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Devant la flambée des bactéries résistantes aux antibiotiques et l’émergence de pathologies nouvelles directement liées à notre manière de vivre et de consommer le remède naturel & les pratiques « parallèles » retrouvent la faveur du public. Hélas ces produits naturels ou ces pratiques restent méconnus et sont souvent raccrochés à une pensée magique et un folklore sympathique mais souvent inutile. Alors revenons sur quelques bases pour vous aider à savoir quand et comment les utiliser et surtout comment mieux les choisir.

Loin de moi l’envie de faire un plaidoyer contre la médecine « moderne ». Elle existe et a de très bons résultats. Mais elle n’est pas une panacée ! La médecine « moderne », comme la médecine chinoise, l’ostéopathie, la phytothérapie et les psycho ce que vous voulez, ont leur limites. Il est donc indispensable de savoir ou celles ci commencent et finissent.

Remarque : c’est lorsque nous mettons en péril le milieu naturel que nous retrouvons le chemin vertueux des pratiques naturelles et des Simples. Ces plantes et ces techniques comme la MTC et la méditation qui à travers le monde et l’histoire de l’humanité ont sut nous maintenir en vie.

Le remède naturel magique n’existe pas !

C’est une des bases à comprendre AUCUNE PRATIQUE, AUCUNE PLANTE AU MONDE NE PEUT VOUS SOIGNER SEULE ! La panacée et les baguettes magiques ça existe au cinéma mais pas ici sur Terre ! Et même si In Vitro ça fonctionne, nous ne sommes pas limitable à un tube éprouvette !

L’art de soigner, quelle que soit la pratique, ou le produit utilisé, n’est pas le fait d’une pilule, de quelques gouttes, d’un praticien ou de la descente lumineuse de l’esprit barbu !

D’ailleurs avant d’être un remède vous avez entre les mains un simple produit ou une pratique ! Le terme de remède n’est valable que si la substance donné vous sert à guérir d’un mal ou d’une maladie.

Ca semble anecdotique pourtant c’est essentiel. Ce qui est un remède chez l’un, remède vient de « prendre soin », peut se révéler un poison chez son plus proche parent !

Si vous avez envie essayez de mettre du millepertuis en prévention des coups de soleil : Brulure garanti ! Alors que ce même Millepertuis va faire des miracles une fois que vous avez passé 6 heures en plein soleil.

Moins rigolo : l’huile essentielle de sauge va soulager les douleurs menstruelles d’une jeune fille et faire avorter une femme enceinte. La gelée royale, ou la grande consoude sont des remèdes naturels géniaux pour nourrir des cellules bien spécifiques mais les deux vont faire proliférer des cellules cancéreuses déjà existantes.

Choisir la forme et la qualité de son remède naturel

Premier point : privilégiez chaque fois que c’est possible des plantes « locales ». Les magazines vont vous vanter l’extrait de sang de dragon (un arbre d’amazonie) ou les vertus merveilleuses du Tribulus. Mais n’oubliez jamais que ces plantes viennent du bout du monde en avion. Bing sur l’écologie. En plus nous n’avons que très peu d’informations et de garantie sur leur mode de culture et de cueillette.

Il existe en local des plantes formidables !

Ici plus que jamais l’herbe n’est pas forcément plus verte dans le champ du voisin !

Il est aussi bon de rappeler que 99% des remèdes dit chimiques sont extrait de plantes, venins ou minéraux. La différence majeure entre un produit chimique et un produit naturel vient de la « simplicité » du produit chimique et de la « complexité » du produit naturel brut.

Que ce soit en phytothérapie ou en chimiothérapie le process de fabrication est essentiel. Par contre un des gros avantages des produits chimiques c’est qu’ils se foutent de la qualité de la matière première puisque ce qui les intéresse c’est la ou les molécules identifiés comme intéressantes.

En phytothérapie la qualité de la plante est essentielle puisqu’on va travailler avec du vivant complexe et non sa réduction à quelques molécules. Donc …

Choisissez des plantes et des formes galéniques de qualités !

Les teintures mères de Boiron ne sont pas des produits de qualités !

Les formes galéniques des remèdes à base de plante

Il existe une multitude de façon pour prendre des plantes dans un but thérapeutique. La première est bien sur de les utiliser dans son alimentation. Seul hic c’est qu’il faut en consommer en quantité pour avoir un effet curatif sur un aigu ou une pathologie chronique.

Donc le fait de rapper un bout de curcuma dans votre salade du midi ne va pas calmer votre inflammation intestinale. Au mieux, et je dis bien au mieux, ca va empêcher que celle ci augmente. Mais pour de l’entretien et du confort c’est un pas essentiel qui en plus nous permet de retrouver des goûts, saveurs et pratiques intéressantes.

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Photo by Matt Montgomery

Les extraits fluides, teinture mère et macérât

Je préfère utiliser l’extrait liquide des plantes. Soit sous forme de teinture mère (eau + alcool), d’extrait ou de macérât glycériné (eau + huile), ou d’extrait hydro–alcoolique-glycériné (eau + alcool + huile). La forme sera chaque fois choisi en fonction des principes actif de la plante.

Il est aussi important de connaitre le processus de fabrication. Chaque plante demande des « bains » de durée différentes. Hélas les grandes firmes perdent de l’argent à individualiser chaque processus et chaque bains. Elles font donc des standards.

Autre point qui est valable pour les autres formes des remèdes naturels à base de plantes : Privilégiez les plantes unitaires. Les sauces mélangeant 4, 5 ou 10 plantes sont sympa mais elles demandent de stabiliser chaque principes actifs pour éviter des effets cocktail dont on ne connait pas, ou très mal, le résultat définitif.

Pour moi l’extrait de plante fraîche, est la solution la plus économique, écologique et durable pour prendre un remède à base de plante.

Durée de vie d’une teinture mère ou d’un macérât : On a des extraits qui date d’il y a 15 ans et qui n’ont pas bougés à la chromatographie. Cependant la loi oblige à une DLU de 5 ans

La plante sèche pour les infusions

Certains principes actifs des plantes, comme les alcaloïdes, ne sont pas soluble dans l’eau mais dans l’alcool ou dans l’huile. Donc une simple infusion ne recueillera qu’une partie du potentiel de la plante utilisée.

La fraicheur des plantes est ici essentielle. Hors le marché des plantes sèches est bel et bien un marché. Du coup certaines plantes ne sont pas de « premières fraicheurs ».

Pour celles est ceux qui veulent faire leur propre cueillette il y a des règles à respecter. Cueilleur est un vrai métier qui demande un savoir faire encore rare. En plus la manière de faire sécher vos plantes va énormément influencer sur leur qualité. Au passage si vous dépassez la cueillette de deux ou trois plantes vous allez avoir besoin d’énormément de place !

Enfin il y a aussi un savoir qui a disparu celui de l’infusion. Parfois il est bon de faire une décoction, bain long, d’autres fois une infusion, temps court de 20 à 30 minutes. Très souvent ce n’est pas préciser.

Durée de vie d’une plante sèche : 2 ans maximum pour les feuilles et fleurs. 4 ans pour les écorces. Tout dépend aussi de la qualité de départ et du processus de séchage

Les gélules et pilules :

Elles sont souvent faites sur des bases de plantes congelées ou lyophilisées ce qui va forcément modifier leur structure et leur qualité. Les labo en tout genre vont vous expliquer à quel point c’est formidable de crio conservés les plantes pour en extraire le super mega jus mieux que celui du voisin… Ne vous y trompez pas il y a derrière un aspect marketing non négligeable.

Pour ma part, après plus de 20 ans d’utilisation je n’ai pas vu de plus valus réelle pour mes patients. Les petites pilules fonctionnent mais pas forcément mieux qu’un extrait liquide.

Autre souci, les pilules sont faites en masse pour des questions de rentabilité. Hélas pour stabiliser les principes actifs dans le temps il faut leur adjoindre des stabilisant. Sans parler, encore une fois de l’aspect commercial, qui pousse les fabricants à colorer les pilules avec …Des colorants bien sur !

Après les pilules de plantes ont un avantage : une concentration assez incroyable des principes actifs

Durée de vie des pilules et gélules : ici tout dépend de la concentration et de la forme de réduction utilisé. La DLU est aussi de 5 ans comme pour les teintures

Les huiles essentielles la concentration maximale

Je n’aime pas les huiles essentielles ! Je m’entend, elles sont efficaces c’est une évidence, parfois trop ! Mais depuis le processus d’extraction jusqu’au produit final elles sont très agressive pour la plante et donne donc souvent un remède naturel certes mais super agressif !

C’est pour moi le dernier recours et elles sont à manier avec énormément de précautions et de parcimonie ! Il n’y a pas d’huile essentielle « douce ».

Autre souci c’est leur cout relativement élevé pour une durée de conservation faible, 1 an maximum. Sans parler des contres indications et des risques.

Je conseille d’utiliser des huiles essentielles les plus légères possibles et qui ont un tropisme important pour ne pas avoir à les jeter quand au bout d’un an on en a utiliser que 1/3.

Durée de vie des huiles essentielles : 1 année

L’importance du carré magique PPER dans le soin

Voilà un point qui mériterait d’être développé et qui est valable pour toutes les pratiques et drogues même pour la chirurgie !

Une opération peut être parfaite (relation Patient – Remède/pratique) pourtant si vous n’avez pas confiance dans votre chirurgien (Patient – Praticien), si vous avez peur des changements liés à cette intervention (patient à patient), si votre entourage est en opposition, ou si l’hygiène n’est pas suffisante (Patient – environnement) les séquelles de cette opération peuvent être désastreuses.

Donc une des premières choses à faire sera de vous mettre au clair par rapport au carré PPER.

Le carré magique Patient – Praticien – Environnement – Remède est essentiel !

oui je sais ça fait PPER … qui êtes aux cieux …

De manière un peu fausse on pourrait dire que chacune des bases du carré détient en elle 25% de la guérison.

Si vous n’avez pas VRAIMENT envi de vous soigner … 75% de réussite. Si le praticien ne vous convient pas, du fait de son attitude, son odeur, son sexe, et oui c’est encore trop souvent important, on passe à 50% de réussite. Si en plus votre entourage n’a aucun intérêt à vous voir aller mieux, c’est souvent le cas dans les troubles du comportement comme les dépendances (à une substance, une fonction, une activité, un comportement…) vous n’êtes plus qu’à 25% de chance de succès !

Vous imaginez le poids qu’il pèse alors sur votre temesta, votre teinture mère d’olivier, de plantain ou votre amoxicillin !

Je sais que mon exemple est faux mais il a la force de vous faire comprendre qu’il n y a jamais un seul facteur qui intervient dans une guérison / non guérison.

Un remède ou une pratique n’est pas une pilule miracle : il prend soin de vous

Un praticien aussi doué soit il n’est pas dieu le père

Votre volonté seule n’est pas suffisante

Votre environnement (physique, émotionnel…) est un facteur déterminent

N’exigeait pas d’un remède naturel plus que d’un autre remède

Enfin pour finir cette longue mise à plat autour des remèdes naturels et des pratiques dites parallèles et que je considère pour ma part complémentaires.

Les plantes aussi mignonnes soient elles, les thérapeutes aussi bon soient ils ne sont pas des divinités qui vont solutionner vos problèmes de santé !

Pourquoi voulez vous qu’une remède à base de plante agisse plus vite qu’un antibio moyen ? Très souvent vous acceptez qu’un médicament « classique » mette une semaine à vous soulager mais vous hurlez à la supercherie ou à la non efficacité si une plante n’a pas tout résolu en 48 heures !

C’est la même chose au passage avec les praticiens. Ce ne sont que des humains ! Si un généraliste a besoin de vous voir trois fois pour trouver la solution pourquoi serait ce différent pour un acu ou un ostéo ?

Parce que ce n’est pas remboursé ? Oui je sais que c’est un souci majeur et qu’hélas souvent les praticiens complémentaires eux même n’en tiennent pas compte. Il y a des solutions peut être à trouver au cas par cas. Mais ne vous attendez pas, en l’état actuel des choses, à ne débourser qu’un euro pour une consultation de 1h30 ou un produit issue de plantes fraiches labellisées AB et faites par un herboriste passionné à défaut d’être riche !

Quoi qu’il en soit retrouver la logique quel que soit votre pratique de santé. Les plantes et thérapies complémentaires comme les médicaments chimiques et les pratiques universitaires ont leur vertus respectives. Ils seraient peut être intelligents de les utiliser dans le bon ordre ou dans une synergie au lieu de les opposer !

C’est aussi ça l’écologie !

Cet article a 1 commentaire

  1. très intéressant, d’avoir des précisions, merci

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