• Post last modified:9 avril 2021
  • Post comments:6 commentaires
  • Post author:
  • Reading time:20 mins read

Souvent on oppose FAIRE POUR AVOIR à FAIRE POUR ÊTRE mais je préfère remplacer cette seconde proposition par le FAIRE POUR FAIRE, ça permet de créer un peu de mystère, un peu de flou et la magie, l’Intention, est justement au cœur de cet article. Je suis d’ailleurs étonné de ne pas voir plus souvent cette proposition de « Faire pour faire » plutôt que « Faire pour avoir » apparaître dans les divers stages de « développement personnel ».

Le passage du FAIRE POUR AVOIR au FAIRE POUR FAIRE est pourtant un des changements intérieurs majeurs qui doit s’opérer dans le cœur d’un Pèlerin sincère. Je précise ici FAIRE POUR FAIRE et non pas pour ÊTRE, être vous l’êtes déjà, il faudrait juste vous en rendre compte, ou au moins accepter ce premier constat avant d’aller plus loin.

Dans les outils que propose Don Juan Matus à son apprenti Carlos Castaneda, il est souvent fait référence au « ne-pas-faire », une formulation elle aussi très mystérieuse que chacun bidouille un peu à sa sauce, faute d’avoir le « patron » sous la main. Et si faire pour faire était justement un « ne-pas-faire » ?

Faire pour faire et faire pour obtenir

99% de nos actions se limitent à ce que nous avons appris, c’est-à-dire le FAIRE de la Première Attention.  Simplement FAIRE POUR OBTENIR, faire pour un but, une rétribution concrète, chiffrable, définissable. L’humain moderne est devenu un petit boursicoteur de la vie, il ne fait que si ça lui rapporte. Pour aller même plus loin, il n’ose penser une action que dans le but du retour sur investissement qu’il prévoit.

FAIRE POUR AVOIR donne une vie productive, rentable, une chosification du vivant, mais en sortons-nous (en mourons-nous) grandis, épanouis, en harmonie ?

Un retour sur investissement qui peut être financier ou matériel bien sûr : J’achète un terrain pour construire MA maison, pour LE revendre, pour planter MES arbres, pour récolter LEURS fruits, pour ME faire une usine à confiture et gagner des gros sousous bien entendu (les sous c’est hyper important, me direz-vous, oui mais vivre aussi).

Mais ça va bien plus loin que le matériel stricto-cens-us puisque toutes les sphères de notre incarnation sont touchées. Bien souvent nous n’aimons qu’en espérant et en exigeant être aimé en retour. Les plus fous qui osent aimer sans être aimé en retour en souffrent énormément et sont souvent très mal vus par la communauté. Nous nous occupons des autres, la plupart du temps, uniquement par convention sociale. Nous leur faisons des cadeaux, entretenons des amitiés ou des liens affectifs, même avec notre famille, pour ne pas être seul ou pour être aidé, payé, aimé en retour.

Qui ne s’est jamais vexé parce qu’un neveu / nièce ne le remercie pas, ou pas « assez » quand on lui fait un cadeau ? Mais vous faites un cadeau – gratuit donc- ou vous troquez un bien matériel, affectif (du temps pour l’autre) contre une rétribution affective (merci j’adore) ou financière (au fait tu voulais pas que je te prête 200€ ?) ?

Vous voyez que le thème du FAIRE POUR FAIRE renvoie directement à celui de l’amour inconditionnel. Cette forme d’amour qui est tout sauf naturelle dans la culture humaine moderne et qui demande un effort permanent pour exister. Un effort permanent et multidirectionnel puisque nous devons lutter contre notre alignement intérieur appris, le conditionnement à «FAIRE POUR AVOIR …. », mais aussi contre l’alignement extérieur puisque les autres animaux sociaux qui nous entourent nous renvoient bien vite le fameux « trop bon trop con ».

Vous vous rendez compte de la folie de notre culture où la bonté, la générosité, la solidarité sont devenues une maxime dégradante voire une insulte ? Ca en dit, à mon sens, bien plus long sur nos états d’âme que tous les bouquins de psycho ou de sociologie.

Faire ou ne pas faire, telle n’est pas la question

N’allez pas croire que FAIRE POUR AVOIR ce soit maaaal, et que FAIRE POUR FAIRE ce soit biiiiien. Vous tomberiez inévitablement dans le piège du “je fais pour faire pour être quelqu’un de biiiiiien”. En même temps rassurez-vous, c’est un piège dans lequel, je crois, tous les pèlerins du monde tombent à un moment donné ou à un autre. C’est d’ailleurs le même piège qu’on trouve chez les hygiénistes «on mange bien pour être en bonne santé» – ou pour pas être malade, ce qui serait plus honnête. Même si l’intention est louable, elle occulte le plaisir à « bien manger » par la peur d’être malade.

Le pèlerin agit exactement de la même manière quand son JE VEUX remplace le don profond du JE (et pas du SOI) qu’exige le chemin qui a du cœur. Il remplace l’abandon par une doxa, une croyance, du « pour évoluer spirituellement, il faut être ceci ou cela ». Les modalités d’actions à faire variant en fonction des époques et des courants de pensée.

D’ailleurs les adeptes de la spiritualité chrétienne, à la suite de Mr Philippe et de Sédir, sont globalement tous tombés dans ce panneau. Idem pour les « chamans » de tout poil et de toutes plumes, les bouddhistes «fumeux », les babas « pas cool », les yogistes « joyeux » et les « soufistes » assis. Ils font les gestes, ils disent les mots, respectent les protocoles et font tout bien comme il faut mais ils ont perverti l’intention de départ.

Le don du JE(u), la pulsion d’immensité envers l’autre et la Nature en général a doucement glissé vers un « je le fais pour … » appartenir à un courant de pensée, me lustrer l’auréole, racheter ma conscience, changer mon karma qui me fait flipper … L’impératif de vie du départ est devenu une sclérose et une obligation par « peur de… ».

En soi ce n’est pas un problème. Je préfère largement un Chrétien moyen à un capitaliste médiocre. J’ai plus de sympathie pour un yogiste laborieux que pour un nazionaliste heureux. Mais le chemin qui a du coeur est un chemin qui demande une cohérence sans faille et donc une honnêteté intérieure impeccable.

Faire les gestes, respecter les règles, les mots et les protocoles ne suffit pas. Au départ peut-être, mais relativement vite, cette voie se révélera trop âpre, trop dure pour que le pèlerin puisse trouver dans le « faire pour obtenir quelque chose en échange » un moteur valable.

Insuffler une nouvelle intention

N’oubliez pas que cette voie, celle de l’Amour inconditionnel, vous demande de tout perdre (je ne m’attache à rien…) sans vous donner aucune garantie d’obtenir quoi que ce soit en échange ! Souvent je rappelle à mes comparses que le défi de cette voie, c’est un peu comme essayer de faire passer un câble de ligne à très haute tension dans le chas d’une aiguille à broder … et ensuite de broder une autre réalité.

Vous voyez que face à un tel défi, l’espoir ou l’exigence d’un retour sur investissement lié au FAIRE que le monde Tonal (la première attention) nous a enseigné ne peut pas être suffisant. Il faut un autre moteur, et c’est là qu’insuffler une autre intention à nos actes et à nos faire se révèle un moteur essentiel mais aussi indispensable.

Le glissement vers la première attention

L’intention que nos parents, nos profs, la pub, netflix nous ont apprise est liée au faire de la matière. Il y a la réalité bien tangible, celle qu’on peut définir, cadrer, dont on peut parler – les émotions petites ou grandes en font partie – et il y a les fadaises, les histoires pour les enfants.

Dans cette première attention, l’intention de nos faire est forcément un lien de cause à conséquence. Gratuit, Libre, Informe ne sont pas des options possibles. Un enfant qui s’attarde trop longtemps sur un ami imaginaire sera vite conduit chez un psy qui va lui expliquer que cet ami avec qui il parle, échange, se confie, n’existe pas « en vérité ». Au mieux, le pédo-psy lui expliquera que ce compagnon, qui a une réelle efficience dans la vie de l’enfant, n’existe pas dans cette réalité. Les autres formateurs (profs, parents, copains, médias) prendront le relais pour expliquer que cette autre réalité « en vérité » n’existe pas.

Petit à petit le conditionnement, le rabâchage fait son office. L’ami.e imaginaire reste sous le lit ou dans le placard, pour un jour ne même plus y être. L’enfant se retrouve tout seul, il n’a qu’un seul choix : se fondre dans le moule. L’enfant apprend à jouer pour gagner et plus à jouer pour jouer. Il oublie qu’on peut faire pour faire, gratuitement, sans raison, juste parce que quelque chose le fait. Le boursicoteur de l’énergie grandit. Le faire pour obtenir grandit. La magie, la spontanéité, la gratuité, la simplicité disparaissent. L’enfant disparaît, le comptable s’assoit au commande de nos vies.

Ca doit vous parler puisqu’on a tous été cet enfant. Nous avons « tous » oublié qu’à une époque, nous parlions aux étoiles et que nous entendions leurs réponses. Nous avons tous oublié qu’à un moment, nous n’avions pas peur de Voir, ni des autres, ni de la vie conforme et de la vie non conforme. Mais petit à petit le petit d’homme a glissé d’un monde où première attention (tonal) et seconde attention (nagual) co-existaient joyeusement vers un monde isolant où seuls les faits autorisés par le groupe sont acceptables. Il est devenu « grand » – « adulte » – sérieux, à défaut d’être responsable.

Moi je parle aux fées et aux farfadets

Mais grand bien te fasse, mon cher ! Mais es-tu sûr qu’ils te parlent ? Es-tu certain que ces formes sont bien celles que ton mental a décidé de créer ou sont-elles autre chose ? Ne fais-tu pas un brin d’anthropomorphisme ou un chouia de peterpanisme ? Remarque, ce n’est pas très gênant au final, si ça égaye ta journée. Si cette forme pensée, ce choix cognitif, te donne le sentiment d’être plus que la petite chose égocentrique et tyrannique qu’on t’a appris à être, je vois pas où est le souci.

Par contre, sache qu’en le dessinant comme une vérité absolue, en le figeant comme de la vraie vérité, en l’enseignant à d’autres, tu ramènes le Mystère à quelque chose d’encore une fois très tonal. Tu ramènes une perception, un sentiment individuel à une vision collective, dogmatique, figée. Donc tu transformes la seconde attention en première attention. Il y a un gain de pouvoir pour toi, qui vient d’aligner moult personnes sur ton devoir croire, mais la Magie, la Vie n’en ressort pas gagnante, et la liberté des gens que tu as aligné sur ton choix cognitif non plus. Le tout, rappelle-toi, c’est d’être honnête avec toi-même.

Évoquer n’est pas enseigner. Aider à marcher, ce n’est pas imposer une rando à l’autre. Communiquer un sentiment individuel pour accompagner les autres vers leur propre sentiment, ce n’est pas enseigner, ou alors Enseigner comme le concevaient les pratiquants du Tao de la Chine mythique.

faire-pour-faire-peinture-photo
Photo by Jr Korpa on Unsplash

Faire pour faire, rajouter la seconde attention

Ne nous leurrons pas. A mon avis, il est impossible en 2021, en occident, de vivre à 50 ans comme un enfant de 5 ans. Ce n’est pas le but de la voie du Pèlerin, ce n’est pas non plus souhaitable. Nous avons un chemin de vie, nous avons saigné, ri, pleuré, forcé sur ce chemin. Les contraintes, les cadeaux et les coups de bâtons nous ont forgés, transformés. On peut s’apitoyer des jours dessus, on peut le regretter ou s’en réjouir, c’est comme ça ! Ce sont les briques indispensables qui nous ont servi à construire cette maison que nous appelons nos vies.

Alors maintenant on fait quoi ? On se contente de rester enfermé dans une maison sans jardin et où la seule rivière enchantée est le flot d’infos sur Cnews ? Un monde purement de première attention où la lumière ne peut être qu’électrique, technique, scientifique et où on ne fait qu’après avoir calculé le rapport coût / bénéfice ? Ou on essaye d’ouvrir les volets, d’ouvrir ses fenêtres pour faire rentrer le souffle, le flou, le fou et la poésie ? On reste confiné dans nos apparts attribués ou on ose enfreindre les règles et aller faire un tour dans le jardin, dans la jungle du Nagual et de l’Imaginaire ?

Comment on fait pour laisser un peu de place à la seconde attention dans nos vies ? Ou à défaut, comment on fait pour “FAIRE POUR FAIRE” et non plus “Faire pour avoir” ? Simple mais pas facile, c’est toujours la réponse.

Comment remplacer un peu notre formatage de Preneur par un comportement qui soit plus de Donneur sans pour autant tomber dans l’excès inverse ? Comment harmoniser nos habitudes et notre façon d’être et de voir le monde pour intégrer la seconde attention, le flou, le possible, le non-définissable ?

Devenir un Donneur pour réduire la part du Preneur

  • Ca passe par un nouvel apprentissage. Comme on a appris à être uniquement des preneurs, on va apprendre à être un peu des Donneurs. Le but n’est pas de devenir pur don, c’est la perversion inverse, mais simplement de se remettre à notre juste place, celle d’un mystère au milieu Du Mystère.
  • Ca passe par apprendre à suivre la vie et à respecter “ses” choix. Donc arrêter d’exiger quoi que ce soit d’elle et enfin accepter ce qu’elle nous donne. Ne plus être un Preneur va vous obliger à vous traquer dans vos croyances les plus intimes, comme par exemple celle de croire qu’un humain a plus de valeur qu’un arbre (ou inversement), qu’un nouveau né a tout à apprendre des “adultes”, ou encore que les antibiotiques c’est maaaaaal, que la science aura la solution et que dieu n’est qu’une fadaise pour attardés mentaux ou psychotiques négligents.
  • On accepte de faire sans comprendre, sans attendre, sans espérer ou chercher le moindre résultat. Si un résultat (agréable ou désagréable) apparaît, tant mieux, ne le refusons pas. Apprendre à donner n’exclut pas d’accepter de recevoir. Mais ce retour n’est plus le but, le coeur de l’action.

Faire pour faire implique de ne pas avoir de contrôle ni sur le fond, ni sur la finalité et pas même sur la forme de ce qu’on fait. L’Action devient gratuite, guidée, portée par … Donnez le nom qui vous plaît, “Poésie”, dieu, esprit, folie, nagual, âme, en vérité ça n’a que le sens que vous lui donnez, CA existe hors de nos définitions.

Donner la place à la magie d’exister

Pas besoin de stage, de tambourin et de messe vaudou, ou encore moins de substance hallucinogène. Même si ça peut avoir un intérêt, ce n’est pas le coeur du travail mais juste des outils qui trop souvent servent à FAIRE POUR OBTENIR un nouvel état. Rappelez-vous, on est dans le FAIRE POUR FAIRE, c’est ça qui va ramener du flou, de la brume magique, certainement pas un rituel ou une fumée.

Installer le FAIRE POUR FAIRE dans nos vies passe par des choses toutes simples qu’on peut, devrait, faire au quotidien.

  • Mettre de l’encens dans la nature et partir sans attendre qu’il se consume. Vous l’offrez à la nature, vous n’avez pas à en profiter. Planter des arbres au milieu de la forêt sans se les approprier. Aller les arroser, prendre soin d’eux et ne pas s’y attacher. Accrocher des Dreamcatchers en ville, dans la campagne, à la mer. Faire des Cairn là où ils doivent être faits, même si vous avez marché trois pas !
  • Offrir des fleurs à un.e inconnu.e. Donner à manger au vieux monsieur édenté qui habite trois maisons à côté de la vôtre. Prendre le temps d’écouter et de la fermer, même si vous avez des préoccupations autrement plus importantes que cette pauvre femme engluée dans sa névrose et ses fantasmes édulcorés.
  • Moins manger, mieux manger. C’est avoir conscience que la carotte s’est sacrifiée, que le verre de lait est donné par la vache, que la tomate a été soignée par un immigré et un paysan qui en ont bavé pour que vous la mangiez.
  • C’est remercier vos parents, aussi cons soient-il et y en a qui sont gratinés, de vous avoir bien/mal élevé. C’est vous remercier vous-même d’avoir réussi à arriver jusque là en serrant le frein à main et en avançant en marche arrière ! Remonter une ruelle de 50 ans à reculons, c’est quand même un exploit, non ?
  • Prendre le risque de ne pas capitaliser, que demain peut-être vous aurez moins à manger, moins de sécurité. Par exemple, vous pourriez retirer l’argent de vos CODEVI et l’investir auprès d’un boulanger de village, d’un terrain inexploitable, au crédit coopératif avec un livret indexé sur l’inflation -0.1% de frais de service.

La liste est infinie, chaque fois ces actions ne dépendent que d’une chose pour se différencier d’une action ordinaire : l’intention que vous lui donnez. FAIRE POUR FAIRE c’est donner de son temps de vie, de sa créativité et transformer un peu nos vies en un mandala géant. C’est agir pour agir dans des actions sans intérêt, mis à part celui de la poésie.

Quel est le résultat ? Aucune idée ! Quel est le but ? AUCUN si ce n’est permettre au flou, à la poésie de reprendre un peu de place dans La Vie et par voie de conséquence dans Nos vies ? Ca ne va rien changer au monde mais ça va tout changer dans VOTRE monde, la suite ne nous appartient pas.

Prendre le risque d’échouer, d’être fou

Au départ de tout ça, vous devez prendre le risque de chercher sans trouver. Prendre le risque de faire un truc qui ne sert simplement à rien, qui n’aura pas de résultat et qui n’a comme seul but que de FAIRE POUR FAIRE. Il va falloir prendre le risque de faire des choses qui n’ont pas de sens pour vos copains, le groupe autour de vous.

Il faudra prendre le risque de nager en eaux troubles, aux portes de la folie, en vrai aux portes de l’informulé, du non-dit, du non être et du “tais-toi donc fillette !”

Il va falloir fréquenter des monstres, et que ce soit ceux qui vous entourent ou ceux qui vivent en vous, ils ne sont pas tous imaginaires. D’ailleurs il va falloir prendre le risque de l’affronter, cet imaginaire, ces rêves, ces illusions cognitives que vous avez cadenassé depuis tout petit.

Je suis un mystère qui contemple Le Mystère

JE SUIS MERLIN ! Je suis Ptah, le modeleur des mondes ! Tour à tour et en même temps, oiseau sur sa branche et renard flatteur. Je suis le souffle du Dragon et le rocher qu’il enveloppe. La forêt amazonienne vit en mon dos et les déserts de Mongolie fleurissent sous mon crâne ! Et pourtant je ne suis que Renaud, et toute cette splendeur vit en moi et s’exhale de moi. Et puis il y a plus, infiniment plus aussi.

Tout ce qui est au delà de ce que vous acceptez de voir. Il existe en moi aussi le monde rouge, celui de lave et de chaleur, celui qui guérit et détruit. Pas très loin au dessus, il y a le monde clair, le monde sec et froid de l’abstrait où serpente la rivière d’un Styx plus sombre et sanglant que celui d’Homère.

Je suis tout ça et pourtant JE n’est qu’un petit homme, handicapé, avec 5 kilos de trop. Un petit d’homme assis devant son écran, écrivant un texte moyen que peu de gens liront et encore moins entendront. Mais qu’importe ! Ce matin l’Esprit m’a soufflé ce texte, j’ai accepté de prendre une journée de ma vie pour EXPRIMER la poésie qui a traversé mon JE. Ca ne servira sans doute à rien ni à personne mais les platanes autour de chez moi sont contents que j’ai pris ce temps pour exprimer l’écho de leur voix, les moineaux et les pinsons rigolent de mes phrases maladroites et ma femme râle parce que du coup j’ai mangé mes pâtes froides (super bonnes au passage).

Finalement ce JE qu’on rudoie est aussi immense que l’inconnu en moi, il peut donc bien être un reflet intégral du divin, non ? Et puis je n’oublie pas que tout ça n’est que bien peu de chose face à la magnificence de l’Inconnaissable.

Insuffler une autre intention à nos actes, c’est insuffler de la Magie, de la Folie, de la Joie, de la Foi et surtout du “c’est possible, fillette !”. Alors vous avez pigé ce que c’est, la seconde intention ?

Liens & réflexions annexes à FAIRE POUR FAIRE, insuffler la seconde attention

Concernant la famille, je propose souvent un petit exercice d’imagination : imaginez que vous rencontriez votre père / mère / frère / sœur à la terrasse d’un troquet. Vous ne savez absolument rien de lui, juste vous l’entendez parler et le voyez agir. Qu’en pensez-vous vraiment ? Quel type de relation avez-vous envie d’entretenir avec cette personne ? Du dégoût, de la curiosité, de l’admiration, de la colère ou une profonde indifférence, du mépris, de la joie ? Amusez-vous à devenir un étranger pour vos proches et voyez vos réactions. C’est souvent très instructif sur les couches sociales qu’on s’impose.

Mr Philippe et les “amitiés spirituelles”. Pour en savoir un tout petit peu plus, vous pouvez lire cet article

Au sujet de l’enseignement : l’enseignement, quel qu’il soit, n’est que la force d’alignement d’une minorité sur une majorité. L’enseignant, ou le groupe enseignant, plie la perception du groupe enseigné pour le mettre dans son choix de perception définissant la réalité. Il existe quelques formes d’enseignement ne passant pas par ce biais mais personne n’en veut car il repose sur l’auto responsabilisation, l’auto discipline et l’auto vérification. Ca fait pas de bons suiveurs mais ça fait des individus en accord avec toutes les parties d’eux mêmes – ou du moins qui essayent.

Avoir 5 ans en moins de 30 minutes : Si cette option vous tente, c’est en réalité super facile, plusieurs options existent. La chignole bien placée, par exemple, mais, plus festif, vous pouvez prendre 1 gramme de LSD pur et vous resterez quillé sur la planète camembert direct. ATTENTION, faites gaffe de pas atterrir dans le monde des courgettes, c’est moins fun.

“Vous êtes de la race des Preneurs” : Je vous conseille de voir, revoir et surtout entendre et comprendre dans votre quotidien ce qu’essaye de dire l’excellent film INSTINCT

Le divin, une fadaise ? Leurs dieux dogmatiques, peut-être, mais le divin ? En avez-vous seulement fait un tout petit peu l’expérience ? N’avez-vous jamais été Amoureux, Enthousiasmé ? Transcendé ? Même par la souffrance ?

Abonnez-vous, c'est gratuit !

Le billet d'information de La Passerelle

La gazette d'ici même*

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Cet article a 6 commentaires

  1. lolote

    MERCI! Excellent ton article et qui, bien qu’il parle du flou de la magie, il dissipe le flou (ou plutot la bouillasse) du “je veux” du négociateur. On est tellement habitué à faire pour avoir que faire pour faire peut nous terrifier au plus haut point (je parle en connaissance de cause lol). Comme tu dis c’est à la fois simple mais pas facile, et je me tape un peu la tête sur les murs sur cette question. Donc merci car cet article est hyper clair 😉

  2. julian

    Non mais sans déconner ! Vous avez rien de mieux à faire ?
    Et on s’étonne que la France en est là aujourd’hui, avec ce genre d’élucubration qui invite à ne poursuivre aucune fin. Comment cela peut-il rapporter quelque chose, la moindre richesse, la moindre mesure, le moindre résultat concret et utile ? Ne savez vous donc pas que le travail et l’effort est gratifiant, que les buts atteints sont les marches de notre progrès, que le bonheur et le bien-être ne nous est pas servis sur un plateau d’argent ? Qu’il nous faut le construire de nos mains et notre réflexion éclairée ? Pensez-vous que parler au farfadet va aider le tiers-monde ? Et puis quoi encore, compter les moutons dans les nuages fera de nous un citoyen engagé dans sa communauté ?

    Bref! Soyez plus concret que ça les enfants, le monde à besoin de vous plus que jamais pour assurer l’avenir.
    J’ai perdu 10 minutes de mon précieux temps et 1/10 d’acuité visuelle à lire cet article. Mais il vaudrait encore mieux être aveugle que de lire ces inepties !!

    Signé, le chou-farci masqué.

  3. Gérôme G

    Je ris un peu jaune au commentaire de @julian la période actuelle, l’histoire nous montre que justement les gens qui parlent aux farfadets n’ont jamais fait un dixième des dégâts que les gens sérieux qui poursuivent un but, même honorable à leurs yeux, ont fait. D’ailleurs dans l’article l’auteur se moque un peu des gens qui vivent d’amour et d’eau fraiche. J’en déduis donc que vous mentez, vous ne pouvez pas perdre un oeil puisque vous êtes déjà aveugle à ce que les gens qui veulent ont fait de cet Eden d’origine. Au passage après une trop longue période à vivre dans le monde des gens qui veulent des choses, en poursuivant un but, me mettre à l’abri et vouloir aider les autres pour mon confort moral, j’ai complétement changé de vie. Je parle aux esprits des bois, aux fées et curieusement j’ai plus aidé les humains en 5 ans qu’en 15 ans de militantisme ? Pourquoi parce que je suis disponible, ouvert, et que je fais juste ce qui doit être fait, en espérant juste avoir une récolte à la fin de la saison. Quand aux gens qui luttent et se battent, peut-être ont-ils juste peur de se retrouver face à eux même et au vide intérieur. Pour se qui d’aider le tiers monde, je crois que si on leur foutait réellement la paix au lieu de ce donner bonne conscience en les soignant des maux que nous provoquons, je crois que vraiment ils sont largement capable de s’occuper très bien d’eux même. 
    Signé, le semeur fou

  4. Renaud

    ALors @Julian au départ je t’ai fais une looooongue réponse vachement bien argumenté ou je me justifiais tout plein et puis en me rasant je me suis dit que c’était totalement con. Du coup je ne met que le début :
    “je ne sais pas si tu parles au premier ou au second degré. Le début me fait penser que c’est du second degré, le milieu et la fin pas du tout et la signature me laisse perplexe. Je choisis donc de croire que ça n’a aucune importance.”

  5. julian

    Ai-je été à ce point crédible ? Ahah, qui l’eût cru.
    C’est un personnage que je connaît bien sans doute. On le croise partout: lunette noire, costume noir et capable d’éviter les balles en faisant une crise d’épilepsie.
    Je n’avais pourtant pas fait le moindre effort pour vous faire cet effet. Ni coiffeur, ni rasage, ni injection de botox. J’avais même pas repassé le costume. Ce doit être le talent ou seulement le fait que les mots sont des panneaux.

    J’observe donc que mon clin d’œil n’était pas évident sous mon masque ffp2.
    J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié votre sollicitude concernant mes problèmes oculaires, c’est pourquoi je tiens à vous rassurer: scintillement, protrusion, décollement de rétine, cataracte… bref, ils dysfonctionnent à peu près normalement. C’est à dire selon la norme en vigueur. Tout va bien et l’article m’a, en vérité, ravi les mirettes (je le dis pour votre sourcil encore levé).

    Hasta pronto 🙂

    Ps: je répond ici, j’ai plus mon password et la makina ne m’envoie rien sur ma boîte mail.

    1. Arnau de Vilanova

      C’est le talent ça ! L’humour pince-sans-rire tellement intégré qu’on arrive à s’étonner soi-même que ça marche, à s’étonner ou à se prendre des tempêtes dans la gueule même de la part de ceux qui nous connaissent bien. A se demander pourquoi on fait ça.

Faire pour faire ou Faire pour avoir ? Insuffler une autre intention à nos actes
Photo by Jr Korpa on Unsplash
×
×

Panier