détours pris étaient les vrais créateurs du chemin et engendraient eux-même le point d’arrivée ?

Et si Donibane, la tierce Attention, la Liberté n’étaient qu’une chimère, un phare dans la nuit, un mirage qu’il nous faut construire pas après pas en nous égarant, en bataillant, en luttant et en arpentant ?

Et si cette Liberté qu’on massacre et qu’on envie, qu’on atrophie et qu’on chérit n’était que la carotte pour nous faire avancer vers ce qu’était peut être un jour le futur de l’humanité ?

Aimez le temps qui vous fait

Hâtez-vous lentement ; et, sans perdre courage, / Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage

L’art Poétique – Nicolas Boileau – XVIIéme siècle

Si je pouvais résumer cette première partie, je vous dirais de prendre le temps, de profiter de vos pleurs, de vos rires, de vos colères, de sentir physiquement ce qui change en vous. Plutôt que de vouloir arriver quelque part, vivez, ressentez où vous êtes, ça vous évitera de longues heures de récapitulation.

Car c’est ça le secret du temps, il ne sert qu’à une chose, vous perdre. Vous le hâtez et votre énergie vous coule entre les doigts. Vous voulez le maîtriser, le freiner, le contrôler et il vous embarque comme une paire de ski au moment d’une avalanche. Le Temps est une vieille anglaise précieuse, il se déguste à 5 heures avec des miniardises et un verre de rhum et le reste du temps on l’oublie, comme votre reflet dans un miroir que vous devriez couvrir pour mieux vous oublier.

Alors chers « jeunes » pèlerins de l’infini, n’oubliez pas de vous hâter lentement. N’ayez pas peur de la pluie qui tombe, au pire vous mourez d’une pneumonie, mais au final, il faut bien mourir de quelque chose, sinon vous allez obliger un autre humain à faire le travail pour vous !

Pas après pas, en regardant à un mètre devant vous et en humant l’infini, continuez d’avancer.

Comme dans une marche de pouvoir permanente, essayez de sentir le chemin temporel qui se déroule au loin, de voir les gravillons énergétiques qui vont tordre vos chevilles au prochain pas et les autoroutes de la perception qui grandissent en vous après chaque nouvelle enjambée.

Temps & pouvoir, les ombres nous guettent

Peut-être est-ce une soif avide d’un pouvoir immense et décadent, peut-être est-ce la conscience et la peur de notre fatuité qui pousse tous les jeunes pèlerins à vouloir aller plus vite que la musique ? Vous savez, ce soupir de découragement que nous avons tous poussé quand pour la énième fois nous avons remis le métier sur l’ouvrage. Quand pour la énième fois nous avons succombé à notre paresse, à notre complaisance, à une colère, une peur ou une avidité discordante et impromptue.

Et si cette croyance que la maîtrise du temps n’était qu’un leurre ? Un piège pour nous détourner et orienter notre énergie vers des estomacs qui en raffolent ?

Maitriser le temps, l’illusion d’avoir du pouvoir sur la matière

Le temps, c’est de l’argent, le temps en 2022, c’est le bien le plus précieux. On court, surtout vous, tous après pour aussitôt qu’on en a, le bourrer encore plus qu’une libertine dans une soirée « abattage ». Immatérialisation standardisée, relevé sur notre montre iphoné, on veut le temps universel, omnipotent et omniscient mais il n’est et reste qu’une variable géographique.

Le TEMPS c’est la distance qui sépare la mandorle utérine de notre génitrice de la mandorle d’ébène, la funeste bibine que les prêcheurs mettront, avec force bondieuserie et lacrimations superfétatoires, dans un trou de cette Terre qu’ils méprisent de leur avidité. On croit que gagner sur le temps nous libèrera de la matière alors qu’au final le temps n’en est que l’enfant, le rejeton trublion qui nous rappelle ce foutraque de Lacan :

le réel c’est quand on se cogne

Lacan

Le temps n’a de sens que dans l’espace, le temps n’existe que via et pour la matière. Hors de cette matière le Temps n’est pas notre, le tic tac de la montre s’affaisse et résonne pâlement dans le vide absolu du territoire des ombres. Les ombres ont le temps car elles n’ont que très peu de matière. Croyons-nous vraiment nous affranchir du temps en écrasant ou en niant la matière ?

C’est beau de rêver, mais comme Charles Dexter Ward nous finirons sans doute dans le cauchemar des anciens …

Suivant le fil de mes mots j’ai d’ailleurs en tête la fameuse phrase de Lovecraft à propos de Cthulhu et des grands anciens :

N’est pas mort ce qui à jamais dort, et dans les ères peut mourir même la Mort

Necronomicon – Abdul al-Hazred

Chaque fois que je lis ou pense à ces mots lugubres psalmodiés à l’orée de sombres forêts aux arbres méphitiques, ou dans les bauges saumâtres des plus gluantes cavernes de la sombre Innsmouth, je me retrouve à associer les grands anciens et la conscience inorganique – ouais j’aime lovecraftiser mes propos.

Ces ombres qui nous murmurent ne sont ni bonnes ni méchantes, mais, comme nous, elles ont leurs envies, destins et leurs propres phares. Ces forces impalpables à nos yeux et à notre conscience, bien que loin de nos turpitudes et de notre réalité incarnée, n’en demeurent pas moins présentes et intéressées. Elles nous poussent, nous harcèlent et nous marionnettisent comme à l’aube de notre suffisance. Ce moment où l’humain cru en la promesse d’un pouvoir qui ne lui a jamais appartenu mais qui l’a systématiquement corrompu.

La soif de permanence la toxicomanie des anciens dieux

C’est cette volonté des trans-humanistes de « dormir » en attendant que la mort s’étiole. Les grands anciens, les ombres derrière le seuil, les défieurs de la mort et autres taoistes dégénérés ont tous en commun leur dépendance à la matière.

Les grands anciens et leurs voyants puisaient, vampirisaient les vivants, les défieurs de la morts, malgré leur astuce fabuleuse de s’étirer comme des fils pour diminuer l’impact de la force roulante, ont eu besoin de troquer leur savoir contre l’énergie des générations de nagual. Idem les taoïstes fous en quête du corps d’ambre ont besoin de la vénération et de la ferveur de leurs milliers de disciples pour qu’un, au mieux, se dégage de l’emprise du temps.

Mais ce n’est pas de la temporalité ni de la matière dont les anciens voyants, les dieux très profonds et les taôistes se sont débarrassés, au contraire, leur deal, leur tour de main n’ont fait que les harnacher encore plus au Tonal le plus bas.

Derrière leur pseudo permanence, ils ont sacrifié ce qui les rendait vivants. Ils ont sacrifié leur conscience, leur amour et le sacrifice nécessaire de leur corps pour demeurer dans une fausse éternité, une zone morte où seule la brume peut exister. C’est ça le territoire des ombres.

La recherche d’un pouvoir absolu les a amené à être totalement dépendants de la matière. Sans vie, ils meurent, sans vie, sans cet additif magnifique, ils se fondent dans la nuit. Alors oui, ils ne disparaissent pas, mais que font-ils ? Qui sont-ils, que vivent-ils ? L’éternité a un prix, la non existence, la non vie, le non amour. Si vous aimez ça, le chemin vous est grand ouvert, vous devrez juste tout écraser sous le talon de votre volonté

Un guerrier n’a ni famille ni honneur ni patrie n’implique pas qu’il doit tout écraser, dominer pour rester ici, enkysté, englué, emprisonné. D’ailleurs, qui du maître ou du chien promène la laisse ? Alors qui gagne, qui perd ? Les grincheux, la conscience non organique, vous, ou peut-être encore autre chose ?

Liens & compléments d’infos sur la notion de Temps

  • La création du temps, une aventure extraordinaire de notre auto-contemplation
  • Le défieur de la mort. Extrait d’un stage de Tenségrité ou Castaneda évoque le Temps, la mort et bien sur le locataire, le défieur de la mort

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La publication a un commentaire

  1. Arnau

    Comme disait un gars, ce n’est pas la longueur de ma vie qui m’intéresse, mais sa largeur !
    Un autre a titré son bouquin « la Roue du Temps » !
    Le Zen consisterait à réduire le temps entre l’intention et l’action.
    Après avoir lu le concept d’assemblage que réalise la conscience pour percevoir, il y a 21 ans et qq vies en arrière, je n’ai jamais vécu aussi consciemment la fixité de mon point d’assemblage, l’effort et moultes tribulations qu’il faut pour le déloger, l’énergie qui se libère, et ce que signifie maintenant pour moi assembler un autre monde.
    Le rapport avec le temps me direz-vous ? J’ai senti comment parcourir une ligne du temps pouvait mener à terme à une fixité de plus en plus rigide de mon pt d’assemblage, avec cette sensation que le « temps » se ferme devant moi, que je m’englue sur cette ligne, qu’il n’y a plus « d’à-venir » à la parcourir. Comme si les couloirs du temps s’étaient fermés devant moi ; comme si tout était devenu trop réel. Puis ce sentiment d’urgence, d’être pris dans la toile, que je m’assoupis doucement… Ce que coûte de s’arracher à la toile, pourquoi pas perdre ses ailes, l’énergie qui petit à petit réafflue, trancher, se rendre compte que la toile n’existait pas… Retournement ! et un autre monde s’assemble.
    Tout à coup, les couloirs se réouvrent, le temps se redilate, l’intensité revient, ce qui était rigide devient fluide et les années réapparaissent devant soi. D’autres lignes apparaissent. Pourtant seul le pt d’assemblage s’est déplacé !

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