Chapitre 1 : La Banalité est pour moi une des cartes majeures du Tarot d’Osho. Un passage obligatoire sur le chemin de la 4éme voie qui nous exhorte à ne pas chercher les mirages des prétendus « pouvoirs ». Ce 8 de l’Arc en Ciel, le 8 de Bâton dans le Tarot de Marseille, est d’une simplicité désarmante et pourtant elle creuse jusqu’à l’os de notre suffisance et de notre ego humain.

Nous qui nous croyons l’espèce la plus évoluée du vivant. Nous qui sommes devenus en quelques centaines d’années les super-prédateurs de tout le Vivant, y compris de nous-mêmes, nous avons encore tellement à apprendre.

La Banalité c’est cette vie où nous déambulons souvent sans rien voir d’autre que nos préoccupations égotiques. Des écrans bleus, miroirs numériques de nos vies fantasmées.

La Banalité, revenir à l’incarné

La carte de la Banalité, le 8 de bâton du tarot de Marseille, fait suite au Roi d’Arc en Ciel, l’Abondance, de la semaine dernière. On est sur le ICI, sur le dur, l’incarné. Fini les tralalas, les chichis spiritualo mystiques, revenons au pragmatisme.

Des gens m’ont appris à parler avec les arbres, à ressentir en moi leur vie, leur conscience. Ils conseillaient de soigner les plantes « malades » par des fumigations, des cristaux … La Banalité, elle, m’a enseigné qu’un coup d’arrosoir avec un bon compost, ça marchait quand même souvent mieux !

Les idéaux, les grandes phrases, les beaux livres et les paroles de sagesse qui fleurissent dans les WC c’est sympa mais dans notre vie du quotidien on en fait quoi ?

L’urgence de vivre une vie Banale !

On a oublié le sens du mot Banalité. Pourtant il porte en lui une urgence que notre suffisance d’être supérieur nous empêche de voir.

La Banalité vient de Ban, la loi du seigneur. Mais avant le seigneur de droit divin il y a « Le Seigneur ».

Pas le mec dans le ciel qui a la même couleur de peau que nous hein !

Le Seigneur, en vrai, c’est la Vie ! Les Bans de base de la Vie c’est manger au moins tous les 21 jours. Boire au moins tous les 3 jours. Commandement majeur, prendre une bouffée d’air toute les 2 minutes sous peine de désagrément assez définitif.

Le Ban c’est naitre, sentir et mourir ! L’humain ne fait pas exception quoiqu’on veuille s’en illusionner !

De manière inconsciente nous cherchons toujours plus : Plus d’argent, plus de conquête, plus d’orgasme, plus de technologie, plus de …

Nous avons bien conscience de notre impuissance mais nous refusons catégoriquement de l’accepter. Nous cherchons à travers la boulimie de biens à combler ce vide intérieur, cette peur de disparaître.

Nous refusons La Loi et espérons trouver dans la technologie une manière de triompher des lois naturelles. J’espère, pour nous, que nous n’y arriverons jamais.

La banalité : accepter la Loi

Notre égo est tellement démesuré que nous cherchons à triompher de la mort, de la vieillesse et même des microbes tout en étant constituéde microbes !

Nous avons 200 ans de recul sur l’industrialisation, l’anti-bio-thérapie massive & la consommation de masse : Pollution galopante, destruction de l’habitat, obésité morbide et généralisée, pathologies rares en progression, bactéries chimio résistantes …

Pourtant, stupidement, nous continuons ! L’humain moderne occidental ne manque de rien c’est vrai ! D’ailleurs Il en crève.

La neurologie vient même nous donner des excuses là-dessus :

« Vous comprenez c’est la faute de mon Striatum. » Ouais m’enfin depuis le premier reptile l’évolution a mis en place le lobe frontal.

Nous choisissons de le mettre au service de l’organe défensif, le striatum, mais on pourrait aussi s’en servir pour calmer cet appétit pourtant nécessaire à notre survie.

La BANALITÉ c’est accepter que la Loi est dure mais la Loi est juste (Judge Dredd). Les humains naissent, ressentent et meurent. Certains à 119 ans d’autres n’arriveront même pas à passer le col de l’utérus, oups pardon le col de la césarienne.

Nous avons oublié l’urgence de vivre. La notion même de mort est insupportable.

Nous vivons plus vieux, certes. Mais pour faire quoi ? Pour être quoi ? Des coquilles fantomatiques angoissant de demain, regrettant hier et fuyant aujourd’hui dans un écran bleu ?

D’ailleurs on ne parle plus de mort mais de disparition : « Mr Carl L. est disparu le… ». On disparait quand le corps n’est pas trouvé. Alain Colas à disparu … en MER ! Carlito, il est juste MORT ! C’est une certitude ! On sait ou est le corps !

Se ré-enchanter des plaisirs simples

Abondance de bien ne nuit point ? Pas si sur ! Nous en sommes là. Une population gavée, blasée, qui cherche le fantastique sur Netflix sans jamais se trouver.

L’obésité en 2017 : 38% des américains, 23% des allemands et 15% des français – chiffres OMS 2017

Dans mon pays, la France, être en vie est devenu banal. Avoir un 06 et une pizza est un besoin de première nécessité. Tout ce qui peut atteindre ce droit à l’obésité matérielle est perçu comme une injustice ! Il y a même un maire qui a fait un décret pour interdire la pluie ! Une boutade ? Oui sans doute, mais elle en dit long je trouve.

Pourtant c’est tellement beau la pluie qui tombe. Sans pluie pas de vie, trop de pluie pas de vie non plus. La Vie est un délicat mélange de Yin et de Yang.

Nous n’acceptons plus la loi ban-ale de La vie. Nous voulons la plier à nos désidératas et faire pousser des fraises en Janvier. La joie d’un Paris-Bali en moins de 3 mois ! Ok ! Par contre acceptons-nous d’en payer le prix ?

La magie est dans la Vie

Chaque naissance reste un miracle. Marcher, parler, aimer, danser ne sont pas des dons mais chaque fois le fruit d’un effort entre force centrifuge et centripète. Eros et Thanatos.

On apprend à marcher, à parler, à (bien) baiser ! Chaque fois il y a un effort ! Sans effort on se déplace, on mugi, on se reproduit… On survit (ou sous vie)

Boire un thé, un café, un verre de vin relève de l’Alchimie la plus pure. Nous ne le voyons même plus ! Que dire de la magie d’un téléphone, d’une voiture ! Nous consommons connement nos vies et les cadeaux qui nous sont faits.

La carte de la banalité nous encourage à sortir le nez de nos exigences pour redécouvrir que la vie existe malgré nous !

Ses lois ne sont pas là pour nous plaire ou nous déplaire mais juste pour nous donner des occasions d’avoir une occasion d’exister encore plus.

Elle met à disposition des éléments plus ou moins doux, plus ou moins piquants, amers quelque fois. Mais dans tous les cas elle ne nous obéit pas !

Malheureusement il semble que nous ayons besoin de tout perdre pour nous rendre compte de la chance que nous avons.

Nous faut-il perdre l’Amour pour connaitre son importance ? Est-il nécessaire de perdre sa Liberté pour apprécier chaque pas fait hors des murs ? Nous faudra-t-il perdre le chant des oiseaux et la piqûre du moustique pour nous en souvenir avec nostalgie ?

Sur les conseils de Sido je me suis plongé dans le roman STATION ELEVEN qui parle justement de ça. Que serait notre monde sans ce que nous considérons à tort comme allant de soi ? Vous pouvez aussi revoir avec bonheur SOLEIL VERT. Si vous êtes un pessimiste joyeux, comme moi, vous pouvez planter des fleurs des champs pour profiter encore un peu des dernières abeilles de votre enfance.

Mots-clés : Simplicité – Frugalité – Obéissance à la Loi

et si le mot obéissance vous fait mal au cul … bossez sur votre suffisance de pseudo sur-espèce

Renaud

La Banalité mise au défi !

Cette semaine je vais lancer le défi à l’aveugle, sans savoir ce que Renaud aura écrit sur la banalité. J’imagine qu’il a évoqué le fait d’accepter d’être moyen, de sortir de la recherche du feu d’artifesse et aussi d’accepter les ordres. De mon côté, une information est apparue clairement sur le chemin de la banalité : La vulnérabilité.

Vulnérabilité : se laisser atteindre ou se laisser blesser ?

Je suis allée voir l’étymologie de vulnérabilité. En général, elle ramène a « qui peut être blessé ». Mais au milieu des définitions, j’ai aussi trouvé « qui peut être atteint, qui peut être touché ». Cette semaine, nous avons l’occasion de choisir notre définition de la vulnérabilité : Est-ce que cela me met en danger ? Ou est-ce que cela me permet de vivre ?

Souvent, on lutte, on cherche des choses extraordinaires, on veut devenir un super (z)héros… Parce qu’on ne veut surtout pas se mettre face à notre vulnérabilité, face au fait que quoi qu’il arrive, on va tous mourir. Cette quête incessante de jours meilleurs, de réalisations mythiques, de moments forts, d’explosions d’émotions, n’est au final qu’une fuite constante de nous-même, de notre mortalité, de cette sensation que la vie ne tient qu’à un fil.

Pour ça, on se blinde. On se met une grosse armure sur le dos. On court après les sensations fortes, pour se sentir exister, pour justifier notre droit d’exister et pour ne pas crever en chemin… Mais rendons-nous bien compte de la blague de la situation : J’avance dans la vie avec une armure qui fait 3 fois mon poids et je crois vivre des choses Hallluuuuuuuuuuucinantes !

Ce qui va nous tuer plus vite que la mort, c’est l’usure à porter cette armure, c’est cette course effrénée après des pétards éphémères. Et oui, il faut bien que ça fasse beaucoup de bruit et de lumière pour qu’on ressente quelque chose à travers cette armure de plomb.

Mais ça ne dure qu’une seconde et ça disparaît en fumée… Il ne nous reste que cette armure qui pèse sur notre corps un peu plus chaque jour, il ne reste que l’odeur désagréable de la fumée.

On attend l’annonce d’un prochain spectacle, on reste là et on attend. C’est vachement moins clinquant d’un coup, non ?

La Banalité de vivre à nu

Le courage ça ne serait pas de se mettre à nu, de tomber ses protections et d’avancer, présent, dans la vie ? D’enfin accepter que nous n’ayons le contrôle sur rien. La seule chose que nous pouvons faire n’est-elle pas de prendre le risque de plonger dans ce que nous propose la vie et de le faire en étant simplement soi, vivant, vulnérable ?

De nos jours, la banalité a une connotation négative, « c’est banal, c’est ennuyeux, c’est bof, c’est nuuuuuuuuul ».

Une méditation doit être transcendantale ou ne pas être ! L’amuuuur, sera super passionné ou il n’existe pas. Un voyage ? Forcément rempli d’aventures instagrammables. Mon travail définitivement riche en épanouissements…

C’est sur qu’avec nos armures, faut que ça envoi du bois pour que nous ayons la sensation de sentir quelque chose… Mauvaise nouvelle, en fait on ne sent rien…

Imaginez vous, vous mettre nu, face aux gens, vous sentez ce que cela fait en dedans de vous ? C’est ça la banalité, c’est sur ce chemin que vous pourrez vous sentir en vie.

Le défi : être simplement vulnérable

Maintenant, le défi de la semaine ! Oser être vulnérable, oser se mettre à nu, face à soi, face à quelqu’un, face au monde. A chacun sa manière de l’aborder, l’idée est de prendre un risque à montrer une partie de soi qu’on n’a jamais dévoilée. Et surtout, le faire de façon simple, dans la vie du quotidien.

Deux possibilités : soit vous mettre à nu physiquement, soit émotionnellement. Faîtes en fonction de vous, faîtes ce qui vous fera sentir vulnérable. Faîtes aussi en fonction de votre quotidien et de ce qu’il vous permet… Avec gentillesse les chouchous, gentillesse…

Option : Tous à Poil !

Cela peut-être avec soi-même. De prendre le temps, après la douche, de se regarder nu, de vraiment se voir. Pas juste un regard, de s’arrêter et d’oser se regarder, des pieds à la tête.

Cela peut-être aussi de se balader nu chez soi, de dormir nu ou encore d’aller sur une plage nudiste et de tenter l’expérience.

Bref, d’aller explorer votre nudité là où vous n’avez pas l’habitude, cela dépend de chacun.

Option : Haut les cœurs !

Cela peut-être au travail (vous mettez pas à poil hein), avec vos amis, votre famille, ou à un bar avec des parfaits inconnus et d’oser partager une partie de soi avec les autres.

Attention pas du réchauffé hein ! Exposer ce qu’on a jamais montré est bien plus intéressant : ça peut être votre amour pour les figurines mickey, le fait que vous chantiez, votre amour pour les danses de la pluie le 23 juillet, votre tristesse profonde depuis la mort de votre chat bouboule, votre amour pour eux, votre passion pour le shibari, vos joies, vos peines, vous…

Vous avez compris l’idée du défi cette semaine ? Oser être vulnérable pour enfin avoir accès à la banalité qui est la seule source de joie possible. Mais d’abord A Poil !

Bonne semaine à Tous ! Laurence

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