Cette semaine je suis tombée sur le livre L’échiquier du mal, de Dan Simmons. Ce livre, ainsi que la série Hypérion, a grandement contribué au succès et à la reconnaissance de Dan Simmons en tant qu’auteur SF et fantastique.

Dans ce roman, Dan Simmons explique toutes les violences et les événements atroces que l’humanité a connu. Il part de l’idée que parmi les hommes, il y a des vampires psychiques qui possèdent le Talent, un pouvoir qui leur permet de s’immiscer dans l’esprit des gens et de les contrôler totalement. Ils les poussent alors aux pires atrocités, se délectant et se nourrissant de leur violence et de leur souffrance. Sympa, non ?

Comme beaucoup de livre l’échiquier du mal est dans ma « to read list ». C’est comme la to do list mais en pire, enfin en plus long surtout !

Extrait de L’échiquier du mal, de Dan Simmons en podcast

Saul se leva si brusquement qu’il renversa sa chaise. Il se pencha au-dessus de la table et Natalie remarqua les muscles qui saillaient sous la peau hâlée de ses avants-bras, l’horrible cicatrice de son bras gauche, son tatouage à moitié effacé. Sa voix était plus basse lorsqu’il reprit la parole, mais elle ne s’était pas apaisée : il se contentait de contrôler sa colère.

 » Natalie, l’histoire de ce siècle est un lamentable mélodrame écrit par des êtres lamentables aux dépens des vies et des âmes de leurs prochains. Nous ne pouvons rien y changer. Même si nous réussissons à éliminer ces… ces aberrations, le projecteur se braquera sur un autre des charognards qui animent cette farce violente. De tels actes sont accomplis tous les jours par des gens qui n’ont pas un iota de ce pouvoir psychique… des gens qui pratiquent la violence dans le cadre de l’exercice du pouvoir que leur confère leur caste, leur position sociale,, leurs armes ou leurs électeurs… mais, bon Dieu, ces salopards se sont attaqués à notre famille, à nos amis, et nous les empêcherons de nuire. »

Saul s’interrompit, posa les mains sur la table et pencha la tête. Quelques gouttes de sueur tombèrent sur la nappe.
Natalie lui caressa la main. « Je sais, Saul, dit-elle doucement. Excuse-moi. Nous sommes très fatigués. Nous avons besoin de sommeil. »

Il hocha la tête, lui tapota la main et se frotta les joues.
« Va dormir quelques heures. Je vais installer un lit pliant dans la salle d’observation. Les sondes sont programmées pour déclencher un signal d’alarme dès que Harod se réveillera. Avec un peu de chance, nous aurons droit à sept heures de sommeil. »

Natalie éteignit la lumière et l’accompagna jusqu’au pied de l’escalier. Elle posa un pied sur la première marche, puis se retourna et dit : « Ca signifie que nous devons passer à la phase suivante comme prévu, n’est-ce pas ? Aller à Charleston ? »

Saul hocha la tête avec lassitude. « Je crois bien que oui. Je ne vois pas d’autre moyen. Je suis navré.
– Ce n’est pas grave », dit Natalie, qui sentait néanmoins la peur lui nouer les entrailles à l’idée de ce qui les attendait. « Je savais qu’il faudrait en passer par là. »

Saul leva les yeux vers elle. « Ce n’est pas forcément nécessaire.
– Si. » Elle commença à gravir l’escalier, murmurant la phrase suivante pour elle-même : « Si, c’est nécessaire. »

extrait de L’échiquier du mal, de Dan Simmons

Ecoutez le podcast

Conseil de lecture :
– L’échiquier du mal, de Dan Simmons – Chez votre libraire ou sur amazon
– Le voyage définitif, de Carlos Castaneda – Chez votre libraire ou sur amazon

Conseil de film :
– Jupiter : le destin de l’univers, des soeurs Wachowski
– Matrix, des Wachowski aussi

Chéri, ce soir, c’est toi qu’on bouffe !

Alors je n’ai pas lu le roman, je le répète. Mais le pitch du roman, ainsi que ce petit passage, ça me fait vraiment penser aux planeurs dont parle Castaneda dans Le voyage définitif. Ou aux « machines », dans Matrix, ou encore aux extra terrestres dans Jupiter (des soeurs Wachowski), qui récoltent les humains. Le point commun c’est qu’à chaque fois, l’humain sert de miam miam.

Souvent les oeuvres de science fiction se révèlent, quelques années plus tard, des romans d’anticipation carrément visionnaires. Jules Verne, en 1865, avait déjà vu les fusées… Alors, si ça aussi c’était vrai…

Bon, là, ça y est, doit y en avoir une bonne partie qui pensent que je suis complètement fondue. Naïve, influençable et sujette aux théories du complot. Peut-être… mais peut-être pas. Qui est-on pour savoir ce qu’il en est ?

Nos connaissances se limitent à ce qu’on sait déjà. Si quelque chose, conscience inorganique, planeurs, extraterrestres, ou une quelconque puissance se nourrissait de nous et de nos émotions, vous croyez pas qu’elle s’arrangerait pour qu’on n’en sache rien ? Que ça vous semble crédible ou pas, peu importe. Mais, pensez y…

Reprendre le contrôle

Quand tout à coup vous êtes submergé par l’émotion, la colère, la jalousie, la peur, l’avidité. Quand cette émotion prend le pouvoir et qu’elle vous contrôle totalement, vous faisant agir en toute irrationalité. Qui a le contrôle ? Où êtes vous, à ce moment là ? Que ce soit notre histoire personnelle, notre cuirasse ou l’implantation étrangère, peu importe. Par contre ce qui importe, c’est de reprendre le contrôle. Et d’arracher ce ver émotionnel qui à tout moment peut nous faire basculer.

On reste dans la thématique de la semaine, il s’agit de changer de vision. Et ça va pas être forcément agréable.

Mourir à soi même

Natalie sent la peur qui lui noue les entrailles car elle sait qu’il est temps de passer à la phase suivante. Pour nous aussi il est temps de passer à la phase suivante. Celle où on lâche sa complaisance, ses repères rassurants, sa nourriture émotionnelle habituelle.

Ca va faire peur peut-être, peut-être même qu’on va avoir l’impression de crever. Mais pour changer de vision, il faut mourir à soi même. Et affronter ce qui nous fait le plus peur : le vide, la solitude, le vide, et notre mortalité.

Servons nous de la peur pour avancer et passer à la phase suivante. Rappelons-nous que si nous ne passons pas à la phase suivante, le prochain plat sur le menu, ça sera nous.

Charlie

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