Temps de lecture : 5 min

Cette semaine, on continue l’exploration de Sapiens, une brève histoire de l’humanité, de Yuval Noah Harari. Lors du dernier podcast autour de ce livre, on a parlé conditionnement. Et bien aujourd’hui, on va parler suffisance ! Et puis, bien ancrée la suffisance, vu qu’on se la trimbale depuis au moins 100 000 ans !

Et oui, c’est ça qui est formidable avec Sapiens. C’est qu’on découvre les racines de notre connerie, et ça ne date pas d’hier ! Allez, cette semaine, plongeons un peu plus avant au coeur de notre suffisance de Sapiens !

Une suffisance vieille de 100 000 ans pour Sapiens !

J’ai choisi, cette semaine, de vous lire le tout début du livre de Yuval Noah Harari, Sapiens. Car il nous donne des bases pour comprendre l’évolution des humains, et des échelles de temps. Je vous donne quelques chiffres.

  • L’univers a environ 13.5 milliards d’années.
  • Les premiers organismes sont apparus sur Terre il y a 3.8 milliards d’années.
  • Les premiers humains sont apparus il y a à peu près 2.5 millions d’années.
  • Et Sapiens existe depuis environ 150 000 ans.

Ecouter ce texte en podcast

Conseil de lecture :
Sapiens, une brève histoire de l’humanité, de Yuval Noah Hararichez votre libraire ou sur amazon
Ecoute petit homme, de Wilhelm Reichchez votre libraire ou sur amazon

Un parmi les autres

En écoutant ce texte, on re-découvre qu’au départ, l’humain était un animal comme les autres. Il n’avait pas plus d’impact sur son environnement qu’un gorille, une luciole ou une fourmi.

Aujourd’hui, on ne peut pas nier l’impact de l’homme sur son environnement, et franchement, quand on voit l’état de la planète, on se dit qu’on aurait mieux fait de s’abstenir !

Que s’est-il passé ? Il y a eu ce qu’Harari nomme la révolution cognitive. On en parlera plus dans deux semaines. Mais d’un coup, de simple maillon, l’homme s’est retrouvé précipité en haut de la chaîne alimentaire.

Son évolution a été si rapide que l’écosystème n’a pas eu le temps de s’adapter et de mettre en place des contre pouvoirs pour équilibrer la balance. Et l’humain lui-même n’a pas eu le temps de s’adapter !

La suffisance du petit homme

Il s’est retrouvé tout en haut de la pyramide alimentaire, mais sans l’assurance qu’ont tous les grands prédateurs. L’humain s’est retrouvé sur la plus haute marche du podium, tout en étant persuadé d’être encore parmi ceux qui regardent la compèt de loin. Avec toutes ses peurs et ses angoisses, et sans la confiance de celui qui sait qu’il est à sa juste place.

Depuis 100 000 ans, l’humain a le complexe du petit homme en talonnettes : il a du pouvoir et il vit dans l’angoisse de le perdre.

Ca fait donc 100 000 ans qu’on se comporte comme des dictateurs en puissance, méchants et cruels, emplis de mesquineries, de bassesse et de veulerie. De petits hommes, terrifiés à l’idée de perdre leur prédominance.

Quand notre suffisance nous coupe du monde

On a appris à maîtriser le feu, à cuisiner, mais à partir de ce moment là, on s’est mis à croire qu’on méritait plus, que les choses nous était dues car nous étions puissants.

Comme le dit si bien Sido dans son dernier article (je vous le conseille vivement!!!), on s’est coupé de notre environnement et de la nature.

Notre suffisance a tellement enflé qu’on a vraiment cru qu’on était uniques. Au point que pendant des milliers d’années, on a tout bonnement ignoré l’existence d’autres humains que les Sapiens, avant qu’on les éradique. On a même nié notre appartenance à la famille des grands singes. Non, nous humains, venions directement du pet de Dieu, tellement nous étions formidables et uniques !

Et si nous utilisions notre suffisance ?

Notre suffisance est partout, Absolument partout. Prenez n’importe lequel de vos actes, vous pouvez le décrypter sous l’angle de la suffisance. Notre suffisance est à l’origine de nos faits d’armes les plus géniaux comme les plus lamentables.

Ca ne sert à rien d’essayer de se débarrasser de notre suffisance, je crois que c’est peine perdue. Ca revient à dire : je me débarrasse de mon ego ! Ce n’est pas possible ! Et tous ceux que j’ai rencontré qui affirmaient ne plus avoir d’ego étaient rempli de suffisance, à un point tel que c’était à mourir de rire.

Notre ego, et donc notre suffisance aussi, est ce qui nous permet de nous différencier de l’autre, c’est la conscience de Je. Sans ego, tout devient indifférencié. Mais rassurons-nous, tous les êtres conscients d’exister ont un ego. Donc votre chat, votre chien, et même votre ficus !

Redevenir insignifiants

En soi, l’ego est nécessaire, et même indispensable ! Le problème, c’est que notre suffisance, depuis plus de 100 000 ans, nous fait croire que nous sommes uniques et que nous dominons le monde ! Et la suffisance est intrinsèquement liée à notre ego.

On aimerait bien s’en débarasser, hein ! Mais on n’peut point ! Par contre, on peut apprendre, déjà, à la reconnaître, au lieu de faire semblant de pas en avoir ! Puis on peut s’en servir pour changer !

Notre suffisance, c’est ce qui nous fait dire : Non mais quand même, je vais pas me laisser marcher sur les pieds ! Ou encore : Oh oui, marchez moi sur les pieds, je ne mérite que ça.

Oui, la suffisance marche aussi bien en hypo qu’en hyper. Quand je vous disais qu’elle était partout ! Et je sais de quoi je parle. Je me prend quotidiennement dans les dents l’ampleur de ma suffisance. Je peux même parfois arriver à faire de la suffisance de l’ampleur de ma suffisance. On n’est pas formidables, quand même !

Et bien si, nous sommes formidables ! Et notre suffisance est un formidable outil pour se désaligner du conditionnement de petit dictateur veule et mesquin qu’on se trimballe depuis 100 000 ans !

Grâce à notre formidable suffisance, on peut décider, consciemment, de redevenir insignifiant ! Et donc, retrouver le lien qui nous connecte au monde qui nous entoure et simplement reprendre la place qui est la nôtre.

A nous de savoir comment nous parler à nous-mêmes, quels arguments employer pour titiller notre suffisance afin qu’elle nous aide à changer. Et ça, ça s’appelle l’art de traquer.

Charlie

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Sapiens, de Yuval Noah Harari, 100 000 ans de suffisance
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