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Alors on va faire simple et bref, le dernier Ron Howard, le film Inferno, est juste nul. Mais vraiment nul pas juste un peu. Sur le premier volet de la saga Anges et démons il y avait de l’emphase, du mysticisme, la symbolique chère à Dan Brown (l’auteur dont sont tirés les films) était omniprésente. Le film, je viens de le revoir, passait assez bien et l’intrigue, même s’il y a des choses à redire, était bien faite. Inferno par contre c’est toujours la chasse au trésor mis à part qu’il y a plus d’intensité à Pâques quand je regarde mes neveux chercher les oeufs dans le jardin de leur grand mère que dans ce défilement de lieux digne d’une bonne video de l’office de tourisme de Florence.

Si Inferno m’était conté

L’enfer existe je l’ai rencontré ! L’enfer c’est quand au bout d’une demi-heure tu as envie de sortir du cinéma et que le semblant de conscience professionnelle t’oblige à rester. On devait faire une chronique radio le lendemain pour ce film. L’Inferno c’est de voir passer les superbes images des palais de Florence sans rien ressentir. De voir un mec, certes souvent plein de bons sentiments, mais on n’est pas vraiment noyé par eux en ce moment, gesticuler, courir dans tous les sens et ne rien ressentir. Parce que le brave Tom Hanks il court, il gesticule, il galère grave et toi tu te dis juste : « Pourquoi j’ai pas acheté 6 kg de pop corn ? ».

Inferno ou comment augmenter son taux de glucose

Inferno, avis perso, c’est le film qui augmente l’obésité en un temps record. Vous voulez dormir ? N’hésitez pas ! Comme si ça ne suffisait pas, que dire des scènes « romanesques » ! Sans déconner les gars ! Le film parle ni plus ni moins de sauver la moitié de la population humaine et le (z)héros il papote avec sa vieille copine. Du genre « pourquoi t’es parti ? Et toi pourquoi tu m’as pas retenu ? » et autres « baby tu as pris un sacré coup de vieux mais entre deux bombes promis je te fais l’amour comme un dieu pendant 23 secondes. »

Je ne vais pas parler de la réalisation ou de l’aspect technique, c’est hollywood donc c’est pro. Inferno au final c’est juste le blockbuster bien nul qui s’appuie sur une question fondamentale pour surtout ne pas en parler. J’aime les film qui en jettent, genre Marvel, mais soit vous mettez un scénario en guise d’excuse et c’est ok soit vous faites un vrai scénar ! Là c’est juste ça pourrait être génial mais ça l’est pas.

Et pourtant Inferno aurait pu …

Oui il aurait pu être génial ce film. Il fallait juste faire des choix, c’est souvent le drame. Tout part d’un constat :

L’humanité est en croissance exponentielle.

Même si c’est à modérer, il y a actuellement un ralentissement de cette courbe. Pour que vous compreniez vous avez un petit dessin. Le seul prédateur connu des humains c’est l’humain lui même. Nous sommes à la louche déjà 7.5 milliards fin 2016 alors que nous étions 1.6 milliards en 1916. Nous serons vraisemblablement 9.5 / 10.5 Milliards en 2050. Nous voulons tous (ou presque) une vie similaire, ou au moins manger à notre faim. Le 6 Août 2016 les humains avaient déjà exploité la totalité des ressources renouvelables de la Terre. Il nous faut donc 1 Terre 1/3 pour subvenir au besoin de la population mondiale. Je ne parle même pas des ressources fossiles et je précise que les valeurs utilisées sont soumise à controverse.

Le méchant du film, ben oui c’est Hollywood y a du vilain méchant poilu.

Donc le bad guy complètement toc toc pose une question :

Soit on appuie sur un bouton maintenant et la moitié des humains meure (sans distinction de culture, classe sociale, sexe et tout) mais on peut continuer.

Soit on appuie pas sur le bouton jaune avec des reflets violets, oui pourquoi rouge systématiquement ? Donc soit on appuie pas sur le bouton et là c’est tous les humains qui meurent dans 50 ans.

Avouez que le pitch de départ même s’il est erroné pouvait laisser présager du bon film, non ?

population mondiale

Quelques remarques rapides

Pas sur le film vous l’aurez compris. Sur les thèses ou idées que laissent sous entendre le film. Alors primo si on fait péter la moitié de l’humanité en fait ça ne change rien. On ne fait que reculer l’échéance. En plus il y a un comportement animal de base qui veut que quand il y a danger, famine et autres augmentations de la mortalité, on copule et on enfante encore plus. Préservation de la race sûrement. Donc si on ne change pas le pourquoi et bien on tue des gens sans rien régler.

Secundo le problème de la population est un faux problème. De mémoire si nous acceptions, nous les gras occidentaux, de vivre à l’Indienne, l’Humanité, en l’état, ne consommerait que 0.7 fois les ressources renouvelables de la planète. On est donc pas sur un souci quantitatif mais bien qualitatif. Ce n’est pas le volume de consommateurs mais bien le comment ils consomment le souci majeur. Après à chacun de réfléchir sur sa surconsommation. Oui en occident on surconsomme, point barre.

Tertio, et c’est le point le plus douloureux, nous n’avons plus de prédateur. Option 1 on arrête de faire des enfants … Ok même Mao s’est cassé les dents là dessus. Pulsion vitale de propagation d’une espèce. Option 2, nous arrêtons de soigner et de faire chuter la mortalité… comment dire que je sens une légère réticence. Option 3 … l’option 3 je la connais pas. Il y a quelque chose à inventer.

Sûrement un mix des options 1 & 2. Accepter que la Mort soit une part intégrale de la vie et arrêter de courir après un pan humanisme qui moi me fait flipper. Acceptation de la mort donc, tout en ralentissant les naissances au plus proche possible du renouvellement des générations pour que l’humanité ne devienne pas une giga maison de retraite. Ce qui au passage serait génial pour les prothésistes dentaires et les marchands de paille. On est grosso modo sur ce qui se fait dans la quasi totalité des règnes vivants.

Condition impérative : La diète !

Mais dans tous les cas cela doit passer par une limitation drastique de nos besoins.

Condition nécessaire mais non suffisante à une pérennisation des humains et du vivant tout court sur cette planète. Ou alors on bosse à fond la décorporation, le sun gazing et l’alimentation pranique. Mais même dans ce cas de figure clairement peu envisageable, je ne sais pas ce qu’il adviendrait si 7.5 milliards d’humains se goinfrent de prana comme on boit actuellement des sodas ?

Donc oui, le film Inferno rien que là dessus aurait pu être excellent. Il aurait pu. Je n’ai pas lu le livre de Dan Brown donc j’en sais rien. Il aurait pu aussi se pencher sur l’imagerie de l’Enfer qui n’est finalement qu’assez récente. Plonger dans du symbolisme, du mystique et même peut être de l’ésotérisme …

Bon pour me consoler j’irais voir Ma vie de courgette, un très joli (et triste) film d’animation comme on dit maintenant. En gros un joli dessin animé.

Naturopathe, Psychothérapeute et Pratiquant de différentes techniques énergétiques depuis plus de 20 ans.
J’anime des conférences / rencontres en essayant d’amener chaque fois un autre regard, une autre manière d’être et de vivre le monde qui nous entoure.
Loin du Mysticisme et du Rationalisme il existe une troisième voie, celle du sourire et de l’harmonie. Un Pragmatisme abstrait pour aimer notre propre paradoxe.

Inferno, film nul mais une question ouverte

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