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Je continue mon tour d’horizon des thérapies psy… Ces pratiques plus ou moins reconnues mais qui ont, ou qui ont eu, le vent en poupe. Je vous ai déjà parlé des Constellations familiales en Décembre. Cette semaine j’essaye de faire un état des lieux de ce qu’on nomme le décodage biologique des maladies. Pourquoi ça me semble utile de s’y pencher ?

Allo tonton, pourquoi tu tousses ? Le décodage biologique

Sans m’étendre dessus, disons que dans mes très nombreuses rencontres et recherches autour de la généalogie, j’ai découvert que des transmissions autres que matérielles et évidentes (une maison par exemple) se produisent entre les personnes d’une même famille. Ce qu’on nomme « héritage familial » n’est pas seulement le fait de récupérer de l’argent ou une maison. Ca c’est pour la partie sympa de l’héritage, encore que vu de plus près, rien n’est gratuit en ce bas monde. Cet héritage c’est aussi récupérer des dettes financières mais également des « dettes » plus subtiles comme des comportements, des masques et dans le cas du décodage biologique, des pathologies en tout genre !

J’ai l’impression que c’est comme une sorte de fidélité inconsciente qui fait que l’on reproduit les tendances caractérielles, les habitudes alimentaires, les emportements de caractère d’un parent décédé ou simplement absent. J’ai même vu l’aspect physique, la manière de respirer et jusqu’aux pathologies d’une personne changer à vue d’oeil dans les années qui ont suivi le décès de sa mère.

Genèse du décodage biologique

Certains ont accompli des recherches sur le sujet en établissant une cartographie des maladies et leur sens caché. En se souvenant, au passage, que la carte n’est pas le territoire, on peut regarder de plus près ce qui a été pointé du doigt dans ce domaine. Cette tendance est d’ailleurs à la mode depuis quelques années avec des livres du type « dis moi où tu as mal » de Michel Odoul…

Le père fondateur du décodage est le docteur Ryke Hamer, allemand, qui a publié « La médecine nouvelle » en 1981. Ce nom a d’ailleurs été donné à son mouvement qui a fait des adeptes.

R. Hamer a voulu montrer que malgré la pollution, les ondes, les perturbateurs endocriniens et autres causes extérieures de perturbation qui peuvent agir secondairement, le cerveau sous stress très important envoie une solution de survie (une interprétation de la réalité)  sur un organe précis, qui devient symptôme et maladie jusqu’à la résolution consciente du conflit vécu dans le corps.

Le point de vue de Hamer

Hamer reprend ce qui existe dans la médecine ayurvédique, chinoise et autres depuis quelques millénaires. Pour lui, la logique des médecins modernes, par contre, ne soigne rien de la cause. Bien au contraire, via tout un système de peur et de propagande pour faire fonctionner un système politico industriel, elle ne fait qu’amplifier ces causes et se limite au symptôme…

Hamer s’est retrouvé en prison pour ses prises de position.

Le décodage biologique de Claude Sabbah

Chez nous, il y a le docteur Claude Sabbah, qui a fondé un enseignement du décodage bio et fait, lui aussi, des émules. Lui aussi a dû faire de la prison pour ses prises de position. Pour exemple de ses prises de positions, je vous propose sa vision sur le tabagisme. Il dit que l’on peut fumer des dizaines de cigarettes tous les jours sans poser de problème de santé à son corps, alors que croire à ce qui est écrit sur les paquets est une vraie menace à nos organismes.

Son enseignement est connu sous le nom de biologie totale.

Les tribulations du décodage biologique ?

En raison de ce qui est arrivé à ces deux médecins, les successeurs se montrent très réservés sur la question du décodage. Ils prennent des précautions, en disant qu’il s’agirait uniquement d’hypothèses, que cela ne saurait en rien constituer un avis médical, etc..

C’est le cas de C Flèche, auteur d’une vingtaine de livres sur le sujet où il se déclare d’ailleurs inventeur du décodage biologique dans les années 90, mais en aucun cas en filiation avec la biologie totale. Perso, j’ai pas bien compris comment c’est possible, mais passons ! Une petite histoire d’égo, peut-être bien ?

le decodage biologique
crédit photo : lereperedelalicorne.fr

La substantifique moelle…

Quelle est l’idée importante derrière les découvertes faites par ces superbes egos ? Dans l’histoire de l’évolution animale, l’être humain est un phénomène récent et finalement pas si évolué qu’on voudrait bien le dire. Notre cerveau reptilien continue de mener la danse la plupart du temps, n’en déplaise aux intellos de tout bord.

Comme dit Audiard : deux intellectuels assis vont moins loin qu’un con qui marche.

Nous avons eu Descartes et toute la suite bien pensante. Depuis quelques dizaines d’années, nous avons super carburé du cortex cérébral mais notre biologie, elle, reste lamentablement (pour les RBB) animale. Nous croyons rationaliser, nous restons soumis essentiellement à nos pulsions de peurs, de survie, d’envie et à pulsations biologiques. Nos amies les hormones…

Notre quotidien vu par le décodage biologique

D’un point de vue civilisé, un tel vous dira avoir des préoccupations philanthropiques ou morales et agir par charité et désintéressement… Si on prend un peu de recul et qu’on oriente notre vision, on s’aperçoit très vite que ses actes sont liés à des notions de territoire, la peur de manquer. Dans sa manière d’être philanthrope ou humaniste on va retrouver des actions d’affrontement, de fuite, des réflexes de domination ou de soumission…

La moindre surprise, le moindre imprévu ou la plus petite contradiction dans notre quotidien nous fait changer complètement de registre. Dès qu’un conflit arrive dans notre quotidien, c’est le cerveau archaïque qui va prendre les commandes. La raison a beau tenir des discours très posés, très « propres », ce que l’individu animal fait, ou pour les plus « sages » l’intention qui mène son action, n’est pas du tout aussi rationnel et posé.

C’est ce que disent les recherches en décodage, et ça me plaît parce que notre suffisance en prend un bon coup !

Quelques cas précis pour illustrer :

Monsieur X est licencié. Instantanément l’inconscient biologique envoie la réaction dans l’organisme. Je vais manquer de nourriture, je risque de crever, mourir, disparaître… Le foie commence à fabriquer une pathologie.

Le décodage biologique interprète : c’est l’animal qui n’a plus de proie et qui crée un nodule du foie, pour donner l’illusion à son corps qu’il est en train de stocker quelque chose. Si cet individu ramène à sa conscience que le fait d’être licencié peut aussi signifier l’opportunité de commencer à faire autre chose, d’être plus créatif, de travailler à autre chose, sa biologie stoppe le symptôme et entre en guérison.

Dans une entreprise, le fils rejoint le père et prend toute la place. Le père se sent dépossédé de son rôle de meneur et commence une pathologie du cœur.

Le décodage biologique interprète : Dans la nature, le plus ancien cerf qui voit un rival plus jeune le défier se sent attaqué et mobilise toutes ses forces en envoyant beaucoup d’oxygène dans le sang. Il hyper-artérialise son cœur. Si le père se retire de son entreprise librement, laissant les responsabilités à son fils pour se consacrer lui-même à d’autres projets, sa biologie stoppe le symptôme.

décodage biologique hamer
crédit photo : hypnosens.fr

Ces petits riens qui nous tuent

Une personne partage son appartement avec une amie qu’elle aime pourtant bien. Durant son absence, cette dernière s’est installée dans sa propre chambre pour étudier. Pour celle qui revient et découvre la situation, c’est un choc ! L’autre est allée trop loin sur son territoire privé. Alors son organisme provoque un problème urinaire. Dans le règne animal, le léopard urine chaque jour pour marquer les limites de son territoire. Si la personne reconnait qu’elle a réellement besoin d’un espace privé pour elle-même et l’exprime à sa collègue, il n’y a plus de symptôme.

Une femme se sépare de son mari, mène une nouvelle vie agréable et pourtant se met à grossir de 80 kilos. Elle pourra vraiment perdre du poids le jour où elle réalisera qu’elle reste attachée à son ancien mari et qu’elle continue de vouloir le porter en elle-même… Au fait, il pesait 80 kilos !

La honte de notre animalité

Le conflit biologique est inévitable dans la vie. Pourtant les animaux le solutionnent toujours immédiatement. Un animal, non domestique,  fabrique un nodule du foie par manque de nourriture. Dès l’instant où il retrouve quelque chose à manger, son foie se régénère aussitôt. Le vieux cerf, lorsqu’il a compris qu’il n’est plus le leader sur son territoire, son coeur cesse de s’hyper-artérialiser. Et il va vivre ses derniers jours tranquilles.

En revanche, l’humain ne solutionne pas immédiatement son conflit biologique. Le fait de nier avoir ressenti quelque chose avec son esprit rationnel, par souci de conformisme moral (ou autres), l’oblige à continuer de faire vivre ces symptômes issus du comportement de survie.

Ce que je retiens, la substantifique moelle du décodage biologique, qu’il soit de Hamer, Sabbah ou autres, c’est la suprématie de mon cerveau reptilien et de ma biologie. Au delà de tous mes efforts conscients, de toute ma « bonne volonté » pour ne pas être, ne pas agir, ou ne pas ressentir comme un animal, je reste un animal !

Synthèse du décodage biologique

J’ai des réactions émotionnelles face à un évènement. Des réactions qui, si elles ne sont pas de l’inné, sont tellement vieilles, tellement ancrées qu’elles sont un sous moi qui prend toujours le dessus. Devant une parole inattendue, une info qui me surprend, je réagis animalement et émotionnellement.

Si je m’autorise à reconnaître ce qui se passe en moi à ce moment là, si j’ose me l’avouer, si je me donne le droit de ressentir, alors j’exprime, je passe à autre chose et je me guéris immédiatement. Par contre si je nie la part émotionnelle, je refoule, je garde imprimée, stockée une partie de moi-même.

L’intention du corps est donc positive. Tant que je n’exprime pas, j’enkyste à l’intérieur de moi pour m’obliger à ressentir et évoluer, changer. Le plus tôt étant le mieux car au plus cette émotion se tend / s’enkyste à l’intérieur de moi, au plus le symptôme grandit.

Des siècles de formatage sur la négation du corps et le culte de la tête bien faite, et voilà à quel point on s’est dénaturé. Le taoïsme disait pourtant bien que nous avons deux cerveaux : la tête comme une bibliothèque et le ventre, siège du ressenti et de l’action. Même les moines médiévistes et les alchimistes nous représentaient de cette manière.

L’importance des souches bactériennes intestinales et la découverte des milliards de neurones dans nos différents organes internes est peut-être l’augure de changement profond  dans nos manières de nous voir et de nous vivre… Peut-être.

Derrière le masque et l’apparence, allons-y ! Reconnaissons cette partie de nous animale ! Avec ses multiples facettes émotionnelles, vivantes, rebondissantes, pleine de détente et de présence! Et puisque depuis la nuit des temps, les animaux ont maintenu intact les conditions naturelles de vie sur terre, comportons-nous donc comme des animaux …

Plus loin :

Pour ces photos et son contenu lereperedelalicorne.fr

 

avatar laurent

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Une brève histoire du décodage biologique

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