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L’écologie c’est bien ! L’économie c’est mal ! C’est le genre de phrase que j’adore détester entendre. Le capitalisme n’est pas à regretter ou à aduler. C’est un fait ! La banque est au coeur du monde pourrissant que nous habitons. C’est un levier majeur de toute action qui se veut pérenne. Même les terroristes passent par des banques ! Alors pourquoi n’osons nous pas utiliser cet outil en favorisant une banque éthique ? Nier le pouvoir que la finance a sur le monde c’est refuser de faire ce qu’il y a à faire.

Dans la réalité peu d’entre nous font l’effort de s’intéresser vraiment à l’impact de leur épargne sur l’économie. D’autres parts ses banques éthiques, qu’on nous vend comme vertueuses, réservent quelques déceptions et demandent de sacrifier le confort d’une épargne / retraite par capitalisation pour que les coquelicots continuent à fleurir.

Banque éthique voir écologique c’est possible ?

Nous pourrions tout renverser, tout brûler. Passer l’éructation adolescente cela entrainerait plus de dégât qu’autre chose. Nous vivons dans un monde fermé, ou toute vision un peu globale et systémique reviens toujours au même point : l’argent / énergie est le nerf de la guerre ou de tout changement.

Je suis issu, ou extrait, d’une longue lignée de gens qui comptent des sous et pour reprendre un mantra familial :

Le casino gagne toujours – la banque ne perd jamais.

Oui je sais en plus d’être infirme j’ai de la famille dans la finance. Que voulez vous on a un karma de merde ou pas ! Je rigole !

Croire que nous allons trouver une banque verte, une banque qui oeuvre par la volonté du saint esprit pour le bien être de l’humanité et pour que la vie prospère et fleurisse sous nos pieds c’est d’une candeur qui frise la démence. Une banque est un organisme PRIVE (ou MUTUALISE) qui a pour but de faire des profits ! Et maintenant même de les maximiser.

Comme toute entreprise privé on peut souhaiter qu’elle est une éthique mais on ne peut pas l’exiger. Sinon ça devient une banque d’état et malheureusement l’histoire est là pour nous rappeler que ce n’est pas une garantie suffisante.

En gros : vous pourrez chercher vous ne trouverez pas LA BANQUE ETHIQUE pure et parfaite ! Même des banques comme le crédit coopératif ou des banques d’épargnes comme la NEF ne sont pas sans certains soucis. Donc chers ami.e.s intégristes de la vertu verte prenez un prozac et arrêtez de pleurer.

Quand à vous chers ami.e.s qui trouvez toujours une bonne excuse pour ne pas changer et qui ricanez stérilement en disant « le bio ça existe pas » – ce qui est pas totalement faux mais que partiellement vrai – posez vous cette question :

Entre un rhume et une pleurésie vous choisissez quoi ?

banque-ethique-ecologie

Une banque ne peut pas être éthique ou écologique !

Ca c’est ce que nos idées courtes et le prêt à penser médiatique et politique voudrait nous faire croire. Analysons un peu la situation actuelle. Je vais faire très très simple et je vais un peu laisser de coté le rôle majeur du consommateur. Si vous voulez apporter des précisions faites le, j’en serais ravi.

On peut dire qu’une des raisons majeures du désarroi social et écologique actuel est issu du duo consommation / production. Pour vivre une entreprise privé, y compris une banque, doit maximiser ses profits. Alors que pour vivre un individu doit simplement subvenir à ses besoins en évitant les prédateurs.

Les prédateurs du genre humains à l’heure actuelle étant essentiellement les bactéries et autres virus et … ses frères et soeurs bipèdes à gros cerveau plein de vide.

Le duo offre / demande fait le jeu de la banque

D’un coté l’offre – l’entreprise, la production et de l’autre coté la demande – le consommateur, la consommation. Si le duo offre / demande n’est pas en accord le système ne marche pas. Nous sommes donc tout aussi responsables que les industriels (l’offre) de l’état du monde.

C’est bien pour ça qu’on a inventé la publicité. Pour faire croire à la demande qu’elle a besoin de l’offre.

L’offre, l’entrepreneur, peut, dans un premier temps, fonctionner sur ses fonds propres. Mais rapidement, par le jeu des concurrences entre autres, il va avoir besoin d’investissement pour conquérir plus de demandeurs / consommateurs. C’est là que la banque entre dans le jeu.

De l’autre coté, pour la demande, c’est la même chose. Des besoins lui apparaissent ex nihilo depuis son poste de télé ou sa pub youtubesque. Le cerveau reptilien réclame sa récompense et son portefeuille lui cri famine. La banque est donc, ici aussi, la solution.

Conseil de films :
1000 milliards de dollars – 1982 – d’Henri Verneuil
The big short – 2015 – de Adam McKay

Le système bancaire dans le meilleur des mondes …

ça marche comme sur la vidéo en dessous. Bon en vrai c’est un rien plus complexe et la vidéo passe sous silence ce qui est en vogue depuis les années 70/80 à savoir la spéculation et la capitalisation. Actions qui rapportent maintenant aux banques et aux investisseurs bien plus que l’économie « réelle ».

Reprendre le contrôle sur l’offre grâce à la banque éthique.

La banque, en temps qu’entité dépositaire de la répartition de l’argent / énergie, est le maillon central de tout notre système actuel. Nous pouvons le déplorer c’est comme ça. Nous pouvons avoir l’idée adolescente de les brûler mis à part créer un immense merdier ça ne changera rien. D’ailleurs quel salarié est prêt à mettre le feu à l’organisme qui lui permet d’acheter sa chère maison payable en 300 mensualités sur 25 ans ? AUCUN !

Comme un handicap, un bec de lièvre ou des gros orteils nous devons apprendre à vivre avec. Ce qui ne veut pas dire faire comme bon leur semble ! On peut mettre des chaussures plus larges pour avoir moins mal au pieds. On peut donc choisir une banque plus éthique pour qu’elle finance une offre plus écologique et humainement plus saine !

Le hic c’est de faire comprendre / entendre aux instances bancaires (et aux entrepreneurs) que l’écologie est rentable. Que le solidaire et l’éthique sont sources de bien être donc de stabilité et que la stabilité c’est très bon pour le business. Pour ça il faut que la demande de « paix » soit supérieure à l’offre de « chaos » et ça c’est pas gagné !

Banque éthique : la vie avant les profits

Je le répète ne nous leurrons pas. Un organisme bancaire, privé, ne va jamais financer à perte (sauf La NEF) ça ne serait d’ailleurs pas forcément souhaitable. Mais dans le cadre des banques éthiques, à l’inverse des banques toxiques, ils sembleraient que la vision à long terme soit privilégié à celle des dividendes de fin d’année. Mais faut il encore que cette offre de banque ethique ou de banque écolo existe. Pour ce faire je me suis essentiellement servi du classement de l’organisme FAIR FINANCE.

Sur le tableau ci dessous vous trouverez différents critères qui, en apparence, vont à l’opposée de la maximisation des profits. Donc si vous voulez devenir riche et vous faire un petit pécule pour votre retraite choisissez ceux en rouge. Sinon …

tableau-classement-banque-ethique

Source : FAIR FINANCE 2017

Banque éthique : une réalité plus complexe

Comme toujours la vie est plus complexe qu’une statistique ou un bout de papier. La ou sur le papier tout semble rouler il est souvent intéressant d’aller voir sur le terrain. Et bien je n’ai pas été déçu ! Dans la banque, comme ailleurs, vous êtes en face d’un humain. Et dans les banques éthiques, comme ailleurs, les humains sont souvent décevant !

Je croyais, naïf que je suis, qu’en travaillant pour une honnête institution style le crédit coopératif le salarié moyen allez être investi d’une mission sacré. Et bien pas du tout ! Ils font ça, et je les comprend, pour un salaire ! Alors oui ils vont vous dire que leur banque est vachement mieux, éthique et favorisant le nouveau monde. Mais ça c’est les éléments de langage qu’ils ont reçus. Dans les faits ils s’en contre balancent le coquillard du moment qu’ils ont leur chèque.

Je sais je généralise et il y a forcément des cas particuliers. Mais pour avoir discuter avec pas mal d’ami.e.s ayant essayé de changer de banque pour passer vers une banque plus verte. J’ai quand même recensé pas mal d’incohérence et d’incompétence qu’une banque pourri mais classique ne se permettrait pas. Je ne vais pas vous les énumérez mais toujours est-il que je n’ai, hélas, pas changé de banque.

Le crédit coopératif, pour les salariés.

Après une petite enquête sur le terrain qui n’a pas valeur de preuve mais d’illustration. Il semblerait que les employés du crédit coopératif (filiale de la BPCE) est reçu comme critère de sélection de favoriser les salariés et les retraités. Pourquoi ? Facile ! Ce sont des « investisseurs » fiables et peu couteux en compétence et en mains d’oeuvre.

Une profession libérale a des revenus très fluctuants et des demandes d’investissement relativement à risques compte tenu de la conjecture actuelle. De l’autre coté un salarié ou un fonctionnaire moyen lui a une vie économique relativement stable et des demandes d’investissement relativement sécurisée. Idem pour un retraité.

La banque va donc minimiser ses risques et de fait sécuriser ses bénéfices à défaut de les maximiser. Alors oui elle est assez clean au niveau social et environnemental, même s’il y a pas mal de défaut encore, mais elle n’est réservé qu’à une frange de la population.

Si tu es infirmier.e, maçon ou auto-entrepreneur et que tu veux un compte courant chez eux… passe ton chemin !

Banque éthique : Salaire ou épargne

Ce qu’il faut comprendre c’est que, bien sur, votre salaire ou vos rémunérations alimentent le marché global. Mais dans qu’elle proportion ? Nous ne vivons pas dans un monde idyllique et parfait. Ma petite expérience avec la seule banque « verte » et solidaire du marché français étant assez décevante je me suis donc mis à réfléchir.

Comment faire ? Je ne vais pas me salarier pour pouvoir rejoindre le crédit coopératif tout de même. Quand à la retraite… C’est pas que je veux pas mais en face ils ont l’air moyennement motivés.

Du coup qu’elle banque utiliser pour mon compte courant ? Puis en discutant avec ma fameuse famille qui bosse dans al banque j’ai fait baisser mon taux idéologiques pour me rabattre sur la dure réalité : Ce ne sont pas les quelques centaines d’euro de fin de mois qui participent le plus à l’économie mondiale et à l’exploitation de l’homme par l’homme.

Par contre mon épargne, les quelques monnaies mise à gauche pour une hypothétique retraite, mon PEL, mon LEP fantasmé, mon CODEVI virtuel ou un improbable PE oui ! C’est donc, en attendant que les banques changent vraiment, sur cette épargne qu’il faut consacrer nos efforts. Et là le hic c’est qu’en vraiment éthique ben il n’y a que la NEF.

La NEF une banque verte … d’investissement !

Petite aparté sur les débats à la con autour de la NEF et ses origines anthroposophiques

Si vous tenez compte de ce genre de choses alors vous ne roulez plus en Renault (collaboration avec le régime NAZI) ni en WV et en Mercedes. Dans le même ordre d’idée le moindre planton qui vous héle étant potentiellement à la solde du futur gouvernement de Vichy ne mérite que d’être explosé. Sans parler des Corses qui ont enfantés un Bonaparte, des Italiens avec une ribambelle de dictateur depuis la Rome antique…

Vous voyez que ces histoires de racines c’est mignon mais faut pas pousser mémé !

La NEF donc a tous les éléments pour être une super banque éthique. SAUF que ce n’est pas une banque mais un établissement de crédit spécialisé. En gros vous n’aurez pas la possibilité d’avoir un compte courant pour déposer votre salaire, vos pensions et autres revenus directs. Zut !

Second point relativement désagréable : le taux d’épargne y est plus que quasiment nul puisqu’il est en dessous de l’inflation ! Donc en gros si je dépose 10.000 € sur La NEF avec une inflation à 1.8% en 2018 et un taux d’épargne NEF à 0.10% j’ai, en fin d’année … PERDU 1.7% de valeur monétaire !

Et oui la NEF est la seule banque qui vous fait perdre de l’argent en vous le disant ! Les autres vous en font perdre bien plus sur le long terme mais ils ont de très bon lubrifiants.

A priori pas génial pour sa retraite. C’est exactement comme quand vous mettez (ou mettiez) votre argent liquide sous le matelas. Mis à part qu’en plus à LA NEF il y a moyen d’avoir une déduction fiscale ET que vous œuvrez pour financer des projets humains et durables.

Choisir une banque éthique pour son épargne : un effort sacré.

Vous voyez ce n’est pas si facile. Il y a encore beaucoup d’effort à fournir pour arriver à des financements qui respectent à la fois l’investisseurs, vous et moi avec notre épargne, la planète et les autres humains en bout de chaîne. Plusieurs facteurs rentrent en ligne de compte dans le choix d’une banque éthique.

Améliorer le contact humain

Un des aspect qui est souvent mis de coté et celui du contact humain avec son conseiller. L’univers bancaire, plus encore que celui politique, repose sur un pacte de confiance. Pour un grand nombre d’entre nous cette confiance passe encore par une rencontre réelle.

Pour ma part je n’ai pas eu de bons échos sur la politique globale menée par le crédit coopératif depuis 3 ans. J’ai donc choisi l’organisme bancaire qui me semblait le moins pire pour mon compte courant : la Banque Populaire. Des frais très bas, une politique moins merdique que celle de la Société générale ou j’étais. Il y a énormément de choses à améliorer mais entre l’infection pulmonaire et le cancer du poumon j’ai du choisir.

L’effort de choisir la solidarité

Quand à mon épargne elle est maintenant sur La Nef. Je sais que je perd de la valeur monétaire. Je sais qu’il y a au sein de cet organisme financier une éthique qui cache un aspect moral avec lequel je peux être en désaccord. Je ne ferais pas ma retraite par ce biais là mais je fais un pari sur l’avenir. J’espère que mes quelques euros serviront à un commerce de proximité, une épicerie vrac ou l’implantation d’une éolienne communale.

Je ne me leurre pas sur la porté de la chose, juste je gagne un peu en cohérence avec moi même et si je suis honnête c’est la seule vrai richesse que j’ai, elle ne fait pas manger mais elle permet de dormir peinard

Maintenant à vous de choisir. Sacrifier un peu de votre train de vie, vous priver un tout petit peu plus tard en pariant que cet effort vous permettra de vivre dans un monde, pas meilleur, ça c’est trop tard, mais moins pire.

Renaud

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Banque éthique c’est possible mais pas si facile.
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