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Pour cette nouvelle impro, une visite à Fontaine-de-Vaucluse a été le point de départ. En période particulière de fortes pluies, la source déborde de vie.
J’ai enregistré la source à l’endroit où elle se déverse. Déferlement de sonorité. Un grand bruit d’eau. Une fois enregistré, cela donne un bruit blanc.

A Fontaine, la source déverse des tonnes d’eau dans un grand vacarme assourdissant!

Ce que je trouve fascinant, c’est la quantité déployée. Un mystère qui reste entier : comment autant d’eau peut se rassembler sous terre et être déversée au même endroit ? Avec un pic à 78 m3 à la seconde aux premiers jours de décembre. Lors de notre visite, elle était très puissante. Une énergie colossale qui va droit devant elle. Peu de choses peuvent la retenir. Rien d’humain ne peut le faire, je crois.

Une captation sonore au commencement pour faire naître de la musique.

Plusieurs jours de recherches m’ont occupé à écouter ce qui avait été écrit en musique sur l’eau. Du point de vue de la musique classique. De Liszt à Ravel, en passant par Debussy. J’ai trouvé à chaque fois un procédé d’écriture assez semblable : on utilise en musique des coulées de notes pour le mouvement de l’eau. Ou bien des notes posées lorsqu’elle est calme. Je cherchais à évoquer le déferlement. Je n’ai pas trouvé dans mes recherches. J’ai essayé au piano. C’était une possibilité que de jouer sur un déferlement de notes incessant pour évoquer la source débordante. Mais c’était limitant.

Je me suis alors penché sur un autre phénomène que j’avais observé sur place : avant que l’eau ne déborde, on voit des ondulations irrégulières qui forment un courant rapide. Ces ondulations à la surface de l’eau viennent du courant sous-terrain. Ce sont des formes qui apparaissent et disparaissent. Un tempo particulier, qui est fabriqué par les éléments naturels. Je me suis demandé comment transcrire à la fois le déferlement sonore et ces multiples variations répétées. Ainsi est apparue une improvisation au piano sur la bande sonore enregistrée à la source de la Sorgue.

Petit clin d’oeil poétique : quelques vers de Léo Ferré, tirés de son poème : La Sorgue:

Je suis la raison d’espérer
De l’anarchiste et du poète
Et je tiens leurs idées au frais
En attendant qu’on les achète

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La Sorgue : une source au grand bruit musical
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