Les règles, un passage des sorcières vers leur vide central

Un article écrit à 6 mains autour des règles, des menstrues. Un article qui ne parlera que très peu de biologie mais plutôt de notre ressenti en tant que femelles guerrières, en tant que Pèlerins de l’Inconnu. Nous sommes trois femmes d’âge différent, 3 entités avec des vies, des expériences différentes sur nos corps, notre sexualité et nos règles.

Toutes les trois, nous avons plongé dans notre matrice pour essayer de répondre à une question simple : Quels sont les impacts des règles dans nos vies de femmes / guerrières et ces règles se résument-elles à la dégradation mensuelle d’une membrane due à une interaction hormonale ? Ou sont-elles plus que ça ?

Les règles sont une période particulière pour les femmes, une porte qui se présente chaque mois. Mais une porte vers où ? Les règles nous emmènent-elles vers des contrées inconnues, à la découverte de nouvelles sensations, de nouveaux mondes ? Ou nous ramènent-elles au contraire à une position bien connue, celle de notre dressage, la base de notre conditionnement ?

Et si la destination dépendait de nous ? Une porte va dans un sens ou dans l’autre. A nous de choisir dans quel sens nous allons la prendre, cette porte. Oserons-nous découvrir ce que l’on ne connaît pas ? Ou nous en servirons-nous, au contraire, pour nous ramener à un connu rassurant, pas forcément agréable ? Mais le connu, ça rassure, c’est bien connu !

Nous n’aborderons pas les implications sociales, vous êtes sur un site parlant de la spiritualité pas sur un site de science sociale, même si c’est très intéressant. Pour la même raison on ne vous parlera pas non plus de la marchandisation des règles et de la femme en général, c’est certes honteux et presque risible mais encore une fois on est pas sur un blog de sciences économiques ou de marketing. Mais vous pouvez vous renseigner c’est , là aussi, très rigolo à quel point on nous prend et on se laisse prendre pour des poires très mures.

On ne vous dira pas non plus que les règles, le cycle hormonal c’est merveilleux et on ne vous dira pas non plus que c’est une injustice biologique, le bien et le mal dans les règles comme ailleurs dans la vie n’étant qu’un point de vue de l’observateur lié à une époque, une culture et un cadre socio-professionnel.

Les règles, une porte, un renouvellement, un départ à zéro

Autrice : Charlie (42ans)

Les règles arrivent à la puberté dans la vie d’une femme, elles marquent le moment où l’on devient femme, ou plus exactement le moment où l’on devient fertile. La femme se définit-elle par sa capacité à procréer ? Perso je dirais que non, vu que je me sens femme, sans avoir jamais procréé ni sans jamais en avoir eu l’envie.

Au moment des règles, il se passe quoi exactement ? Comme souvent on revient au concret avant de partir dans la métaphysique.

Alors, si je dis pas de conneries, et si j’en dis, j’attends avec impatience vos retours qui me permettront de mettre à jour mes connaissances, donc si je dis pas de conneries, au moment des règles, l’ovule non fécondé ainsi que la muqueuse utérine sont évacués de l’utérus.

En gros, tous les mois, on « pond » un ovule qui va se loger dans l’utérus. Là, branle bas de combat, le corps installe un nid douillet pour l’ovule qui va éventuellement se faire féconder. Donc hop hop hop, on fabrique une muqueuse utérine bien moelleuse pour le futur œuf fécondé. Si l’ovule est fécondé, ben on couve pendant neuf mois. Mais si l’ovule n’est pas fécondé, la muqueuse utérine bien moelleuse qu’on a fabriqué, appelée aussi endomètre, ainsi que l’ovule et deux trois autres bricoles sont évacuées, c’est les règles. On saigne pendant environ 5 jours, éliminant ainsi tout ce qui n’a pas servi.

Captons bien ce que ça signifie. Ça veut dire que tous les mois, on a la possibilité de repartir à zéro. On a la capacité de créer autre chose, tous les mois. Et au moment des règles, c’est le grand ménage, on peut évacuer, en plus de notre endomètre et de notre ovule, tout ce qui ne nous sert plus. Chaque mois, on a l’occasion de faire le tri à l’intérieur de nous, on peut sortir les poubelles et repartir à zéro.

Les règles sont comme une cinquième saison, une occasion de revenir au centre, de récapituler tout ce qui s’est passé pendant le mois, et d’évacuer tout ce qui ne nous sert plus. En gros, on devrait être hyper légères, allégées de notre histoire personnelle à un point rarement atteint par les hommes, vu cette incroyable faculté que nous avons de pouvoir, tous les mois, faire le ménage en nous.

Retour au point zéro plutôt que renouveau

Alors je ne sais pas pour les autres femmes, mais pour moi je ne peux pas dire que le moment des règles soit une période de grande libération et de renouveau. Ça change, mais jusqu’à maintenant, au contraire, c’était une période d’alourdissement, un retour en arrière à de vieux comportements collants et pas forcément agréables. Comme si, au lieu de repartir à zéro, je repartais de zéro, je revenais au point de départ, au point de fixation si connu de mon point d’assemblage.

Et le point zéro, c’est pas folichon folichon. Le point zéro, à coups d’injonctions tacites, de non-dits, de « fais pas ci », « dis pas ça », c’est une belle éducation du non exprimé, jusqu’à ne même plus savoir ce qu’on ressent. C’est un conditionnement à subir. Serre les dents, ravale ta rage, ta joie, ravale tout ce qui dépasse et résigne-toi, ma fille. Sympa, non ?

Hélas je crois que je ne suis pas la seule. Les traditions autour des règles sont quand même assez bizarres. Elles véhiculent tout un tas de notions tellement sympathiques comme l’impureté, le sale, la douleur, etc…

En France comme en Grèce et je ne sais plus où, il y a une tradition qui veut que quand une fille a ses règles pour la 1ere fois, sa mère lui fout une baffe. Bienvenue chez les femmes, ma fille ! Alors l’explication, c’est que c’est pour conjurer le mauvais sort, et c’est sensé être la dernière baffe car la jeune fille devient femme. M’enfin, ça place une ambiance !

On associe aux règles tout un tas de croyances qui renforcent le côté « malédiction » des règles. Une femme réglée fait tourner le vin, ne peut pas faire de mayonnaise car ça ne prend pas, idem pour les œufs en neige, etc, etc..

Sans compter la honte, le sentiment d’impureté et d’être sale. Combien de filles ont eu « mega honte » car elles avaient taché leurs vêtements pendant leurs règles ? En quoi c’est honteux ? Si on tache un vêtement parce qu’on s’est coupé le doigt, ça passe crème, mais quand c’est dû aux règles c’est sale ?

Le conditionnement de base d’une femme bien comme il faut, avec sa dose d’impureté, son lot de douleurs (tu enfanteras dans la douleur, et t’auras mal aussi quand t’as tes règles au passage), et son apprentissage du ravalage d’émotions, quelles qu’elles soient, sous peine de passer pour une hystérique.

D’ailleurs, combien de fois entendons-nous quand on a nos règles : « ouhla, t’es de mauvaise humeur, t’as tes règles, non ? »

Ça semble rien du tout cette petite injonction mais quand c’est répété des dizaines de fois et qu’en plus c’est associé à d’autres facteurs et bien, comme pour les perturbateurs endocriniens et les polluants, ça fait un super effet cocktail qu’on appelle à tort « femme » et qui est tout sauf un être libre qui a la capacité de Créer avec un grand C et pas qu’un grand E comme « enculé de mouflet »

La porte des règles, une période parfaite pour se recentrer

Si on revient à la base de ce que sont les règles, une période de recentrage et de tri de tout ce qui s’est écoulé dans le mois, dans ce tri, y a toutes les émotions. Je crois que beaucoup de femmes apprennent à taire leur émotionnel, quel qu’il soit. Car une femme qui exprime son émotionnel, c’est une hystérique. Rendez-vous compte quand même qu’à une époque, des jeunes femmes tombaient en catatonie à force de ne rien dire.

Je fais partie des femmes qui ont eu des douleurs de règles vraiment carabinées, des douleurs à tomber dans les pommes, se tordre en deux sans plus pouvoir bouger ou encore vomir de douleur. Mais les douleurs que j’avais, car je n’ai plus mal maintenant, étaient à la hauteur de tout ce que je taisais.

J’étais une gentille fille, obéissante, qui ravalait toute sa rage, toute sa colère. Mais au moment des règles, au moment du grand ménage du mois, tout cet émotionnel ressortait. Mais comme ma bouche restait close, c’est dans mon corps, dans mon ventre, que mon cri résonnait à l’infini.

Aujourd’hui j’ouvre beaucoup plus ma gueule et ô miracle, j’ai infiniment moins mal. Alors je ne suis pas un médecin donc je ne voudrais pas tirer de conclusion pouvant remettre en cause le dogme scientifique mais le hasard fait bien les choses je trouve.

Surtout que, mystère de la biologie, si pendant un mois j’ai des contrariétés et que je garde bouche close et bien, paf ! les revoilà ces vieilles douleurs. Alors y aurait-il un lien de cause à effet ou est-ce encore une invention de « bonnes femmes » ?

La période des règles et le mouvement du point d’assemblage

Je captais il y a peu qu’à chaque fois que j’avais mes règles, je me retrouvais dans un état flottant assez désagréable, un état fait de plainte, de laisser-aller et de détestation de moi. Et une fois mes règles finies, il me fallait cravacher pendant une bonne semaine pour retrouver figure humaine, pour sortir mon point d’assemblage de cette position.

En me calant sur cette position, je me suis souvenue que cet état d’apitoiement et de laisser-aller flottant correspondait assez bien à un état que j’avais adolescente/ jeune adulte. Quand on ne dit pas ce qui nous traverse, une des solutions possible, c’est d’adopter un état lymphatique et faussement détendu. C’est exactement cet état que je retrouvais à chaque fois que j’avais mes règles.

Chaque mois, je revenais au point de départ, je revenais au moment où j’ai commencé à taire mes émotions, à subir. Et chaque mois je subissais mes règles, et le déplacement du point d’assemblage. Chaque mois, malgré toute l’énergie gagnée, je revenais à ce putain de point de départ de mon conditionnement.

Une des bases de mon conditionnement, ça a été d’une part de taire tout ce qui me traversait, d’autre part de subir. J’ai été élevée dans la bourgeoisie moyenne de province et comme 100% des femmes, malgré les paroles et des actions en apparence émancipées j’ai appris à subir, à me taire et à suivre.

Mon corps et mes règles aussi bien sur, mais du coup tout ce qui m’arrivait dans la vie. Une belle position de victime,et même si je suis du genre râleuse et revêche, ça ne m’empêche pas d’être victime et du coup, si on est victime, on fait quoi ? Ben on s’apitoie car la vie est tellement « tinjuste », la vie est tellement dure avec nous. Bouhouhouhou.

C’est en captant qu’à chacune de mes règles d’adulte il y avait ce retour systématique au point de départ et à l’état d’apitoiement total qui accompagnait mes premières règles d’adolescente que j’ai pris conscience que les règles étaient un moment de retour au centre et de remise à zéro.

Maintenant je me pose la question si au lieu de revenir au point de départ, il ne me serait pas possible d’utiliser l’énergie de mes règles pour prendre chaque mois un nouveau départ ? Si chaque mois, au lieu de me réaligner sur une ancienne position de mon point d’assemblage, j’utilisais l’énergie de mes règles pour me centrer et m’aligner sur mon énergie, là, maintenant, à l’instant T ?

Un peu comme le travail nécessaire pendant ce que les chinois en MTC nomment la cinquième saison. Une étape pour revenir au neutre, au centre de Soi et faire le tri. Récapituler. Récupérer l’énergie laissée sur la piste de temps, et abandonner tout ce qui n’est pas nécessaire et m’encombre ?

J’ai déjà un peu mis ça en place et les premiers résultats sont assez sympa : je ne me subis plus, je ne subis plus la vie, ou du moins beaucoup moins. Plutôt que pleurer sur mon sort, suivre bêtement ou lutter contre (apitoiement actif) j’accompagne et surtout je peux me laisser embarquer par moi-même, par l’énergie que redéploie mes règles lors de ce retour au centre, pour découvrir d’autres positions du point d’assemblage, peut-être d’anciennes positions, des nouvelles, peut importe. Ça sera juste celles que mon énergie, qui n’est pas moi, a besoin de vivre.

Pour moi la périodes des règles est donc devenue une occasion fabuleuse de, chaque mois, prendre un nouveau départ, au lieu de revenir au point de départ. C’est les mêmes mots, mais l’ordre, et donc l’intention, change complètement.

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Image par Myriam Zilles

flux des règles, pulsion sexuelle, le vide est (en) nous

Autrice : Jane (48ans)

Pour appuyer ce que dit Charlie sur les règles et l’émotionnel, mais qui ne coule pas forcément de source, je vais revenir au point de départ : le sang, c’est liquide. Si c’est liquide, c’est qu’il y a une grande proportion d’eau dedans (ouais, je sais, je suis un génie). D’où un rapprochement entre l’émotionnel lié à l’élément Eau et la perte de liquide une fois par mois.

L’élément Eau-Ouest-Métal en quelques mots : 

    le chakra de la gorge,

    l’expression, l’échange entre intérieur et extérieur

    l’Automne

    la porte du 1er novembre, Samaïn

Mais il manque un bout, le sang c’est rouge. Pour nous, le Rouge renvoie à la Terre dans la tradition chamanique. Comme le dit Charlie dans son explication sur le mécanisme des menstrues, chaque mois, on construit un nid  qui, s’il ne sert pas à réceptionner un spermatozoïde, est éliminé par le corps, d’où le sang. Le nid, le berceau me font vraiment penser à l’Écarlate.

L’élément Terre-Sud-Feu en quelques mots :

    chakra racine

    l’immensité du bas, l’incarnation, la matérialisation

    l’Été

    la porte du 1er mai, Beltaïne

La rencontre entre l’Ouest et le Sud, ça donne les règles, ça donne un truc qui effraie et qui pue, ça donne une porte entre la Vie et la Mort, une zone où le contrôle se dissout.

Bon, en disant ça, je me rends compte qu’on, le génie humain, a réussi à contrecarrer la nature de dissolution du contrôle inhérente aux règles et notre fameux génie humain a réussi à avoir du contrôle même sur ça ! Comment ? Ben on a créé la pilule ! Et dans le genre régulation et flicage hormonal on fait difficilement mieux ! (surtout n’allez pas croire que je sois contre la pilule, je constate c’est tout)

HEUREUSEMENT pour la Vie en nous et malheureusement pour notre ardent désir de tout contrôler, la porte qui s’ouvre au moment des règles, on ne peut pas l’enlever, elle est là malgré tout, qu’on en ait conscience ou non, qu’on le veuille ou non. Juste on réussit à gripper la porte, du coup pour accéder au Vide il faudra mettre des grands coups d’épaule ou utiliser un pied de biche …

Le sang, le sexe, les cycles lunaires, ça fait très sorcière tout ça… Bon, on peut plus les brûler mais on a trouvé mieux, on a réussi à transformer ce lien VIE-MORT cette porte portable et individuelle avec EROS et THANATOS par quelque chose de mécanique, de honteux, de sale et uniquement biologique. On a réussi à enlever toute leur profondeur aux menstrues pour en faire un truc chiant et bêtement tonal. Au final je crois que c’est encore plus efficace que de faire des grands bûchers, c’est moins festif aussi.

Et cet empoisonnement par restriction des pensées et des consciences est terriblement efficace : même les femmes abondent dans ce sens. Les règles c’est nul, c’est sale, c’est fatiguant; encore une fois on adapte la nature, ici humaine, aux desiderata de la société au lieu de faire l’inverse; Les règles ça fait mal… HEUREUSEMENT maintenant y a la pilule définitive youhou !

Le but actuel, devenir l’égal de l’homme lisse, propre et parfait qu’inconsciemment on nous vend comme étant l’alpha et l’omega. Pour arriver à cette fin y a pas 36 solutions, la plus simple étant pour les femmes d’enlever la sauvagerie qu’elles sentent au fond de leurs tripes, d’enlever les remous qui habitent leurs bassins et tout ça pour être comme ces messieurs, propres, respectables… civilisées.

Ce but enfin atteint les femmes seront heureuses d’être au final ce que les hommes leurs ont toujours demandé d’être : des objets utiles.

Aimer ce vide en nous qui nous submerge

Comme l’a expliqué Charlie, on nous dresse à ravaler notre émotionnel pour ne pas déborder et faire tâche (je sais, j’ai un humour ravageur…). Un autre point que j’ai pu observer sur moi et sur d’autres femmes au moment de nos règles, c’est notre manière de fuir ce vide et/ou de le remplir. 

Cette zone, l’utérus, est un espace vide. Hélas, la vacuité, c’est pas trop conseillée dans notre société. On nous apprend à l’occuper au maximum. D’où le franc succès d’un mode de vie consumériste, l’idéal pour remplir ce vide qui pourrait nous mettre face à nous-même. Ce comportement est valable autant pour l’homme que pour la femme, mais il y a une petite pression supplémentaire pour le sexe féminin parce qu’il y a une « légère » peur de ce qui pourrait émerger de cet absence de plein. 

J’ai fait partie de ces femmes qui, au moment de leurs règles, sont dans une frénésie de ménage, de rangement, d’organisation, de sur-occupation. Pourquoi ? Parce qu’on sent que cet espace vide nous demande de revenir au centre, de laisser s’exprimer ce qu’on a retenu pendant le mois, de nettoyer le cycle qui vient de s’écouler. Et ça, ça fait peur, alors on Fait. On Fait tout et n’importe quoi, pourvu qu’on n’ait pas à plonger dans cet inconnu, dans cet univers immense au centre de notre corps, dans cette mer obscure et infinie.

On fait la bonne femme d’intérieur légèrement acariâtre (ne jamais oublier le bâillon avec la petite tenue de femme de ménage), qui se « défoule », qui dilue son énergie dans des tâches non essentielles, qui font d’elle une femme bien sous tout rapport, lisse, voir même couleur taupe. 

Attention, n’en voulez pas aux individus de sexe masculin qui vous entourent, on a une grande autonomie pour être des vrais bonnes connasses et en plus on a pu observer nos mères (ou les mères de nos copines si la nôtre avait le tort de ne pas être adéquate).

A propos de nos mères et de l’apprentissage à cacher « ça », à cacher notre intimité et à ne surtout pas exprimer ce qui est « vrai »: vous vous souvenez, vous, d’avoir entendu votre mère vous dire : « Là j’ai mes règles » ? Moi non. En général il n’y a jamais eu de paroles autour de « ça ».

Mais on a perçu, malgré nous (pas besoin d’être conscient pour ressentir), ces moments de tension, de fuite, de rejet du vide. Et comme dans tout bon apprentissage, on reproduit, on l’intègre, on le fait sien et on le transmet à notre descendance si on en a une.

Sexualité et menstrues donnent accès au vide en nous

Un autre comportement que j’ai pu observer chez moi-même et qui va certainement faire écho à d’autres femmes, est un comportement en lien avec l’injonction de museler nos émotions et aussi en lien avec l’habitude de remplir le vide. Au moment de nos règles, si on vit en couple avec un homme c’est la carte joker super pratique pour échapper au « devoir conjugal ». (je parle de ce cas là car je n’ai jamais vécu avec une femme).

Bien sur ce n’est valable que quand on trouve que le sexe, c’est un peu émoustillant au début surtout comme outil pour alpaguer l’autre mais une fois que la pêche a été bonne le sexe devient un truc franchement pas terrible, avant de finir comme un devoir à accomplir le moins souvent possible.

Du coup, les règles c’est top pour celles qui subissent encore les assauts de leur conjoint (vient un moment où il se lasse), les menstrues c’est un super moyen d’esquiver ce sujet et de « récupérer » un certain pouvoir sur « sa moitié ». C’est pas glamour, c’est jamais franchement dit, c’est un rien mesquin, mais je ne crois pas me tromper en disant que c’est un comportement relativement fréquent.

Et puis c’est pratique pour nous aussi. Comme on se sert de nos règles pour augmenter et contrôler la distance avec l’autre on va les utiliser pour reprendre du contrôle sur nous-même, une pierre deux cou(illes)ps. En gros pendant les règles et quelques jours avant / après le sexe disparaît sous couvert de biologie ! Ici c’est en se cachant à nous-même nos pulsions sexuelles, qu’on fuit le vide / plein de l’orgasme, ce vide / plein qui nous dérange tant.

Les deux, menstrues et sexualité, sont entremêlés, parce que les deux prennent leur source dans ce vide utérin. Eros et Thanatos ou plutôt Yin et Yang.

Attention ce n’est pas du tout ma volonté de dire que les femmes mettent de la mauvaise volonté parce que ça les arrange, si ça arrange quelqu’un ce n’est que notre JE socialisé. En fait on est les premières à avoir peur de ce vide qu’il y a entre nos jambes que ce soit pendant une relation sexuelle ou pendant les règles. Du coup, ça nous arrange bien qu’il y ait un petit tabou sur cette période et un autre sur le sexe.

Dans les deux cas les tabous sur le sexe et sur les règles justifient le fait de ne pas plonger, de ne pas se laisser agir, parler, déborder, et surtout ça justifie de ne pas lâcher le contrôle (ou, à l’inverse, de se laisser aller comme des serpillières).

Des outils concrets pour accepter / accéder à ce vide en nous ?

Bon maintenant qu’on a fait ce constat on fait quoi alors ? Ben on part à la découverte du vide niché entre nos jambes, on arrête de se fuir. Que ce soit la répression de notre émotionnel comme le montrait Charlie ou la fuite du vide, on a des moyens d’action. Oui mais on fait comment concrètement ? 

On ne peut pas vous donner de recette toute faite, ouais je sais c’est nul, perso j’aurais bien aimé, rien que pour essayer de montrer qu’elle ne fonctionnerait pas sur moaaaaaa. Trêve de plaisanterie « auto contemplatoire » on ne peut pas vous donner de fiches pratiques mais on peut vous donner des points d’entrée, d’accès à ce vide. Le chemin, c’est à chacune d’entre nous de lui donner la possibilité d’émerger et, si le cœur nous en dit, de l’arpenter.

Apprendre à s’observer, à se connaître de l’intérieur et sous toutes les facettes

Apprenez à vous observer, apprenez à sentir le goût qu’a la fuite, le ravalage, le « c’est comme ça » ou « c’est impossible, ça ne se fait pas ». Apprenez à « renifler » l’odeur de votre peur, l’odeur de vos esquives, de vos soumissions. Apprenez à connaître et décoder vos sensations corporelles bien-sûr, mais aussi vos sensations émotionnelles et toutes les petites ruses que l’analphabète de soi-même qu’on nous a appris à devenir à su mettre en place.

En observant tous les bruits parasites, vous allez peu à peu sentir qu’il y a autre chose que ce Faire, que ce Plein, que le premier anneau de pouvoir. Petit à petit quelque chose qui est de l’ordre de la sensation va émerger, quelque chose d’intérieur et d’extérieur à la fois.

Exprimez-vous, osez dire, pleurer, être « folle » ou « hystérique »

Exprimez vos envies S I M P L E M E N T et attention ça veut pas dire que les autres y répondront et encore moins qu’ils y répondront favorablement. Au passage, vous apprendrez à vous confronter à vos caprices et vos innombrables « je veux », ça sera pas du luxe !

Laissez sortir vos colères, vos joies, vos peines, vos frustrations, sortez de l’apparence, de la lissitude et du « zara way of life » qui nous maintiennent dans du Faire, du Plein et qui maintiennent notre point d’assemblage dans une position connue. En taisant notre émotionnel, on ne le rend pas invisible. On le stock quelque part dans notre champs d’énergie et dans notre corps.

Si on est remplie comme un œuf, comment est-ce qu’on peut accéder au vide ? Exprimer va laisser émerger de l’espace. C’est à partir de cet espace qu’on peut rentrer en contact avec le vide en nous.

Accueillir le vide même si vous tremblez de peur et que « je sais pas comment faire »

Pour le coup on a un outil et même une méthode ! Vous allez pas du tout adorer et il y a 90% de chance pour que vous ne le fassiez pas plus de deux fois dans votre vie mais c’est pas grave, on est là pour perdre notre temps non ?

Donc pour accéder / accueillir le vide en vous, simplement respirez, détendez-vous, fermez les yeux, plongez-y le bout de vos orteils.

Hahah, vous avez cru que j’allais dire plongez-y toute entière, hein ? Eh ben non, n’y allez pas d’un coup, vous risquez de vous faire une frayeur et de ne plus jamais y retourner. En plus c’est vraiment du comportement avide banal en plus d’être un comportement stupide et dangereux.

Alors conseil d’amie, allez-y par petites touches. Savourez. Il y aura des jours où l’accès sera facile et d’autres où l’accès sera dur voir impossible. Mais vous serez au courant, de vous à vous, que là vous êtes en train de remplir ou de fuir.

Un petit excès dans lequel on peut facilement tomber, c’est de passer d’une indifférence totale à cette période des menstrues, à une attention excessive à cette période.

Je m’explique. Le but du jeu, n’est pas de rendre cette zone « sacrée » dans le sens de ne pas y toucher, de faire des génuflexions devant, de se donner des excuses, de fuir le tonal. Non, LE BUT DU JEU C’EST AU CONTRAIRE DE LA TOUCHER, de s’y connecter, de la laisser exister, d’écouter et suivre ce qu’elle a à nous dire CAR CE N’EST PAS NOUS QUI ALLONS DÉCIDER DE CE QU’ON VA TROUVER DANS CE VIDE !

Je sais, c’est décevant et à l’inverse de tout ce qu’on vous a appris tacitement ou par voie subtile. En fait, comme souvent, on ne peut que lui donner notre assentiment, observer, laisser émerger (même si c’est super flippant) et suivre. Et je précise que suivre ça veut surtout pas dire se laisser-aller à.

Aller dans cet espace au centre de notre corps peut se faire à n’importe quel moment. Vous n’avez pas besoin de faire des incantations, juste d’être à l’écoute.

En plus, il me semble que pour la plupart d’entre nous, au moment de nos règles, on a comme une lourdeur dans le bas du ventre, ce qui peut fortement aider à être présente à cette zone. Au lieu de faire de cette période notre mur des lamentations, notre summum d’apitoiement parce que « Quand même c’est super douloureux !!! ». Oui, c’est vrai qu’à certains moments, c’est super douloureux. Mais comme le dit Charlie : « Aujourd’hui j’ouvre beaucoup plus ma gueule et ô miracle, j’ai infiniment moins mal. Y aurait il un lien de cause à effet ? Va t’en savoir…. ».

Donc au lieu de faire de cette période notre mur des lamentations, faisons-en autre chose, une occasion d’explorer d’autres mondes pour les moins farouches / expérimentées ou une occasion de se détendre dans la contrainte pour les plus pragmatiques. Et croyez-moi ce sera toujours un excellent et indispensable apprentissage pour les années à venir.

Pour ne pas limiter ce que vous avez potentiellement l’occasion de vivre dans votre espace infini du dedans nous ne rentrons pas dans les détails pour ne pas réduire cette expérience / porte. Un lac dans lequel tremper nos orteils, c’est déjà un très bon point de départ.

NDLR : les mecs vous pouvez faire exactement pareil, juste comme vous êtes plus bouchés, moins puissants, plus localisés et qu’on vous a appris à écraser au lieu d’esquiver ben vous allez juste avoir plus de mal et encore plus de peur. bisous bisous.

Les règles, un passage des sorcières vers leur vide central - Projet la Passerelle

Confession d’une pro du contrôle et d’une anti règle

Autrice : Mickaelle avec deux AILES (36ans)

Perso, en vrai je déteste les règles, j’exècre ce rappel mensuel du fait qu’on n’a pas le contrôle sur l’écoulement de la vie. Je trouve profondément vexant le fait que nous les femmes, notre corps ne fait pas ce qu’on veut ! Quel outrage ! Devoir plier, courber, écraser mon superbe MOI JE sous le joug d’un rythme cyclique en moi que je n’ai jamais demandé c’est juste inadmissible !

En gros voilà la relation que j’ai entretenue avec mes règles pendant de nombreuses années. Car je fais partie de ces filles qui pendant très longtemps ont essayé de récupérer le contrôle face à leurs règles. J’ai dépensé une quantité énorme d’énergie dans un combat perdu d’avance.

D’abord avec les pilules, d’une part parce que c’était la norme. T’as 18 ans, tu baises (après le cinéma), tu prends la pilule. Bon perso je ne baisais pas tant que ça mais mes règles étaient douloureuses, longues, donc c’était une bonne affaire. J’espérais fort que cela les ferait un peu taire. En plus, je pouvais savoir exactement quand elles allaient tomber et ça c’était une belle illusion de reprise du contrôle. Et puis, quand j’avais un évènement important de prévu (la boum chez Cédric qui a déjà de la moustache, un voyage organisé ou une grosse semaine de boulot) ben j’enchaînais 2 plaquettes de pilules ni vu ni connu et pouf problème réglé !

Alors oui mais non… ça marche un temps mais il y a toujours un prix à payer. Chacune est différente, pour moi ça a été des dérèglements hormonaux en pagaille, sécheresse, disparition de la libido, humeur très changeante, problème de thyroïde, maigrir, grossir… J’ai au milieu développé des bons gros fibromes, pas que à cause de ça mais ça n’a pas aidé.

Petit à petit, ça a mis presque dix ans, j’ai arrêté de me croire plus forte que la machine, plus forte que moi-même. Il m’a fallu bien 3 ans pour retrouver des cycles vaguement réguliers et presque le double pour comprendre à quel point j’avais au départ une mécanique bien huilée, calée sur le rythme du vivant.

J’ai donc passé en gros 15 ans de ma vie à me croire plus maline et plus forte que mon corps et que la biologie. J’ai passé la moitié de ma vie d’adulte à me bidouiller, me dérégler et abîmer la ferrari que j’avais. J’ai voulu « kitter », « customiser », « réparer » une horloge qui fonctionnait parfaitement juste parce que je ne supportais pas que ce soit l’horloge qui donne l’heure et pas celle qui regardait l’horloge (moi donc).

Plutôt que de me détendre et de me dire « c’est cool, t’as qu’à suivre le tempo », j’ai fait du Tic Tac l’ennemi à abattre et j’avoue que j’ai été super efficace sur ce coup, je suis rarement très efficiente mais là, pour le coup, je me suis donné du mal, beaucoup de mal à ne plus être.

Comme je suis pas qu’un peu une tête de lard, même après avoir pris conscience que jouer avec des pilules aux hormones c’était dangereux je refusais toujours d’accepter de perdre le contrôle. Question de fierté, très mal placée, question de « shame », de honte, de dégoût de moi-même, de refus de la nature et d’acceptation totale de la lissitude.

Autant que je pouvais, j’essayais d’organiser mon planning en fonction de mes règles. Je ne voulais pas être vue à ce moment-là. Je voulais pouvoir m’apitoyer dans mon coin. Je pensais que c’était un moment où j’étais faible, vulnérable, où tout devenait plus difficile. Bon, en fait, c’est surtout que de maintenir le masque de la fille bien lisse était plus difficile. Je faisais donc tout mon possible pour me retrouver seule à cette période du mois.

Bon là aussi j’ai perdu, j’ai des cycles hyper irréguliers, donc souvent ça tombait à côté. Je ratais des trucs sympas et je n’avais pas mes règles. Et j’avais mes règles au moment où je ne les voulais pas. Super pour s’apitoyer, vivre des affres terribles, tout ça tout ça.

En gros sur les 20 années où j’ai eu mes règles toutes les tentatives de mon JE VEUX pour avoir le contrôle furent un échec lamentable : GAME OVER POULETTE, STOP OU ENCORE ?

Il y a à peine deux ans j’ai décidé de faire stop et d’accepter que je n’aurais jamais le contrôle sur me règles. Du coup, je pourrais peut-être apprendre quelque chose à partir de là ? Arrêter de subir mes règles et de commencer à explorer ce qu’elles ont à offrir. Ne pas avoir le contrôle serait-il source de détente? Ben c’est pas gagné.

Je ne comprenais pas ce qu’il « fallait sentir »

Les copines m’ont dit de simplement plonger mais j’avoue que pendant plusieurs mois ce concept était assez ésotérique pour moi. Je ne comprenais pas ce qu’il « fallait sentir » (oui c’était pas gagné!), mais pas après pas, je lâchais ma volonté de contrôle et je suivais mes états, sensations, je n’appréhendais plus mes règles, je n’organisais plus ma vie en fonction d’elles.

Pas après pas, des petits et des moins petits je retrouvais des sensations de mon adolescence, mon corps retrouvait son rythme propre et ma vie s’élaguait, se simplifiait, même mes peurs irrationnelles (de la nuit, de boire un café en terrasse seule, de faire du vélo, de parler, de pleurer, de faire des gros prout en public) commençaient à s’estomper.

Enfin l’année dernière, j’ai commencé à capter, sentir, cette porte. J’ai parfois eu accès à des bouts de mon énergie jusque-là insoupçonnés. Comme le dit Jane, ce poids / douleur dans le bas du ventre est un bon point de départ pour aller dans cette zone, ce vide.

Un jour, il a fallu que je pose mes couilles sur la table (oui oui c’est possible), que je fasse preuve de courage pour m’affirmer. J’avais mes règles et je galérais à me positionner. J’étais en situation d’urgence et j’ai plongé dans mon bassin. Une force a émergé de là. Une sensation, une intuition de ce qu’il y avait à faire a pris le relais et j’ai réussi à m’affirmer pour la première fois de ma vie. Croyez-moi j’en fut la première surprise.

Depuis ce moment-là, j’ai capté à quel point nos règles peuvent devenir notre allié. Comme si elles étaient des énormes panneaux indicateurs clignotants mensuels qui nous montrent où est la porte vers notre énergie, vers quelque chose de bien plus vaste que tout ce qu’on peut imaginer. Elles nous rappellent chaque mois que la clé est en nous.

Ce vide qui nous terrifie n’est peut-être pas ce que l’on croit ? Je pose la question car le vide continue de me terrifier.

A partir de là, accepter de ne pas avoir le contrôle sur mes règles a été plus simple. Je les accueille de mieux en mieux et surtout je m’appuie sur elles pour affronter, vivre, suivre le fil de ma vie. Je passais mon temps à les subir, à croire qu’elles me rendaient faible alors qu’en fait elles sont une passerelle vers une force en nous qu’on n’utilise presque jamais. Elle nous ramène à la source qu’on passe tant de temps à chercher…

Et puis un jour, il y a deux mois maintenant j’apprenais que bientôt je n’aurais plus mes règles. Ce n’est pas choisi, c’est la biologie, ce n’est pas une fatalité, c’est, entre autre chose, les conséquences de 15 années de grand n’importe quoi avec mes règles et de 20 ans de n’importe quoi avec ma sexualité. Ce n’est pas dramatique, c’est juste la vie. C’est chiant mais c’est, encore une fois l’occasion d’avoir une occasion.

Je pense qu’il y a deux ans j’aurais été ravie mais là, condamnée à accepter je capte à quel point ce sont des amies qui s’en vont, vraiment. Ce n’est qu’un au revoir mais celui-là sera définitif, heureusement que j’aurais eu quelques mois pour enfin les rencontrer et capter quelques-uns de leurs enseignements. Maintenant la suite de l’aventure sera d’avoir l’accès à cette porte vers mon centre sans avoir la porte qui s’ouvre pour moi concrètement tous les mois.

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Les saisons suivent l’énergie : NORD

Nous sommes dans la saison du NORD, l’Hiver, l’EAU de la MTC. L’énergie YIN, celle des profondeurs, celle qui structure, limite, amène à l’introspection et à la passivité APPARENTE arrive à son apogée aux alentours du 21 Décembre avant de s’auto ensemancée de l’embryon d’énergie YANG après la nativité.

C’est le moment de « la grande nuit » celle qui fait peur à tout ceux qui croient que le pouvoir le garantira protections et sécurité. C’est la saison du mystère et des grands horizons, de la peur grouillante, rampante, gluante, celle qui nous sauvera de notre folie en nous faisant basculer vers l’immensité en nous même ou qui nous roulera sur la grève et nous fera redoubler d’effort pour renforcer notre illusion de contrôle

L’HIVER & LE NORD sont le siège de la connaissance silencieuse, celle qu’on ne peut comprendre et qu’on ne peut qu’accueillir. Les mots-clés sont LACHER PRISE e(s)t CONTRÔLE, en accomplissant ce paradoxe quelque chose de PLUS GRAND QUE VOUS siégera et pourra voir un réel Printemps caresser sa porte + D’INFO

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Une réflexion sur “Les règles, un passage des sorcières vers leur vide central

  • 9 décembre 2022 à 17:51
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    Excellent cet article, qui met super bien en lumière combien les normes de la société occidentale moderne défoncent et chosifient les femmes, et nient toutes les formes de l’énergie (entre autres). Et qui me fait capter le gros tas de fumier de préjugés que je me trimballe sur les règles et l’énergie féminine. Le chemin est long et cahoteux pour devenir autre chose que mon costume de mec blanc européen cis souminateur « bien sous tout rapport », pour devenir vivant, et merci d’offrir, par vos mots et votre partage, une opportunité de faire un pas.

    J’ai récemment compris que le vide me terrifie, comme le Double, et que cette peur n’est rien d’autre que l’outil par lequel « Je » me plie. Et ça chamboule bien ma petite caboche de lire que les règles sont une porte pour accéder au vide. Et peut-être également à notre Double ?

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