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La Perspective, esprit du Zen

Aujourd’hui on parle méditation, esprit « zen », détachement etc … En gros tout ce dont les gens, quand ils sont en formes, ont très envie de faire. Mais aussi tout ce qu’il nous est impossible de faire, vivre, quand on est au fond du trou. Le Zen ou l’art de la distance, l’art de la mise en perspective de soi même.

La perspective, l’art de voir plus loin.

La mise en perspective c’est la capacité de voir la globalité, d’être à ce moment là, plus que le petit moi et de plonger dans le Je(u). Hélas Il n’y a pas de technique, il n’y a pas de médicament ou  une pratique miracle pour l’ acquérir !

Des pratiques peuvent aider. Elles peuvent vous jalonner pour arriver à, mais la base le fondement de cette nouvelle façon de voir et d’être au monde est une intention profonde est inflexible.

Inflexible n’est pas raide. Inflexible ne veut pas dire dur, simplement une intention constante, sans faille.

Le réel, un choix de la perception.

La profondeur d’ancrage en vous même de votre intention est le meilleur moyen pour accepter les fluctuations de la surface. Quand il y a des rides à la surface de l’eau les profondeurs du monde sous marin n’en sont que peu ou pas touché.
La méditation, ou tout autre pratique ayant pour but le retour vers l’intérieur de soi, nous donne l’occasion de sortir de la piste du temps. Sortir des fluctuations c’est mettre en perspective justement.

Notre volonté inflexible d’être Libre, avec un grand Aile :), nous détache de l’illusion de notre vie, nous donne ce pas de recul qui permet de voir et d’envisager le monde formel non comme la réalité mais comme une réalité, un point de vue.

Laisser s’éloigner l’acquis

Les images suivantes sont ce que nous nommons des illusions d’optiques. Ces images qui jouent justement avec la perspective nous semble « aller de soi » comme étant « impossible ». Pourtant nous ne les jugeons comme impossible à cause d’un seul facteur : nous avons appris qu’elles étaient impossibles !

Un personnage tient la Pleine Lune au bout d'un fil, comme un ballon de baudruche.

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Un personnage tente de monter sur la Pleine Lune à l'aide d'une échelle.

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L’impossible n’existe qu’en fonction des connaissances, des « certitudes » valable à un instant T. La science, l’église, notre famille, le monde nous a appris que la réalité était comme ça et nous avons donné notre accord. L’histoire nous apprend que ces « certitudes » sont toujours variables en fonction de qui a le pouvoir… Il n’y a pas si longtemps il était évident pour tous que la Terre était plate …

Mais ce que nous nommons réalité n’est juste que notre habitude de perception. Le résultat grandeur réelle du conditionnement appris. La réalité n’est qu’un point de vue perceptif. Une restriction de la perception globale. La « réalité » n’est qu’un possible. Un choix consensuel.
 

Montrer une de ces images a un enfant de trois ans … pour lui elle est la réalité. Expliquez lui que non, détaillez en parlant de la gravité, de la taille, la distance… Ce qui était réel 20 minutes avant n’est plus possible, la magie viens de disparaître … Le réel, en tout cas le réel commun et consensuel vient de prendre un peu plus de place, les limitations aussi, l’impossible grandi.

Et pourtant la science nous dit que

La physique quantique et les mystiques nous disent que cette image est possible. Même mieux Ils nous disent (les 2) que c’est une réalité qui existe déjà en potentiel.

Il ne nous reste plus qu’à choisir le « réel » est un choix perceptif (cf Castaneda et le point d’assemblage entre autre). La connaissance de ces possibles mondes permet elle aussi de prendre de la distance et de de créer une mise en perspective.

Mise en perspective et vie quotidienne.

Soit nous envisageons de rester le nez sur le guidon d’une situation et de fait y rester engluer. En gros de valider ce qu’on nous a appris. Valider la représentation du monde et la manière d’être à ce monde consensuelle.

Soit nous faisons un pas de coté pour envisager le « réel » sous un autre angle, ou bien deux pas pour avoir encore un autre angle ou même 100 pas pour avoir une vue très globale des événements.

Mais parfois un gros choc émotionnel, une maladie, la « fatalité » … nous embourbe et nous fait plonger dans le pathétique (de pathos) alors il faut redoubler d’effort pour faire ce pas de coté. A ce moment là même deux centimètres de décalage vers l’abandon de notre habitude perceptive permet de voir la profondeur des événements. Ce lâcher prise, cette acceptation pleine et entière que malgré la souffrance (ou la joie) nous ne percevons qu’une toute petite parcelle de la globalité et d’une incroyable puissance.

Si nous savons intégrer dans notre quotidien cette mise en perspective par rapport à ce que nous vivons, percevons nous acquerrons, petit à petit, la capacité, non pas de déformer les faits mais de changer notre perception des faits !
Un exemple facile :

Vous partez pour un rendez vous, un pneu de votre voiture est crevé Option 1 – Enculés de jeunes ils m’ont crevés le pneu | Option 2 – En changeant ma roue je vais prendre le temps de me demander si j’ai vraiment envie / besoin d’aller à ce rendez vous et envisager en fonction. Bien sur il y a une multitudes d’autres options possibles 🙂

Vous allez partir à la mer, vous en avez très envie. La pluie arrive. Option 1 – Allez à la mer quand même et mouillé pour mouillé … Option 2 – Vous restez chez vous en trouvant ça injuste. Vous gueulez après vos gamins parce que vous êtes déçus et tous le monde passe un dimanche aprem de merde … Option 3 – Ok on reste à la maison, on joue au 1000 bornes, on va pas se frapper les bouchons de retour et puis j’ai un texte à pondre pour demain matin et j’ai la flemme mais pas le choix … Ici encore une multitudes d’autres options

Voir le monde, le réel sous un autre angle.

Faire l’effort de voir avec une autre perspective, nous sort de notre conditionnement. Ce décalage, cette mise en relief, nous oblige à ne plus être ce que nous nommons « nous-même » mais à prendre un point de vue plus large. La mise en perspective en donnant du relief, en changeant nos certitudes et nos habitudes nous permet de devenir un autre humain. Pas mal non ?

Tous les domaines y sont accessibles.

Notre perception touchant tout, puisque c’est notre perception qui fait exister le monde, le travail sur cette perception peut être appliqué à tous les domaines. La psychologie, la vie économique, la sociologie, l’écologie, le monde du travail, la famille, la santé … Tous les domaines du vivant, abstrait ou non, sont accessibles à cet autre point de vue.

Le noob et le geek – exemple

Je me souviens de la réparation d’un ordi, je galérais croyant mis connaitre un pote qui n’y comprenais rien ce pointe et en buvant son panaché me dis « tu devrais débrancher le lecteur dvd ». Je soupirais, attristé par sa sottise. Ca n’avait rien à voir et techniquement, réellement, il n’y avait aucun lien entre les deux choses. Mais au bout de deux heures en désespoir de cause je débranche le lecteur dvd … L’ordi a marché super bien trois ans

Si nous acceptons la leçon et que nous ouvrons les yeux en sortant de ce que nos yeux et notre mental ont appris à être le réel nous avons tous des dizaines d’exemples de ce style.

La voiture qui refuse de démarrer pour aller à un rendez vous de merde et qui démarre l’heure du rendez vous passé. Dans un autre genre, l’inculpation de Dsk l’empêchant d’être président. L’amende qui tombe le premier jour des soldes pour vous éviter d’aller dans une rue pleine de gens hystériques et de vous planter en bagnole en revenant. Cet accident qui n’a donc pas eu lieu grâce à l’amende, vous permet de faire des galipettes à votre copine. D’avoir un enfant qui dans 20 ans sauvera la vie de celui qui 10 années après mettra au point le premier moteur viable à base d’hydrogène révolutionnant ainsi les transports…

Comment qu’on fait …

C’est tellement simple qu’on ose à peine y croire (on nous a appris que ça devait être compliqué). Il « suffit » d’abandonner, pas de renoncer, juste d’abandonner ce que nous croyons être important.

Ce qui nous semble important ? La définition du monde « réel », la définition du bien ou mal, du juste et de l’injuste. Et plus que tout oser abandonner la définition que nous avons de nous même !

La définition de nous même c’est ce que nous croyons devoir / pouvoir faire ou ne pas faire. Nous abandonner en nous même c’est, sans effort, laisser émerger ce que nous avons au plus profonde de nous même. Cet inconnu qui sommeille. Ne cherchons pas à savoir qui c’est nous le déformerions ! Commençons par redevenir, même deux minutes, le petit enfant qui voyant les images avec la lune s’émerveille.

Si cet enfant est trop loin vous pouvez faire de la méditation. Pas forcément zazen le dos super droit face à un mur blanc pendant deux heures y a plus marrant et tout aussi efficace. Mais faire du ménage, du jardinage, de la cuisine, des maquettes, une sieste, crapuleuse ou non. En somme toute action permettant de sortir du temps, de sortir du flot de nos soit disant soucis, problèmes, douleurs … et qui ne sont au final qu’un point de vue qui nous écrase.

Quand je vous disais que c’était simple ! Simple mais clairement pas facile car au coeur de cette démarche il y a un élément essentiel et pourtant totalement floue et impalpable : l’Intention !

L’Intention au coeur de sa pratique.

La seule condition importante dans votre pratique, on revient au début ;), c’est l’intention que vous y mettez. Si votre intention est de fuir vos problèmes vous obtiendrez un bref et très momentanée soulagement. Par contre si l’intention est d’accepter, et d’abandonner votre définition de vous même et du monde en vous immergeant totalement dans une action alors vous avancerez d’un grand bond même petit (encore du paradoxe) vers la Paix du coeur pour tout ce qui est, fût et sera … même vous même 😉

Sans hésitation je vous le dit « Croire à l’incroyable » (Matrix) est une vertu ! Nous avons tous peur d’être pris pour un con(ne) ? Quelle suffisance ! Nous avons tous peur de nous tromper ? Mais pour qu’il y ait une erreur il faudrait qu’il y ait quelque chose à gagner ! L’amour ? L’affection de vos proches ? Mais l’amour est il une compétition ? L’amour est il un paquet de biscuit qui se monnaye ?

tenir le soleil
Le pouvoir est en nous !

On aime ou on aime pas le reste ce n’est que du marchandage.

Regardez les notions d’amour inconditionnel et conditionnel, c’est édifiant. J’ai peur d’être mis à l’écart, d’être pris pour un fou ? Dois je me taire, dois je me conformer et faire silence sur ce que je ressent, vois et surtout vis au quotidien ? Et vous ? Alors vous avez peur de ce que vous allez trouver ? De qui peut être cet inconnu qui remonte des tréfonds ? Rassurez vous, la seule chose qui remontera est déjà là, vous ne la voyez pas c’est tout ! Peur de votre potentiel, de ce que vous pourriez faire au cas ou, si des fois … Mais c’est vôtre potentiel, pas celui du voisin et puisqu’il est là autant le faire vivre !

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Finalement qu’avons nous à perdre, qu’est ce que le Monde, la Vie, l’Uni-Vert a à y perdre ?
Sur ce trop long texte je vais vous laissez avec deux belles citations

Deux films parmi une multitudes pour faire du bien la ou des fois ça fait aille « rise of the guardians, les 5 légendes » &  Insaisissables

« Ai peur mais ne te laisse pas aller à la peur »
– Don Juan Matus – Carlos Castaneda
« La peur est un sentiment qu’on se crée ! »
– Mon papounet, grand peureux devant lui même
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Naturopathe, Psychothérapeute et Pratiquant de différentes techniques énergétiques depuis plus de 20 ans.
J’anime des conférences / rencontres en essayant d’amener chaque fois un autre regard, une autre manière d’être et de vivre le monde qui nous entoure.
Loin du Mysticisme et du Rationalisme il existe une troisième voie, celle du sourire et de l’harmonie. Un Pragmatisme abstrait pour aimer notre propre paradoxe.

La mise en perspective – Esprit du Zen
Un personnage tient la Pleine Lune au bout d'un fil, comme un ballon de baudruche.
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